Alors que la triste nouvelle annoncée par le band fusait sur les réseaux sociaux et tombait sur nos téléscripteurs, notre galerie photo FB relayait elle aussi le séisme :

« S’il y a des morts obscures qui dévastent un petit cercle d’initiés et des disparus à la notoriété telle qu’elle met en émoi un pays, voire la planète entière, il existe des artistes adulés par leurs très nombreux fans mais totalement ignorés du reste de l’humanité. C’est dire si RUSH méritait amplement son titre de « plus gros groupe culte au monde. Un groupe dont les qualités valent mieux que le dédain ou l’ignorance dont il peut faire l’objet. » (Télérama, 17 janvier 2020).
A-t-on perdu en ce funeste début d’année 2020 le batteur reconnu par ses pairs comme l’un des plus flamboyants, l’un des plus prolixes, l’un des plus talentueux, des plus virtuoses et surtout des plus créatifs que la profession ait jamais connue et reconnue ? – The Professor qui a influencé, inspiré et motivé des générations entières de batteurs avec ses arrangements complexes et ses désynchronisations totales…
Ou a-t-on perdu un des paroliers-écrivains-poètes-lyricists-philosophe comme le rock’n’roll n’en a jamais engendré d’autre et comme il n’en enfantera sans doute plus jamais d’un second avant bien longtemps…?
Neil PEART, désormais entré au Panthéon, est maintenant devenu définitivement et irrémédiablement le Ghost Rider qu’il a toujours été depuis les tragédies qui l’ont frappé.
Rest in Peace, Bro.
Rest in Beats, Sir.
Sans doute RUSH est-il le band – et Neil PEART le batteur – que nous avons le plus chéri depuis notre adolescence, et qui nous a le plus coûté : quasi une trentaine de shows à travers l’hémisphère Nord au cours de ces 40 dernières années. Mais au final, soit même pas un concert par an – ce qui est finalement insignifiant eu regard de la vie d’un homme…
Amie des moments joyeux, compagnon des moments tristes aussi, la poésie de RUSH était avant tout celle de PEART, conjuguée à des rythmes d’une complexité alambiquée qui venaient enrichir et porter des mélodies à la construction si ésotérique parfois….
Lorsque RUSH met la clé sous le paillasson le 1er août 2015 à l’issue de la dernière date de la tournée R40 qui marque son 40ème anniversaire (41ème, en fait), nous savions que le livre se refermait – honneur aux combattants qui décident de remiser les armes au faîte de leur gloire. Ce n’était pas un “farewell tour,” c’était un « goodbye trek » qui n’en portait pas le nom mais que tout le monde suspectait. Neil PEART avouait être fatigué par le niveau d’exigence requise tant physiquement que mentalement par ses inégalables performances, et ne voulait plus de cette vie sur la route qui l’éloignait – pourtant pas si souvent – des siens. Il voulait profiter pleinement de ses proches sans plus aucune contrainte, sachant le prix de leur présence et surtout le coût de leur absence. We will pay the price but we will not count the cost…
RUSH – the timeline of our live, the soundtrack of our times…
A l’issue de 40 ans de vie commune avec cette bande-son qui nous a laissé tant de stigmates indélébiles. à l’issue de ces 4 décennies de poésie et de rythmes syncopés en arrière-fond sonore qui impriment le décor de notre vie, que conservons-nous de cet homme ? Nous garderons de Neil PEART deux souvenirs particuliers parmi d’autres. Celui tout d’abord d’un homme que nous avons rencontré, affable, courtois, distingué, élégant, délicat, cultivé, charmant et irradiant – un gentleman comme pas deux et aux antipodes de certains spécimens du r’n’r circus qu’il fuyait tant.
Neil PEART a toujours fuit les médias et le show business, pouvant rester des mois – voire des années – hors des signaux radar et sans la moindre apparition publique. Dans son troisième ouvrage, à la fois biographie et road-book intitulé Traveling Music: The Soundtrack of My Life and Times, PEART confie parmi moultes anecdotes qu’il n’a accordé que deux interviews lors de la tournée européenne de RUSH Roll The Bones Tour 1992. Il raconte que c’était l’après-midi de la dernière date, en Hollande, la veille de reprendre le « Queen Mary 2 » en compagnie de sa femme pour traverser l’Atlantique et rentrer chez lui. Faut-il qu’il s’en souvienne ! Et nous donc: des deux seuls interviews qu’il a accordés cette année-là, nous étions le premier…
Priceless. Totaly priceless.
