Cabaret Vert, jour 2. Le festival a changé de ton. Après une journée très rock et métal jeudi, les festivaliers ont eu droit à une programmation plus douce, plus pop, plus… comment dire ? Moins punk mais plus pink, dirons-nous. Et The SPARKS n’y sont pas pour rien. Fosse Commune nous ôte les mots de la bouche, alors rendons à Fosse Commune ce qui est à Fosse Commune. C’est parti mon kiki:






« BREAKING FOSSE #8 – CABARET VERT : SPARKS VS NICK CAVE, DEUX CLAQUES DANS LA GUEULE, DEUX AMBIANCES EN FINAL. Il y a des problèmes de riche en festival. Celui d’hier soir était particulièrement agaçant au Cabaret Vert: The Sparks terminait son set à Razorback au moment où Nick Cave and The Bad Seeds commençait le sien sur la scène principale. Ça devrait être interdit ! Impossible de voir la fin de l’un sans rater le début de l’autre. J’ai donc fait un choix parfaitement scientifique : The Sparks devant, Nick Cave dans les écrans. Ce qui explique accessoirement pourquoi j’ai des photos de Ron Mael à trois mètres et de Nick Cave grand comme un immeuble sur écran géant. Ce n’est pas un parti pris esthétique. C’est le running order. The SPARKS. Je savais évidemment qui étaient les frères Mael. Mais je n’étais pas venue en pèlerinage. Et je n’étais surtout pas préparée à ça« .








Russell Mael, 77 ans, débarque en costume rose et entreprend immédiatement de se comporter comme si son acte de naissance avait été falsifié. Il chante, bouge, occupe la scène, joue avec le public avec une énergie qui serait déjà agaçante chez quelqu’un de trente ans de moins. Derrière son clavier, son frère Ron, 81 ans, tunique bleu nuit, lunettes rondes et immobilité hiératique, ressemble pendant ce temps à un vieux maître taoïste légèrement contrarié par l’agitation générale. Et tout le génie visuel de Sparks tient déjà là : devant, Russell virevolte. Derrière, Ron regarde le monde comme s’il avait depuis longtemps compris quelque chose que nous ignorons. Jusqu’au moment où Ron se lève. Et danse. À 81 ans. Avec un immense sourire. Et là, tout le monde devient complètement con« .









Mais surtout : derrière les deux frères, ça joue sa mère. Un guitariste totalement allumé, qui semble vivre son propre show à l’arrière. Il se déhanche. Fait le con. On dirait qu’il traduit les morceaux en langue des signes. Mais pour les gens légèrement azimuté. Un bassiste en Rickenbacker absolument imperturbable, qui pourrait donner l’impression d’attendre tranquillement son tour à la Poste si son groove n’était pas en train de déplacer plusieurs organes internes. Une section rythmique monstrueuse. Une précision indécente. On pourrait écrire : « À leur âge, ils ont encore une énergie incroyable ». Ce serait flan. Voire insultant. Sparks est incroyable. Point. Et c’est seulement quand quelqu’un te rappelle qu’ils ont 77 et 81 ans que tu réponds : PARDON? « .









Puis il faut partir. Parce qu’à l’autre bout du festival, Nick Cave a commencé la messe. Et là, sans transition, on change d’univers. On vient de finir de chanter des conneries en chœur. Et d’un coup on débarque dans une ambiance funéraire« . Merci Fosse Commune…!




