[ Preview ] : HELLFEST 2022 – Part II – Now online !

It’s a long way to the pit if you wanna rock’n’roll…

Autres polaroïds également disponibles dans notre galerie de portraits et la full review ici-même, plus bas, de ce Hellfest XVème du nom. Et toujours pas de Photoshop. Toujours pas de Lightroom. Toujours pas de format .raw. – only pure one-shot .jpeg parce qu’ici, messieurs-dames, on ne badine pas plus avec le rock’n’roll qu’on ne chipote avec les photos: on laisse ces bidouillages aux amateurs.

HELLFEST Juin 2022 – Part II – review 1/5

Hellfest – le plus grand événement métal depuis l’âge de fer. Hell(fest) ain’t a bad place to be… Pour son 15ème anniversaire postposé de 2020 à 2021 puis de 2021 à 2022 pour les raisons que l’on ne nomme désormais plus, le Hellfest fait fort, très fort même. Pas moins de 350 concerts sont programmés sur 2 weekends prolongés : 7 jours d’enfer, 7 jours en enfer pour qui tiendra la distance. Nous nous contenterons quant à nous de 3 jours seulement, de quoi déjà mettre les organismes à rude épreuve pour qui souhaite passer d’un pit-photo à l’autre au prix chaque fois d’une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes à affronter et à fendre.

Les 3 années écoulées depuis la dernière édition de 2019 a permis aux organisateurs d’encore upgrader le site avec un décorum en dur (semi-) permanent toujours plus hallucinant et plus dantesque, enrichi de 5 nouvelles sculptures dont celle en hommage à Ian Fraiser Kilmister aka Lemmy n’est pas la moins impressionnante du haut de sa quinzaine de mètres de structure métallique. Et que penser en voyant ce nouveau parking Ouest vaste de pas moins de 37 hectares ?!

On peut néanmoins penser que le site n’est pas loin maintenant d’atteindre son climax ; la foule est dense sur la plaine, parfois à l’excès selon qui occupe l’une des deux impressionnantes mainstages, et la War Zone au décor oscillant entre Mad Max et Auschwitz est désormais trop exiguë – façon de parler – pour y accueillir tous les fervents de sa programmation particulière. Quant à atteindre son pit-photo, c’est quasi peine perdue tant la foule se presse dans l’entonnoir y menant.

Les trois autres scènes installées sous les immenses chapiteaux aux structures rigides portent ainsi à 6 les facteurs d’attraction et d’attractivité où se mélange une foule toujours plus bigarrée et bon-enfant, familiale même parfois, où convivialité et fraternité (amour?) sont les maîtres-mots. A l’instar de ces 5,000 bénévoles qui sont à la manœuvre par weekend, ces centaines et milliers de techniciens, travailleurs aux bars, au nettoyage-chiottes, au merchandising, à la sécu ou aux caterings qui, chacun, te reçoit ou te sert comme si tu étais son client le plus précieux.

Le Hellfest, c’est avant tout une grande famille, une grande fratrie, une grande chaîne de convivialité, de cordialité et de fraternité où chacun vient y chercher mais surtout y trouver ce qu’il attend – certains des décibels, d’autres la fête, d’autres encore le contact ou simplement le moment présent et la pleine conscience.

Quand ce n’est pas juste manger ou se désaltérer – la carte du menu balaye les cinq continents et les bars à Muscadet (nous sommes dans le vignoble nantais…) côtoient les (presque) meilleurs bières spéciales. Le Hellfest, c’est aussi et surtout une logistique tout bonnement hallucinante, une machine huilée à la perfection qui retrouve ses automatismes après un hiatus de deux années.

Mais c’est aussi un timing respecté à la minute près sur chacune des 6 scènes officielles. La 8ème merveille du monde, sans doute bien, tant en matière de programmation, de décorum mais aussi de logistique, d’organisation, d’humanité et de fraternité ? Ce n’est pas pour rien que les Ricains tentent de convaincre le patron des lieux d’exporter le concept outre-Atlantique en y transposant une formule qui ne trouve pourtant son sens et son essence que dans le vignoble nantais là où elle naquit et là où se situe son ADN, sa sève montante nourrie par toute une population solidaire et impliquée.

HELLFEST Juin 2022 – Part II – Review 2/5

Question programmation, choisir c’est renoncer. La succession voire la simultanéité infernale des shows d’une scène à l’autre, et la foule à fendre d’un pit à l’autre pour s’y rendre, s’apparente au défi du tonneau des Danaïdes. Choisir c’est renoncer, même si ne pas tenter est abandonner. Que retenir de ces dizaines de bornes parcourues en arpentant cet Heaven on Earth ? Que certains paraissent prématurément vieux (façon de parler), comme AIRBOURNE. Mais que d’autres le sont définitivement devenus, plus logiquement sans doute mais de manière tout aussi regrettable : GUNS & ROSES.