03 mai 1992, Hôtel Pullitzer, Amsterdam. Sous le prénom d’emprunt de Mick, nous avons rendez-vous avec The Professor pour une rencontre-interview sous le couvert du nom de ce journaliste qui a négocié pour son magazine – mais surtout pour nous – ce rendez-vous. Jusqu’au matin même de ce 03 mai 1992, jour béni des dieux, nous ne savions pas lequel des trois membres de RUSH nous allions rencontrer: Alex, Geddy ou – pour qui connaît le personnage – l’improbable Neil PEART.
Connaissant l’aversion de Neil PEART pour ces exercices médiatiques qu’il fuit particulièrement, jamais n’imaginions-nous que ses deux compères allaient lui laisser accomplir la besogne en ce dernier jour de tournée européenne. Savoir quelques heures avant notre rendez-vous que nous allions avoir l’honneur mais surtout le privilège d’une demi-heure de face-à-face avec The Professor ne rendait l’approche de l »heure du rendez-vous que plus excitante et… stressante.
Arrivé bien à l’avance en ce palace d’Amsterdam, nous nous installons confortablement dans les luxueux salons qui garnissent le hall de l’hôtel. Au milieu des allées-venues feutrées des clients, nous attendons discrètement l’heure de nous manifester à la réception, annoncer notre présence et solliciter notre rendez-vous. Quelques instants plus tard, un grand et mince gaillard vêtu d’un jeans foncé et d’un t-shirt estampillé « Pearl Jam » traverse au loin, nonchalamment, le lobby de l’hôtel – Neil PEART himself.
Jetant fortuitement un oeil en notre direction, le plus grand misanthrope (ou le plus grand timide ?) que le r’n’r ait jamais connu change tout à coup de trajectoire et se dirige soudainement dans notre direction. Sans doute a-t-il aperçu quelqu’un ou quelque chose à proximité…? Au fur et à mesure que ses pas le rapprochent du confortable fauteuil dans lequel nous sommes installé incognito, son regard se fait de plus en plus précis. Jusqu’au chaleureux « Hi ! » qu’il nous adresse de sa voix grave à notre plus grande surprise en nous tendant la main…
La micro-seconde de surprise et d’émotion – surtout – évacuée, salutations respectives, en lui précisant presqu’en nous excusant que nous sommes un peu à l’avance et qu’il n’est pas encore l’heure de notre rendez-vous. Ce qu’il confirme avec un large sourire en tournant les talons après nous avoir derechef gratifié d’une virile poignée de main, et nous fixant rendez-vous comme prévu dans une demi-heure. Cette séquence aussi improbable que surréaliste restera à jamais gravée en notre mémoire, et demeure encore un mystère.
Comment ce gars, aussi agoraphobe que timide, pudique à l’extrême et qui fuit le monde des humains quand il est configuration « boulot », a-t-il tout à coup eu l’idée ou la pulsion contre-nature de venir saluer l’illustre inconnu que nous sommes, au milieu de tant d’autres insignifiants quidams dans le hall d’entrée d’un palace hollandais ?!
Le mystère demeure total et incompréhensible à ce jour encore, et nous n’avons même pas souhaité l’éclaircir durant la demi-heure de discussion avec l’intéressé qui s’en est suivie dans une alcôve calfeutrée d’un salon. Une discussion – non: un échange – riche, intense, direct et interactif en tête-à-tête avec – pour lui – la présence d’un pseudo journaliste qui devait sans doute dénoter parmi ceux qu’il avait pour rare habitude de rencontrer: rencontrant quelques difficultés à enclencher en début de conversation le dictaphone emprunté pour l’occasion à une amie, Neil PEART de se proposer pour prendre les choses en main et de résoudre lui-même ce petit problème technique- et de fait. Tout un symbole…
Quelques heures plus tard, muni du précieux sésame-photo mais pas du tout aguerri à l’exercice, nous tirerons en amateur depuis le pit-photo du Ahoy quelques clichés argentiques sans grande qualité du show de ce 03 mai 1992 à Rotterdam. Time flies…
Notre seconde anecdote relative à Neil PEART s’incrit 10 ans plus tard dans notre ligne du temps, et est quelque peu moins glorieuse…
Octobre 2002 – Tournée nord-américaine Vapor Trails de RUSH. Avec un peu de chance mais aussi beaucoup d’opiniâtreté, nous profitons du jour off entre le concert de Montréal et celui de Québec pour débusquer le célébrissime « Le Studio ». Lové dans les montagnes des Laurentides à Morin Heights, planté en bord d’un lac au milieu des forêts québécoises, ce célèbre studio d’enregistrement fait partie intégrande de l’histoire de RUSH et est indissociable de sa discographie. La chance ne souriant qu’aux audacieux, c’est à notre plus grande surprise que le propriétaire des lieux (qui se présente: Stacy Le Galllée) nous ouvre la porte et – plus improbable encore – nous invite à visiter les lieux quand il apprend d’où nous venons et comme pour nous récompenser d’avoir réussi à débusquer le repaire.
