Now online : SJOCK #50 – Gierle-Lille, 10-12 juillet 2026

Maintenant en ligne, et avec beaucoup, beaucoup de retard, notre festival préféré qui souffle ses 50 bougies en 2026 – Your R’n’R Highlight Of The Year more then ever ! Il y a les festivals mammouths où l’on marche vingt minutes entre deux scènes, où l’on fait la file pour pisser, la file pour boire, la file pour manger et, si l’on a encore un peu de courage, la file pour apercevoir de très loin un écran géant diffusant vaguement ce qui se passe sur scène. Et puis il y a le SJOCK, la cambrousse, la sueur et la grande famille du real rock’n’roll. Le Sjock, un vieux diable installé sur les terres poussiéreuses au milieu de la campagne flamande. Un festival de cul-terreux qui vient de souffler ses cinquante bougies sans enfiler de costume trois pièces, sans vendre son âme à une marque de boisson énergétique et sans se transformer en gigantesque centre commercial avec guitare décorative. Ce coin ordinairement paisible de la Campine a de nouveau été envahi par une tribu hétéroclite de rockeurs burinés, de jeunes convertis, de familles tatouées, de chemises western, de perfectos élimés, de gamins coiffés d’un casque antibruit et de vétérans capables de raconter les éditions passées avec la précision d’un ancien combattant. Le tout sous un soleil de plomb, dans la poussière, et avec cette sensation délicieuse d’avoir échoué dans un western où le saloon aurait été remplacé par un alignement de bars. Car au Sjock Festival, on ne traverse pas trois provinces pour passer d’une scène à l’autre. Elles sont presque voisines, comme les maisons d’un petit hameau où chacun saurait exactement chez qui aller lorsque la fête commence. Quelques pas se suffisent pour quitter un concert, choper quelque chose à boire et se retrouver devant une autre scène sans avoir besoin d’une carte topographique, d’une gourde de rando ou d’une appli te pointant l’itinéraire le moins pénible. Pas de longues marches absurdes, pas de troupeaux hagards transportés d’un bout à l’autre d’un site – le festival est compact et à taille humaine. Quelle aventure, quelles aventures encore mes amis, depuis la bouillie sonore de COSMIC PSYCHOS qu’il faudrait inventer s’ils n’existaient pas jusqu’à la maturité toute british de COCK SPARRER en passant par l’élégance et la classe d’un Jon SPENCER et la fougue de The DWARVES…

On vient avec un programme et on finit par suivre les hurlements d’une guitare ou la promesse d’une pils bien fraîche. Même complet, le site conserve une ambiance respirable, sans entassement ni de files aux comptoirs. On peut bouger, boire et profiter des concerts sans passer la moitié de sa journée à contempler la nuque du mec devant soi. Et le bar, justement, n’est pas une épreuve initiatique. Au Sjock, on ne doit pas choisir entre manquer la moitié d’un concert et mourir déshydraté. Les bénévoles font tourner la boutique avec cette efficacité tranquille des gens de la campagne qui savent ce qu’ils font et qui n’ont pas besoin de consultants pour te servir une chope. Pas de système incompréhensible, pas de demi-heure perdue à regarder un écran clignoter. On commande, on paie, on picole et on retourne faire du bruit. Miracle supplémentaire, les prix restent démocratiques et on ne ressort pas avec l’impression d’avoir financé la prochaine édition à soi tout seul dans un paysage festivalier où boire et manger peut parfois ressembler à une prise d’otage bancaire. Ici, la fête n’est pas réservée à ceux qui ont vendu un rein avant d’entrer. Cette simplicité n’a rien d’un hasard. Le Sjock a démarré il y a plus de 50 ans par une fête de village, qui a grandi sans perdre ses mauvaises habitudes ni son accent local ni son goût des guitares qui râpent. Le décor reste rural. De l’herbe, de la terre, du sable (on est en Campine) de la poussière – la chaleur a transformé le terrain en plaine désséchée – des arbres, trois scène, un chapiteau et la campagne autour. On cherche l’ombre sous les arbres et les toiles, on s’hydrate, puis on replonge dans la mêlée. Même si Joan JETT se la joue big star en oubliant qu’elle n’est pas sur la main stage d’un méga-festival mais ici en famille, tandis que les filles de L7 ne devinent pas encore que leur bassiste historique et iconique va rendre l’âme dans quelques jours, ce à quoi ne sont pas prêts nos Kentucky Men préférés: NINE POUND HAMMER.