L’un comme l’autre fait littéralement traîner son show en longueur avec une succession de temps morts et de remplissages aussi inutiles que superflus. D’autres, quasi intemporels, demeurent au contraire des valeurs sûres qui traversent les décennies comme si le temps n’avait prise ni sur leurs organismes ni sur leur empreinte ni sur leur legacy: qu’il s’agisse d’ALICE COOPER toujours aussi bien entouré, de SCORPIONS littéralement impériaux ou d’un WHITESNAKE à la set-list certes téléphonée, la délectation proustienne compense aisément une absence parfois totale de surprise.

Quelques claques bien assénées nous laissent une marque qui n’est pas prête de disparaître : KILLING JOKE n’a strictement rien perdu de sa superbe et de son efficacité tandis que STONER, KADAVAR ou NEW MODEL ARMY pour n’en citer que quelques uns nous prennent à contre-pied. Et quoi de tel qu’un croque-en-jambes pour se remettre les idées en place et balayer toutes ses certitudes ?!

MINISTRY et les GUNS soutiennent ouvertement l’Ukraine en en affichant un jaune et un bleu de circonstances, à l’instar d’un SLASH dont une des grattes est intégralement repeinte aux couleurs du drapeau. The SCORPIONS dédicaceront pour leur par le – oui – soporifique Wind of Change au peuple ukrainien, tandis que quantité d’autres bands honorent quant à eux sur scène la mémoire de LEMMY, que ce soit AIRBOURNE, Phil CAMPBELL ou encore Danko JONES.

L’impressionnante et nouvelle statue de Ian Fraiser KILMISTER, franchement réussie, surplombe donc de ses 15 mètres de hauteur la War Zone. Elle y accueille quelques cendres de feu LEMMY à l’occasion d’une courte cérémonie organisée à son pied en milieu de nuit, rehaussée par la présence de ses deux derniers comparses présents séparément ce jour sur les mainstages en ce jeudi 23 juin 2022 : Mikkey DEE qui vient de terminer son set derrière les fûts de SCORPIONS et Phil CAMPBELL entouré de ses Bastards Sons plus tôt dans la journée, mais qui vient de rejoindre en toute fin de set The SCORPIONS pour quelques mémorables passes d’armes en prélude à cette cérémonie nocturne.

Si donc GUNS & ROSES bande (vraiment) mou, AIBOURNE est désormais éjaculateur précoce. Les Australiens pourtant toujours aussi denses, puissants et rapides quand ils sont à l’ouvrage nécessitent cependant bien des temps de récupération pour reprendre vigueur entre deux assauts. Leurs langueurs et longueurs cassent un rythme pourtant ô combien soutenu quand ils moulinent, et même leur légendaire mur de Marshall a été amputé de quelques unités: on peut franchement s’interroger sur leur capacité à tenir la distance – ce que nous constations déjà lors de leur dernier concert pré-pandémie au Cabaret Vert. Rapides et bougrement efficaces, oui, mais dont l’endurance est à entretenir voire même à retrouver !

En matière de temps morts aussi horripilants que regrettables, GUNS & ROSES décroche sans doute la timbale du Hellfest 2022. Fort Roses et très peu Guns : les ROSES sont fanées, et les GUNS sont désormais des pétards mouillés. G&R bande mou, un point c’est tout : le set de pourtant 2h30 à la montre est mièvre et mou du gland : ponctué de trop nombreux blancs dans un noir aussi absolu que le silence ambiant, Axl ROSE n’est décidément plus que l’ombre de lui-même. Sa voix en mode (fort) mineur à l’instar d’une présence peu irradiante sur scène sont à l’image d’un changement de garde-robe à un rythme dont on se passerait allègrement. Le ressort d’Axl est bien mou et détendu ; même la Duracell du band, aka SLASH-le-Magnifique, semble à plat et ne suffit pas à récupérer une sauce qui ne prend décidément pas trop même si ce n’est pas force d’avoir essayé.

Duff McKAGAN serait presque l’élément moteur du combo loin pourtant de sa splendeur passée : si son faciès s’affiche régulièrement sur les écrans géants, c’est à l’inverse de la tronche d’un Axl ROSE que les caméras n’afficheront jamais qu’en plans sur pieds – ce qui n’empêche pas de remarquer sa trèèèèès grande concentration avant de s’aventurer à descendre les quelques escaliers de la plate-forme surplombant les drums flanquée de deux drapeaux ukrainiens.