La chance ne sourit qu’aux audacieux..
A l’issue de cette rencontre-visite guidée pour le moins surréaliste et encore plus irréelle qu’inimaginable, notre hôte nous confirme que la résidence d’été (ou d’hiver, c’est selon) de Neil PEART se situe bien – comme nous l’avions investigué préalablement à notre voyage – à quelques miles d’ici: une bâtisse tout aussi perdue dans la forêt des Laurentides, en bordure d’un lac dénommé St-Victor. Pour qui connait la topographie de la région, cette seule indication n’est que de peu d’utilité pratique – autant chercher une aiguille dans une botte de foin…
Quelques bières plus tard dans le seul bistrot du coin, et par le plus grand des hasards à nouveau (la chance ne souriant qu’aux audacieux…) la tenancière nous dessine au coin du bar, sur un carton de bière, une esquisse de tracé pour rejoindre les abords du repaire de Neil PEART. Elle nous confie cependant que les chemins et pistes de terre battue pour l’atteindre ensuite forment un véritable labyrinthe forestier. Qu’importe, la direction nous est maintenant connue. « Si vous entendez Robert Charlebois qui joue quelques notes de piano, c’est qu’il a ouvert la baie vitrée de son living et que vous n’êtes pas loin…! » nous confie-t-elle..
Quelques heures et dizaines de kilomètres d’essais-erreurs plus tard, nous arrivons devant l’enceinte de la supposée propriété – lovée au milieu de la forêt, en bord d’un lac que nous supposons être le bien nommé Lac St-Victor. La barrière nous sépare de la bâtisse de quelques dizaines de mètres seulement, et l’on devine les contours du repaire. Sans doute son hôte s’y repait-il, entre le show de la veille à Montréal et celui du lendemain à Québec ? Près d’un rocher où est arrimée la barrière, est plantée l’inscription: « Les Roches » – a la fois spirituel jeu de mot et, pour les novices, allusion aux seuls deux rochers entourant la grille d’accès

A notre retour en Europe quelques jours plus tard, contact est pris par mail avec le maire de la commune afin de disposer de l’adresse postale précise de « Les Roches ». Ce n’est pas moins qu’un mail incendiaire d’un certain Neil PEART qui arrive cependant rapidement en guise de réponse dans notre boite de réception. Outré et scandalisé par notre démarche intrusive dont le maire l’avait donc informé, l’homme nous renvoie aussi sec à nous-mêmes.
Mais quoi de plus normal et de plus compréhensible de la part d’une célébrité qui place sa privacy et la protection de sa vie privée au-dessus de toute autre valeur et de toute autre considération, alors même qu’il est venu chercher ici au coeur perdu des Laurentides l’isolement et le salutaire repaire pour lui et les siens…?!
Dans le secret le plus absolu de la maladie qui le rongeait depuis trois ans et demi (apprend-on aujourd’hui seulement), Le Professeur s’est éteint après avoir fermé à clé la porte de la classe derrière lui il y a 4 ans. Sa disparition, mardi 07 janvier 2020, n’a été annoncée que ce vendredi 10. Sans doute a-t-il déjà été inhumé dans la plus stricte intimité entouré de ses band mates et des siens, et dans la solitude des grands espaces qu’il a toujours recherchée – mais que de petits cons de notre trempe ont toujours tenté de percer…

Quel plaisir, quel bonheur mais surtout quelle satisfaction, en ce triste jour de la disparition d’un Géant (comme tous les médias le titrent aujourd’hui), de savoir que nous ne nous étions pas trompé il y a 40 ans lorsque nous avons jeté notre dévolu sur ce power-trio hors du commun.