La set-list par ailleurs bof-bof des Californiens se clôture néanmoins par un magistral, explosif et flamboyant Paradise City, comme pour nous laisser sur une dernière note franchement positive du grand et vrai GUNS qu’on a pourtant attendu mais en vain deux heures et demi durant…

HELLFEST Juin 2022 – Part II – Review 3/5

Le contraste est saisissant avec The SCORPIONS, littéralement impériaux, qui font passer les GUNS pour de la roupille de sansonnet. Si cela fait 53 ans que Rudolph SCHENKER arpente les scènes, il est aujourd’hui plus flamboyant que jamais et à l’image d’un groupe plus soudé qu’il ne l’a jamais été, plus efficace et plus magistral qu’on ne pouvait l’imaginer. The SCORPIONS demeurent non seulement une valeur sûre mais surtout un mythe et une légende d’une efficacité hallucinante, d’une force de frappe inouïe et d’une puissance de feu tout bonnement redoutable.

Pas un temps mort, pas une pause, juste un rythme simplement endiablé pour enchaîner un florilège de 50 ans de carrière jusqu’à leur toute dernière galette loin, très loin d’être négligée avec 4 morceaux au menu, excusez du peu. The SCORPIONS, c’est un mystère, une exception, une anomalie – ou alors une référence, un mythe bientôt, voire le Graal pour qui est à la recherche d’une référence ? Qu’on aime ou qu’on n’aime pas The SCORPIONS (car effectivement tout ce qu’ils ont produit n’est pas d’égale qualité, que tu contraire), l’objectivité des faits impose le respect quand le band déboule sur scène: nous sommes dans le factuel, pas dans la subjectivité, à l’opposé de pitoyables momies ou de has-been dont on n’égrènera pas ici les noms (… suivez notre regard).

WHITESNAKE, pour rester dans les oldies, n’est guère en reste comparativement aux Allemands mais néanmoins un ton légèrement en-dessous. Comme à son habitude, le beau David COVERDALE va (bien trop) régulièrement se repoudrer le nez backtage ou se ménager (se soulager?) l’organe à l’occasion de soli toujours aussi nombreux qu’horripilants : tout y passe, guitare, synthé et batterie – ah, cet intemporel Tommy ALDRIDGE néanmoins toujours derrière les fûts !

Une set-list sans surprise et un feeling bluesy fiévreux sex’n’roll replonge les quinquas et sexas dans leurs plus belles années avec un charismatique COVERDALE dont la voix chaude, quasi intacte, demeure un des mystères les plus absolus. Cerise sur le gâteau, Steve VAI (dont le set a été précédemment particulièrement… euh… pompant) rejoint le beau David pour nous délivrer un bouquet final d’anthologie, un Still of the Night tout simplement magistral. Et personne ne sait encore à cette heure que le Serpent Blanc mettra ensuite un terme définitif à son Farewell Tour 2022 pour raisons de santé. Remonteront-ils dès lors un jour sur scène… ?

Il n’y a pas que WHITESNAKE a être très bien entouré : la charmante et tout aussi efficace bassiste de Coverdale n’a pas échappé aux yeux les plus avertis ni à notre objectif, à l’instar d’une guitariste au charme inversement proportionnel à celui de son boss : celle d’ALICE COOPER. Mais nul ne sait non plus à cette heure qu’il s’agit là d’un des tous derniers concerts que Nita STRAUSS passe aux côtés d’Alice. A l’heure de coucher ces lignes, Kane ROBERTS aka le Rambo de la 6 cordes, l’aura avantageusement remplacée d’un point de vue gonflette, même si on préfère de très très loin les courbes de Nita à celles de Musclor. Direct from Detroit, Vincent FURNIER nous concocte donc une set-list néanmoins bof-bof pour les habitués : trop classique, trop conventionnelle et pas assez audacieuse, elle a cependant l’avantage de proposer un magistral best-of pour qui n’aurait jamais eu la chance de déguster ALICE live on stage.

Sa dernière pépite sortie en 2021 recèle pourtant quantité de chefs d’œuvre qui auraient pleinement trouvé leur place sur scène : erreur de vieux baroudeur qui a préféré ne courir aucun risque en ne proposant strictement aucun extrait de son dernier album encore tout chaud ? La meilleure chose qu’il ait sans conteste produite depuis le millénaire dernier – c’est dire. Son band est soudé et compact, rodé et peut-être… blasé ? ALICE reste ALICE, incomparablement fidèle à lui même. Et même mauvais – ce qu’il n’est nullement ce soir – ALICE est bon. Sans surprise aucune ni éclat particulier, simplement fidèle à lui même, à son image, à sa légende et à son décorum, COOPER nous balance un classique grand-guignolesque dont on aurait pu se délecter à l’identique il y a 15, 25, 35 ans. Soit – mais n’est-ce pas là ce qu’on appelle un classique et une valeur sûre ?

HELLFEST Juin 2022 – Part II – Review 5/5

HANGMAN’s CHAIR et son stoner à la française nous fout également la pèche, presqu’autant qu’un excellentissime STONER à la basse étourdissante – un de nos coups de cœur de ce Hellfest XV. Le viagra BLUES PILLS fait son effet sur le champ avant qu’un pompant HEALTH nous fait difficilement patienter jusqu’à ce que DANKO JONES déboule sur scène pour foutre le boxon, l’ambiance et l’humour. DANKO JONES, s’il n’existait pas, on ne sait même pas comment on pourrait l’inventer…

NIETZER EBB ne nous fait pas plus sourire que l’OPIUM DU PEUPLE tandis que DRAGON FORCE, eux, prêtent franchement à sourire. Nous n’avions pas un excellent souvenir de notre premier (et dernier) KILLING JOKE mais leur prestation est ici parfaite et commence fort avec un Love like blood d’entrée de jeu comme pour se mettre le public dans la poche (ou bien : plus vite fait, plus vite quitte?). Le trash de KREATOR est d’un autre style mais tout aussi… euh… performant et surtout annonciateur d’un remarquable MINISTRY bien plus convaincant que NINE INCH NAILS. NEW MODEL ARMY sera à ce point rassasiant et frais que l’envie nous passera de nous coltiner la bande à Mustaine et son ressassé MEGADETH dont on évite les prestations à l’instar de celles de METALLICA d’ailleurs, tiens tiens.

The LAST INTERNATIONALE jette un coup de fraîcheur sur la mainstage et, pour rester dans la gente féminine, A.A. WILLIAMS dénote avec plaisir dans le décor ambiant avec une pop british lourde à souhait. Michael MONROE et HALLAS feront notre dimanche, tout comme le son blues gras et lourd de GARY CLARCK Jr. A l’inverse d’un Myles KENNEDY plus vintage rock’n’roll que jamais avant de se coltiner ou plutôt d’éviter le doublé infernal d’EPICA et de NIGHTWISH – un tel concentré devrait tout simplement être interdit. Les Allemands de KADAVAR auraient quant à eux amplement mieux mérité la mainstage où leur hard-rock pure souche est à ce point classique qu’il en devient peu ordinaire.

Nous quitterons les lieux avant le bouquet final – du moins annoncé comme tel : METALLICA. Les 4 de Los Angeles n’ont jamais rien apporté au genre si ce n’est la notoriété pour en faire un mainstream de mauvais goût dans les soirées mondaines quand la jet-set part en vrille, et une reconnaissance au sein de certains cercles où tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. Nous tendons quant à nous l’oreille dans bien d’autres directions. METALLICA n’est qu’une machine, admirablement bien huilée et copieusement mise en scène certes, mais ce n’est qu’un concept vide et creux à l’instar d’autres formations qui, quoi qu’elles fassent, quoi qu’elles produisent, quoi qu’elles chient ou vomissent, draineront toujours un troupeau de moutons persuadés d’avoir à faire à l’excellence absolue ou une cohorte de boomers nostalgiques indécrottablement restés scotchés au millénaire dernier.

Amen. Ite missa est.

Nous,on se casse nonchalamment, le sourire en coin et les bras ballant, à l’instar du beau David

HELLFEST @ Clisson, 21-23 juin 2019

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Aaaaaaah, le HELLFEST…! Avec l’historique Download, le mythique Wacken et notre Graspop national, nous voici face au quatrième mousquetaire – et non des moindres. En ce solstice d’été 2019, le vignoble nantais accueille la 14ème édition de cette grand-messe devenue incontournable au même titre que les trois premières nommées. Sold out depuis près d’un an en moins de deux petites heures, les 180.000 tickets pour ces 3 jours et ces 3 nuits d’Enfer sont à l’image de l’événement: dantesque, hallucinant, colossal, titanesque mais surtout magique…

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Le site semi-permanent offre un décorum digne du meilleur Mad-Max, quand ce n’est pas plutôt Games of Throne ou Alien. Aucun festival – par définition éphémère – n’est en mesure de rivaliser avec des infrastructures ici permanentes. A moins que peut-être Tomorrowland dans un tout autre registre, mais sans les deux immenses mainstages dont peut se prévaloir le Hellfest, flanquées de pas moins de 5 écrans LED aussi démesurés et gigantesques que les scènes elles-mêmes.