Quelle plaisir, quelle chance voire quel honneur avons-nous eu de nous choisir une telle bande-son pour la timeline de notre vie.
L’onglet de votre navigateur affiche « All the World is a Stage », que Neil PEART avait emprunté à Shakespeare. Aujourd’hui, All the World was a Stage.
RIP, Bro – We are only immortal for a limited time…
Un excellentissime ROTTING CHRIST aide à faire passer l’arrière-goût passablement guignolesque des Suisses de SILVER DUST qui officient en tout, tout début de soirée, avant même l’heure officiellement annoncée. ROTTING CHRIST est à ce point bon que cette soirée à la KuFa vient s’ajouter aux rares souvenirs que nous conservons d‘opening act prenant manifestement l’ascendant sur la tête d’affiche…
Le Christ Pourrissant est une (bonne) chose, musicalement parlant. Mais cependant une toute autre chose quand il s’agit de creuser certaines pensées propagées par le band (du style le christianisme est la pire chose qui soit arrivée à l’humanité: une ruse bien organisée pour contrôler la société). Soit… Sans doute une version hellénistique d’un certain opium du peuple ressassé à la sauce moussaka grecque. Passons – le métaleux moyen et bas du front est un exemple de réfraction, pas nécessairement de réflexion.
Dans le cas contraire, ça se saurait.
Si MOONSPELL joue presqu’à domicile avec un parterre bien portugais qui a fait le (court) déplacement, leur set nous laisse toutefois un goût de trop peu, de pas assez. En fait, non, ce n’est pas leur set qui laisse à désirer, mais ce sont plutôt leurs compositions. Ce qui est en soi un tantinet plus inquiétant.
Il y a bien l’une ou l’autre morceau de gras à se mettre sous la dent, mais leurs compositions manquent manifestement de consistance. Non pas qu’elles soient inintéressantes, que nenni, mais elles manquent de rugosité et surtout de profondeur dans leur expression live. Une dimension est manquante, aux abonnés absents, celle précisément qui fait toute la différence.
MOONSPELL nous laisse sur notre faim presqu’à chaque morceau, au point de se demander si nos lascars ne les raccourcissent ou ne les amputent pas. Certaines compositions devraient décoller, partir en vrille, emprunter l’highway to hell ou le stairway to heaven. Mais non, bardaf: a chaque fois, le soufflé retombe avant même d’avoir eu ou pris le temps de monter. Le lait tourne avant même d’être devenu beurre. La chenille se fait bouffer avant même d’être devenue papillon. On éjacule en poudre…
Un MOONSPELL décevant donc, comparativement à l’impression pourtant toute autre qu’ils nous avaient laissée lors de leur excellente prestation au Graspop Metal Meeting de 2016. Comme quoi le vin a parfois une toute autre saveur selon le flacon dans lequel il est servi. A moins qu’il ne décante tout autrement selon qu’on l’apprécie à la bouteille ou plutôt à la carafe…
Pochette-surprise de la setlist pour votre Saint-Nicolas, voire à déposer sous le sapin de Noël… A vous de voir !

Le Luxembourg était encore un peu plus portugais que d’habitude, ce 10 décembre 2019… Pix & review now online for sure, et autres clichés en ligne sur notre galerie. Just enjoy !

"Mutual respect ! Real rockers are here @ 06:50 pm for real rock’n’roll, for REAL r’n’r – Mutual respect !"
Le ton est donné par DANKO JONES, qui récompense l’assistance présente dès l’ouverture des portes en ce tout début de soirée par ce qu’il sait faire de mieux: nous asséner un set parfait, carré, mené tambour battant. Un set carré rondement mené – ou la quadrature du cercle enfin résolue…
DANKO, vous l’aurez compris, on l’adore. Tant le personnage que ses compos. On a dû décliner l’interview qu’il nous réservait en milieu d’après-midi, et au cours duquel on aurait bien aimé en savoir plus sur ce qui continue à booster le personnage depuis tant d’années, et à le pousser sur les routes encore et toujours. S’il y a bien un gars qui n’a pas changé d’un iota depuis tant d’années, c’est bien DANKO JONES. Et ses compositions. Et son humour. Et son look.