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Un premier écran à gauche de la scène gauche, un second à droite de la mainstage right, un troisième entre les deux scènes, et enfin deux écrans identiquement démesurés en toile de fond de chacune des deux scènes revenant latéralement sur leurs flancs. Un dispositif visuel qualitatif et quantitatif tout bonnement exceptionnel et unique pour ne manquer aucun rictus caché, aucun poil de barbe rebelle ou aucun ongle mal coupé. Redoutablement efficace, ou effroyablement intrusif c’est selon…

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Trois immenses chapiteaux semi-ouverts hébergent 3 scènes supplémentaires tandis qu’un 6ème et dernier lieu de débauche sonore, en total open-air quant à lui, est lové dans l’amphitéâtre de la War-Zone au décor (permanent) apocalyptique, entre Mad-Max et… Auschwitz. 160 groupes et autant de concerts vont transformer le parc de Clisson en un enfer pavé de bonnes intentions 3 jours et 3 nuits durant, sous un soleil de plomb aussi implacable et redoutable qu’une sonorisation tout bonnement ex-cep-tion-nel-le et jamais – ô grand jamais – auparavant nulle part rencontrée.

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3 jours et 3 nuits de peace & love, d’amour et d’amitié, de fête et de débauche sonore, de gastronomie et de divertissements, de déguisements et de wall of death, de pit-circle et de bières. Le Hellfest est devenu le plus gros vendeur de bières français avec 800.000 litres vendus en trois jours (pour 180.000 personnes, frêles femmes et jeunes enfants compris) sur 350 mètres de linéaires, alimentés par 15 citernes de 250 hectolitres, 40 tanks de 1.000 litres, huit semi-remorques et 4 km de tuyaux qui courent enterrés sous les pieds des festivaliers.

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Mais notre HELLFET, c’est aussi près de 65 km parcourus en trois jours, entre parkings et site du festival, entre mainstages et espace-presse, entre scènes diverses et VIP area, entre bars, fronstage et conférences de presse. Ce sont 3 jours passés a faire inlassablement le pied-de-grue de midi à minuit dans l’accès des différents pits photos, sous un soleil de plomb, entre les hurlements de la foule dans le dos et le véritable mur de la scène qui se dresse devant nous – mainstage #2 à ce point haute que sont totalement éclipsés de nos objectifs le batteur ou les musicos se tenant quelque peu en retrait…

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"Notre" HELLFEST, ce sont aussi 3 jours de stress et de tension, de peur de perdre une seule des 200 ou 250 précieuses secondes dont les photographes accrédités sont gratifiés pour tirer le meilleur cliché du set sur lequel ils ont jeté leur dévolu, sacrifiant par là d’autres prestations simultanées ou quasi. Notre HELLFEST dans le photo-pit est en définitive tout sauf une sinécure, et s’apparente davantage à un des douze travaux d’Hercule qu’à une promenade de santé ou à un moment festif de pur délire. Et dire qu’il y en a qui croient qu’on s’amuse…

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Notre HELLFEST, ce sont donc aussi et surtout des moments puissants et uniques, magiques et épiques, entre belles surprises et grosses claques, entre émotions et passion(s), mais aussi entre frustrations et quelques rares déceptions. Si le HELLFEST a hébergé les adieux définitifs à la France de SLAYER, de KISS et de LYNYRD SKYNYRD – excusez du peu – c’est bel et bien la prestation de TOOL qui était très attendue de beaucoup. Le fondateur du HELLFEST, Ben Barbaud, avoue depuis longtemps que la venue des Américains faisait partie de ses objectifs prioritaires depuis des années…

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Ainsi, il est minuit et demi en ce dimanche, troisième et dernier soir, quand TOOL déboule sobrement, discrètement, sur scène en toute fin de festival et déstabilise une bonne partie du public. Comme à l’accoutumée, les Californiens restent dissimulés dans une semi-pénombre, laissant toute la place à leur musique. Se retranchant derrière leur musique. Tout pour leur musique. Même les écrans géants ne les montrent pas un seul instant, affichant au contraire les mêmes images expérimentales et anxiogènes que nous avions pu découvrir la semaine dernière à Amsterdam où nous avons eu la chance de les découvrir.

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Pas un mot non plus, pas un bonsoir, pas un merci, mais une musique allant crescendo, déversée sur Clisson par le biais d’une sonorisation d’une perfection aussi apocalyptique et hallucinante que tout simplement… parfaite. N’en demeure pas moins que face à un parterre de 60.000 personnes, l’absence de tout visuel du band sur les immenses écrans LED est pour certain du foutage de gueule. D’autres y voient au contraire l’expression ultime que TOOL n’en a que pour sa musique et rien que pour sa musique, ses structures alambiquées secouées de déflagrations. Et quelles déflagrations…

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Au préalable, ANTHRAX prépare sur la mainstage #2 l’arrivée de SLAYER avec un Tom Araya qui semble particulièrement ému de faire ses adieux au public français. Vétérans en tournée d’adieu, SLAYER ne faillit pas à sa réputation avec quasiment que des tempos rapides du début à la fin. On aime ou – comme nous – on n’aime pas vraiment. Toujours est-il qu’Araya n’a manifestement pas envie de partir, et restera longtemps à saluer un public en délire sous les flashs d’un gigantesque feu d’artifice qui salue ainsi les adieux français de SLAYER (… ou qui annonce l’arrivée de TOOL sur la mainstage #1 ?).

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Autres adieux réussis la veille, et le mot est faible: ceux de LYNYRD SKYNYRD avec ce véritable moment chaire-de-poule et cet intense et émouvant set. Au soleil couchant qui baigne d’une chaude lumière horizontale la mainstage #1, le rappel (tout à fait imprévu?) qu’entament les Sudistes avec leur magistral FreeBird à l’heure même de quitter la scène fait partie de ces rares et précieux moments qui comptent dans une vie. Ce morceau de bravoure sera par ailleurs la seule – la seule – entorse à un planning rigoureusement tenu à la seconde près sur les 6 scènes du HELLFEST les 3 jours durant. Remarquable, émouvant et poignant pied-de-nez de LYNYRD SKYNYRD au système en guise d’ultime révérence après 50 ans de bons, loyaux et fidèles services. Masterclass.

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Distingué et tout en élégance, cet ultime Freebird – et nous réalisons alors que plus jamais il ne nous sera donné de l’apprécier en live. Feu Ronnie Van Zant prendra même les commandes des lead vocals via une séquence filmée en noir et blanc: après nous avoir réservé sur Simple Man photos et vieux films de famille projetés sur les écrans, LYNYRD est tout simplement magique pour ses adieux. Tout simplement magique. Séquence émotions, avec un public qui le lui rend à l’unisson…

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Richie KOTZEN, bien loin de Poison et de Mr Big, nous déverse à l’heure de l’apéro son excellent blues-rock-hard-soul à la Rory Gallagher. Tout l’opposé d’une double cuvée germanique également présente à l’affiche: à EISBRECHER, totalement dans la lignée de Rammstein, nous préférons leurs excellentissimes compatriotes et vétérans de BÖHSE ONKELZ

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Que du beau monde à mentionner dans le lineup de DEADLAND RITUAL, à commencer bien évidemment – à tout seigneur tout honneur – par son fondateur Geezer Butler en manque manifeste de Black Sabbath, rejoint par Steve Stevens (Billy Idol), Matt Sorum (Guns N’ Roses) et Franky Perez (Apocalyptica). Un set composé en grande partie de reprises de Sabbath, de Heaven & Hell, de Velvet Revolver et de Billy Idol: que du bonheur pour un supergroupe / tribute band (biffer la mention inutile).

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Un EAGLES of DEATH METAL malgré tout surprenant annonce l’arrivée d’un tout grand WHITESNAKE. Même si Coverdale n’a plus vraiment sa légendaire voix, le band est là pour assurer malgré de dispendieux et inutiles soli de guitares et de drums (quoique Aldridge demeure un batteur hors-pair). Ces démonstrations surannées n’ont définitivement pas (plus) leur place en festival dans le cadre d’un set d’une petite heure – si ce n’est en la présente circonstance pour permettre au beau David d’aller reposer ses cordes vocales. Et vu ce qu’il en fait encore, on ne peut que lui pardonner.

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A bien vite oublier, malgré l’avoir évité depuis des décennies: DEF LEPPARD – l’erreur de casting, ou plutôt l’erreur tout court qui perdure et se maintient en haut des affiches de manière incompréhensible depuis des lustres, entre tubes US insipides et ballades sirupeuses d’une totale vacuité. Tout l’inverse d’un ZZ TOP qui fête en grandes pompes ses 50 ans de carrière, démontrant une forme olympique avec un set sans grande surprise si ce n’est une présence scénique et un enthousiasme communicatif qu’on ne leur connaît guère.

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Pour ses adieux à la scène, KISS présente une mise en scène pharaonique, mais la démesure ne compense pas une prestation sans beaucoup d’âme malgré une set list plongeant loin dans le passé – et rappelant aux ignares que KISS a indéniablement fait partie des grands du rock’n’roll… avant de devenir une vulgaire arme de distraction massive. En 2019, KISS tire la langue – et pas que Gene Simmons – à l’occasion donc de ce qui est également leur dernier concert en France au terme de 45 années de carrière.

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Les gars livrent une performance souvent poussive et trop rarement exaltante, malgré une setlist pourtant emplie de tubes et une débauche d’effets visuels et pyrotechniques. Mais le concept ou plutôt le produit-marketing s’essouffle, et sans doute n’est-il pas inopportun de ranger définitivement la clé sous le paillasson avant la prochaine tournée de trop. Quoique nous avions déjà assisté en 2000 – il y a 19 ans ! – à trois shows US de leur Farewell Tour 2000 !! Bon sang ne saurait mentir, dit-on.