DANKO JONES, c’est un coup de fraîcheur et une cure de jouvence qui (per)dure depuis des années. Sans doute est-il dépositaire de l’élixir de jeunesse universelle – à moins qu’il n’en soit le magique et génial créateur ?
Le Man in Black demeure toujours aussi explosif sur scène, d’une expression empreinte d’une rare spontanéité et d’une fausse nonchalance aussi inhabituelle que sans doute feinte. Son rock carré, primaire et basique est appuyé par des chorus simples et percutants qui restent dans l’oreille dès la première écoute. L’ensemble délivre une force de frappe aussi redoutable que bon enfant – et sur scène, et sur la platine.
La formule power-trio reste définitivement la plus épurée et la plus efficace qui soit pour laisser parler la poudre. Pas de longs-couteaux inutiles, pas d’esbroufe superflue, pas de déperdition d’énergie ni de figuration ostentatoire. On en reste aux fondamentaux, l’efficacité et la simplicité primant sur tout le reste. A l’image d’une Mustang qui n’a besoin ni d’électronique ni d’assistance en tous genres pour laisser toute la place à l’énergie brute, à la puissance primale. Et pour faire parler la gomme comme DANKO JONES fait parler la poudre et let the music do the talking.
Pas vraiment du VOLBEAT…
Certes, VOLBEAT a pour lui le public d’une Rockhal où les derniers tickets se sont vendus ce soir au guichet – et à un prix non négligeable. Le genre de prix qui ne rechigne pas le soi-disant rocker lambda qui s’offre un concert par an, voire deux tout au plus. Le genre de public bigarré où toutes les générations, toutes les conditions sociales et tous les genres sont réunis, avec un leitmotiv: le t-shirt noir à l’effigie de leurs idoles. Et un point commun: ce même goût pour le mainstream facile et cette même attirance pour les fredaines entraînantes qui ne resteront pas dans les an(n)ales mais qui font juste du bien par où ça passe au moment où ça passe…
The Offspring, Nickelback ou Greenday pour n’en citer que quelques-uns drainent une audience similaire, attirée par des refrains simplistes servis toutefois par une artillerie qui se veut lourde. A l’expérience, cette cavalerie n’est cependant pas plus lourde qu’une palourde; elle n’est que volumétrique: elle prend de la place, elle remplit les vides mais n’est en définitive guère consistante et n’a que peu de masse critique. Elle impressionne les bleus mais indiffère les poils…
Nous avions déjà expérimenté la VOLBEAT touch lors du Sweden Rock Festival 2014. Si c’était alors en clôture de toute fin de festival après un inégalable Ted NUGENT, c’est ce soir après un explosif DANKO JONES, de quoi souffrir à nouveau de la comparaison. VOLBEAT est au rock’n’roll ce que Star Wars est au cinéma d’auteur: ça plaît aux masses, mais ça ne (nous) fait pas grimper aux rideaux. Un peu comme BARONESS qui était en milieu d’affiche, au sens propre entre le marteau DANKO et l’enclume VOLBEAT…
Maintenant en ligne ci-dessous, la prestation de VOLBEAT dans une Rockhal surchauffée et pleine comme un étudiant en période de baptêmes – la saison bat d’ailleurs son plein.

Mais voulez-vous une petite confidence de notre part…?
DANKO JONES qui officiait en première partie les a enterrés. Les a tous en-ter-rés. DANKO, you’re the King.

Autres clichés déjà en primeur online dans notre galerie…. Facebook

Une set-list gribouillée à la va-vite sur un bout de papier déchiré et disposée entre deux impressionnants pédaliers.
Quelques shots d’une improbable boisson disposés sur les amplis pour soulager les cordes vocales.
De bons vieux spots incandescents pour chauffer les planches des Rotondes.
Un Mellotron estampillé Chamberlin pour planter le décor en parfaite symbiose avec la bande-son…
Nous sommes ce soir face à de véritables mutants. MOTORPSYCHO, près de deux heures trois-quart durant (!), emmène son public dans un tourbillon proche d’une transe psychédélique dont le band a le secret. Entre état contemplatif et humeur participative, l’assistance est téléportée dans une dimension autre qui ne peut que se vivre, pas se narrer. Si ces Norvégiens sont manifestement de véritables mutants, leurs compositions sont quant à elles de nature extra-terrestre. What else, George !?