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Les Sudistes de BLACKBERRY SMOKE nous réservent la surprise d’un savoureux « Come Together » en clôture de set, avant de laisser la place à un CLUTCH qui a davantage sa place dans de plus modestes salles que sur la mainstage #1 du HELLFEST. Après avoir déjà supporté la daube de Def Leppard, le grunge sans âme de STONE TEMPLE PILOTS nous assène le coup de grâce à travers une prestation commerciale expédiée sans relief aucun, jusqu’à ce qu’ANTHRAX réveille la plaine de Clisson avec e.a. leur inévitable mais très réussi et inévitable «Antisocial».

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Pour qui apprécie le mariage entre Heroic Fantasy et Power Metal, les 5 guerriers de GLORYHAMMER partent à la guerre. On ne sait trop si la reine sera sauvée à la fin, mais on s’en tape royalement. Notre premier GODSMACK sur la mainstage #1 consiste en une bien appréciable surprise de métal alternatif US bien gentillet, à l’inverse de leurs compatriotes encapuchonnés de UADA qui nous plongent dans les ténèbres d’un black metal atmosphérique aux mélodies spectrales: sobre, brutal mais diablement somptueux.

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La scène française du 1er jour déverse sur la plein de Clisson un peu de tout, à boire et à manger. Les prestations musclées de LOFOFORA, de NO ONE IS INNOCENT et de DAGOBA sur la mainstage #2 précèdent celle passablement dispensable d’ULTRA VOMIT. Avant que le charme et le magnétisme de MASS HYSTERIA nous réserve le thrill que ne parvient cependant pas à nous fourguer un prévisible et GOJIRA froidement technique.

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Le doom de nos chouchous d’UNCLE ACID & THE DEAD BEATS ravage la Valley Stage en ajoutant un brin de heavy et un soupçon de stoner à leur horrifique pseudo-psychedelisme. Les hypnotiques MY SLEEPING KARMA leur avaient solidement préparé le terrain un peu plus tôt sur la même scène, dénotant d’un KVERLERTAK éjaculant un concentré enthousiasmant de métal suintant le death, le rock, le punk et le black sur la Altar Stage. Tout l’anti-thèse de la rigidité d’un DREAM THEATER fidèle à lui-même qui ne nous exalte pas plus que la semaine dernière à la Rockhal de Luxembourg, mais sans non plus la verve d’un DROPKICK MURPHYS qui n’a pourtant guère sa place sur la mainstage #1 en prélude aux guerriers de SABATON. Les Suédois remplacent au pied-levé MANOWAR suite à un sombre et obscur forfait déclaré plus tôt dans la journée, et qui terminera sans doute devant les tribunaux.
SABATON réserve une place de choix à quelques extraits de leur dernière galette qu’ils nous avaient présentée en exclusivité il y a quelques semaines à Verdun, et sa dimension scénique achève de nous convaincre…

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TESLA roule à l’électricité (ah ah ah) et sait faire parler les watts (hi hi hi), mais pas vraiment la poudre (boum !). Et à propos de poudre, notre vénéré et vénérable SLASH nous laisse sur notre faim – une fois n’est pas coutume. Non pas qu’il n’avait pas la gnac, le SLASH, mais corseté dans un format festival qui ne convient pas à son tempérament de feu, ce type de prestation chronométrée n’est manifestement guère compatible avec son explosivité naturelle et peu contrôlable. Et dire que son concert de début d’année au Cirque Royal à Bruxelles demeure – mais alors là sans discussion aucune – dans notre top 5 historique…

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TRIVIUM ainsi que LAMB of GOD ne transcendent pas la mainstage #2, tout le contraire d’un excellentissime CANDLEMASS qui demeure une de nos plus belles claques prises de plein fouet au même titre que WOLFHEART. Un cran en-dessous, YOB ainsi que UADA demeurent au rang des belles découvertes, de même que les guignolesques ME FIRST AND THE GIMME GIMMES qui ont irradié toute la War Zone, cette fameuse zone déjantée un tantinet excentrée et comme hors de tout référentiel sur le festival…
Clisson 2019 est mort. Vive le HELLFEST 2020 !

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SLASH @ Cirque Royal, Bruxelles – 23 février 2019 iiii];)’

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Le Cirque Royal, notre Royal Albert Hall à nous Belges, version hard-discount ou low-cost. Mais qu’importe le flacon lorsque le contenu transcende l’enveloppe qui le contient. Car il y a de ces instants uniques, magiques, qui te marquent parce qu’ils ne surviennent que quelques fois au mieux – ou jamais au pire. Parce qu’ils te prennent à froid et par surprise. Par traîtrise, ils t’emmènent dans une dimension que tu ne soupçonnais même pas avant que tu ne franchisses à ton insu cette barrière spatio-temporelle.