Notre première et dernière expérience MOTORPSYCHO remonte à printemps de l’année dernière au Reflektor de Liège. Nous réalisons ce soir que cette prestation liégeoise était à l’époque assurément hors normes, tout à fait hors normes avec une ligne – non: un mur – de basse dont la sonorité et le volume nous avaient fait qualifier cette expérience d’extra-sensorielle au sens propre du terme. Sans doute l’ingénieur-son s’est-il fait depuis lors remercier…? Nous l’aurions pour notre part décoré Chamberland de l’Ordre du Mérite des Infra-Basses et promu Chevalier de la Guilde du Grand Subwoofer…
La substantifique moelle de MOTORPSYCHO revêt toute sa consistance et sa dimension live on stage, la scène étant le seul lieu d’expression suffisamment volumétrique pour déployer l’envergure et la profondeur de ses compositions. L’expérience immersive MOTORPSYCHO se pénètre, s’injecte, s’inhale, s’absorbe… MOTORPSYCHO ne s’écoute pas.
Maintenant en ligne, The Purple Classics by Glenn "The Voice" HUGHES à Leuven (Het Depot), avec pas moins que Sir Phil CAMPBELL est ses salopards de fistons en opening act…

Clichés de cette soirée revival goût Deep Purple et parfum Mötorhead également en ligne dans notre galerie…

Il y a quelque chose d’interpellant dans l’iconographie mise en scène par Glenn HUGHES, déjà présente sur les affiches de cette tournée: son portrait enjolivé datant des seventies, enluminé d’un lay-out peace & love certes du meilleur goût. Ne peut-on glorifier et célébrer les (ses) golden years sans devoir obligatoirement forcer sur un pathos qui prêterait presqu’à sourire…?
Hormis ces considérations, Glenn HUGHES demeure du haut de ses 71 balais un tout grand Monsieur, un personnage charismatique qui n’a en rien besoin de ces artifices visuels pour nous rappeler combien sa patte a marqué des générations entières de bassistes et au moins autant de hordes de chanteurs. Sa seule présence scénique, son jeu de basse et – naturellement – sa voix lui suffisent amplement pour inscrire son légendaire patronyme dans le guest-book du Het Depot.
Il n’en demeure pas moins que son insistance à vocaliser à outrance nous donne définitivement des boutons et nous pompe plus qu’un tantinet le dard (… nous nous étions pourtant déjà juré par le passé de ne plus subir ce qui devient par moment une véritable corvée). L’excès nuit en tout, et notre bon vieux Glenn (à la dentition trop parfaite pour un septuagénaire) n’a définitivement plus besoin de ces démonstrations totalement inutiles et parfaitement superflues pour conserver son statut de The Voice.
My name is Glenn, and I love you. I love you, I love music and music saved me, and my music loves you. Oui, la musique a certainement sauvé le bonhomme des affres et excès qu’il a partagés avec bon nombre d’icônes des sixties et des seventies, mais point trop s’en faut non plus. A force d’insister, Glenn HUGHES provoque chez nous l’effet inverse de celui attendu. Joue, fieu, ne la ramène pas trop, arrête tes vocalises et balance-nous toute ta sauce. C’est pour ça qu’on est venu… Bedankt.
MOTORHEAD a beau figurer ad vitam aeternam sur une branche de notre Sainte-Trinité rock’n’rollesque, Phil CAMPBELL et ses salopards de fistons ne nous ont pas marqué de manière indélébile. Le guitariste emblématique de l’ex-power trio tout aussi emblématique manque de consistance et même de présence scénique en l’absence de son leader – de notre leader, feu Lemmy.
Les compositions, pourtant bien torchées et bien construites en studio, manquent manifestement de relief en live, manquent de chien, et c’est tout le band qui en pâtit semble-t-il: pas uniquement Phil mais également ces trois fistons ainsi que le lead vocal qui s’est immiscé dans la famille de Phil CAMPBELL et de ses Bastard Sons.
Une prestation de CAMPBELL tout simplement moyenne et en demi-teinte qui ne nous laissera donc pas un souvenir impérissable, malgré quelques beaux et bons moments tels que l’incontournable Ace of Spade qui ne sont toutefois pas tous à mettre au crédit originel du seul CAMPBELL – voire pas du tout, si l’on vise un excellentissime Silver Machine. Déçus, nous… ?