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L’envolée hal-lu-ci-nan-te de 10 bonnes minutes dans laquelle SLASH nous emmène ce soir durant ce Wicked Stone – a priori inoffensif – qu’il sublime fait partie de ces moments intemporels, de ces instants qui te marquent de manière indélébile, pour toujours et à jamais. Et ce coup d’éclat chaque soir réinventé par SLASH, chaque soir renouvelé et remodelé, refaçonné selon son humeur du moment, n’est plus une performance: c’est tout simplement un hapax. Un inénarrable et inégalable hapax.

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Les scènes du monde entier sont arpentées par une une flopée de guitaristes, de tous ordres et de tous genres, de tous calibres et de tous formats. Dans cet univers bigarré où le meilleur côtoie le pire, subsistent une poignée de personnages hors-normes, qu’on appelle, pour une toute petite minorité d’entre-eux seulement, guitar-heros. Parmi ces happy-few, émergent encore deux ou trois Guitar Zeus exceptionnels. Et SLASH fait assurément partie de ces élus parmi les élus.

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La scène rock est peuplée d’excellents joueurs, des virtuoses du manche mais parfois piètres compositeurs. Ou de prolifiques auteurs mais, sur scène, aussi soporifiques qu’ennuyeux, comme éteints. Ou qui se révèlent être au contraire à ce points centrés sur la technique de leur « performance » qu’on les croirait concourir pour décrocher l’or olympique. Il y a aussi les surdoués de la six-cordes, mais incapables de te composer un morceau qui a du chien ou de te le jouer avec leur tripes.

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On n’oublie pas non plus ceux aussi qui confondent « play », « perform » et « entertainement » ou – pire – qui les mélangent à mauvais escient. Il y a aussi ceux qui te prennent la guitare comme un manche à balai, et qui s’échinent à te déplacer le plus de poussière possible en un minimum de temps. Et il y a ceux qui s’endorment parfois avant même d’avoir terminé leur demi-partition…
Puis il y a SLASH, seigneur parmi une poignée de quelques autres titans. Hors catégorie.

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Scrameustache parmi les extraterrestres de la six-cordes, SLASH est de ces rares auteurs-compositeurs qui allient le don de l’écriture à l’éclaboussante et insolente irradiation scénique. Soutenue par un jeu hors-norme, la richesse de ses compositions sert un doigté et un toucher qui n’ont d’égales que la maestria et la flamboyance avec lesquelles il nous démontre, une fois de plus ce soir, qu’on ne se bouscule décidément pas au Panthéon de l’Histoire du Rock’n’Roll. Amen.
Objection, votre Honneur ?

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Now online : MYLES KENNEDY @ Rockhal – Esch, 12 juillet 2018

Loin d’ALTERBRIDGE et à mille lieues de SLASH, ce cher Myles KENNEDY nous offre néanmoins un peu du meilleur des deux en version acoustique / unplugged, agrémenté d’un séduisant échantillon de son premier album solo, aussi intimiste que bougrement ronflant…

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Full review & live coverage now online…

Myles KENNEDY @ Rockhal, Esch-sur-Alzette – 12 juillet 2018

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Myles KENNEDY trônant seul sur scène, tantôt debout, tantôt assis, face à un public bigarré venu néanmoins en nombre: le club de la Rockhal se prête à merveille au caractère intimiste de ce surprenant solo unplugged.

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Avec de l’ALTER BRIDGE de-ci et du SLASH de-là, Myles KENNEDY fait bien sûr la part belle au répertoire de ses deux formations. Mais on voit qu’il a surtout à coeur de partager sa dernière et récente production solo.

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Les esprits chagrins, de cuir et de noir vêtus, diront que la soirée manquait peut-être de voltage et de décibels. C’est qu’ils seront passés à côté des indéniables qualités vocales bluesy de Myles KENNEDY qu’on ne suspecte pas forcément en temps « normal », quand il officie au sein de ses deux combos.

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Mélancolie, chagrin, blues et mélodies fragiles en mémoire de son père récemment décédé, Myles KENNEDY célèbre à la fois la vie et l’après-mort sous toutes leurs facettes. Une facette de KENNEDY que nous ne suspections nullement, et qui le rend encore plus chaleureux, proche et humain qu’il ne l’était déjà.

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Dorian SORRIAUX, maître du psychédélisme suédois au sein de BLUESPILLS, n’atteint pas en première partie l’explosivité qu’il dégage au sein de son band habituel. Si Myles KENNEDY brille de mille feux ce soir en solo unplugged, ce n’est pas vraiment le cas de Dorian SORRIAUX qui souffre manifestement de la comparaison et surtout de solitude et de consistance… (photos sur notre Facebook et sur notre Instagram).