Ici, le cuir n’empêche pas la tendresse. Les anciens transmettent les codes aux nouveaux, les parents montrent le chemin aux enfants et les enfants rappellent aux adultes qu’on peut encore danser avec un sérieux absolument ridicule. Ce brassage fait du Sjock une immense réunion de famille, mais une réunion où personne ne demande des nouvelles de ton job et où l’on ne t’oblige pas à embrasser un vieux cousin éloigné. La présence des enfants n’a d’ailleurs rien d’anecdotique: l’entrée est gratuite jusqu’à 14 ans lorsqu’ils sont accompagnés d’un adulte pour transmettre aux plus jeunes le goût du rock’n’roll. Quelques mètres plus loin, des vétérans arborent des tee-shirts dont le tissu est plus ancien que certains musicos. Entre les deux, plusieurs générations se côtoient sans discours forcé sur la transmission. Les bénévoles sont le ciment de ce capharnaüm parfaitement organisé et ne donnent pas l’impression d’avoir été parachutés la veille dans un événement qui les dépasse. Ils connaissent le festival, son rythme et son public. Certains reviennent précisément pour cette atmosphère unique et cette dimension restée volontairement modeste. Leur efficacité souriante empêche la fête de se transformer en usine et rappelle que, derrière chaque comptoir, chaque entrée et chaque scène, il y a des gens qui tiennent sincèrement à cette foutue fête de village. Op sjock gaan, op sjock gaan… (traduction: partir en ribote: tout est dit). Et à propos de ribote, une de nos claques et révélations de cette 50ème édition est inclassable et s’appelle OSEES. The DATSUNS font le boulot tandis que le SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND a tout bonnement l’étoffe et la carrure d’un all-star-band qui ne réunit que du bon, depuis SHA-LA-LEES jusque PETER PAN SPEEDROCK…

Voilà sans doute le grand paradoxe du Sjock Festival. Musicalement, il aime ce qui gratte, ce qui cogne, ce qui accélère et ce qui refuse de se tenir correctement à table. Humainement, il demeure l’une des concentrations de ravagés les plus accueillantes qui soient. On peut y arriver habillé comme un outlaw, danser comme un possédé, avaler de la poussière pendant trois jours et repartir avec le sentiment d’avoir passé le week-end dans une kermesse. Le Sjock, c’est une kermesse électrique, un barbecue de famille branché sur un mur d’amplis, une cousinade internationale où le port de bottes, de bananes, de crêtes et de tatouages douteux est de circonstances. Un refuge pour tous ceux qui aiment la musique, pas les parcs d’attractions commerciaux qui se font passer pour des festivals. Et ici, avec THE BRONX, c’est encore de l’amerloche qui fout le feu aux planches du Sjock #50 quand ce n’est pas SONS qui nous rappelle quand même que la Flandre joue ici à domicile et qu’il ne faudrait pas la lui faire à l’envers.

Après cinquante éditions, le vieux bougre tient toujours debout. Plus poussiéreux que jamais, bruyant comme une grange remplie de vieux moteurs et fidèle à lui-même. On vient au Sjock pour les guitares mais on y reste parce que le bar est proche et que les prix ne vous donnent pas la gerbe. Et l’on y revient parce qu’au bout de deux ou trois jours parmi la poussière, les gobelets, les enfants, les vieux rockeurs et les bénévoles tout sourire, on finit par comprendre une chose : cette bande de sauvages est une famille. Une famille un peu sourde et fêlée certes, et même limite punk, mais une sacrément belle famille. Punk’s not dead ? Punk’s not dead! Manifestement pas au SJOCK #50 qui demeure l’un de leurs terrains de jeu préférés. Ce ne sont pas The KIDS – qui jouent également à domicile – qui vont nous contredire, pas plus d’ailleurs que The TOY DOLLS plus déjantés que jamais…

Le SJOCK #50 a vécu, et bien vécu. C’est ce que nous vous narrons en texte et en images, entre front & backstage, entre bières et poussière, entre canicule et mosh-pits. Sans conteste notre annuel highlight of the year !

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

The DWARVES + NINE POUND HAMMER @ Sjock Festival #50, Gierle – Lille, 12 juillet 2026

[NDLR : gros bug avec certaines photos qui ont morflé grave en perdant leur haute-définition dans l’aventure Sjock 🙁 On laisse toujours des plumes au Sjock. Autant que de neurones, d’ailleurs. C’est aussi pour ça qu’on y revient…]

En ce dimanche après-midi qui aurait pu être un dimanche à la campagne tout ce qu’il y a de paisible et bucolique, focus sur deux bands parmi bien d’autres qui partagent la Titty Twister Stage. Laquelle scène, nouveauté notable de cette 50ème édition, n’est plus dévolue au rockabilly. Celui-ci est relégué sur la 3ème et petite scène du festival, la Bang Bang Stage. Nouveauté notoire qui donne définitivement au marquee ses lettres de noblesse comme jamais chapiteau n’avait été à la fête, oufti valet.

Un dimanche à la campagne pas comme les autres. NINE POUND HAMMER et The DWARVES, deux bands parmi d’autre en ce jour du Seigneur. Mais même combat. Messe noire pour amplis éventrés qui avaient déjà une sale gueule avant même que le premier accord ne tombe. En-dehors du marquee, c’est canicule. Sous le chapiteau, l’air est encore plus étouffant, lourd et humide, presque solide. Ça sent encore la bière morte d’hier, le cuir mouillé de ce midi, et la sueur froide de ceux qui vont monter au front. Personne n’est ici pour faire dans la dentelle, on est là pour assister à du brutal.

From Kentucky, NINE POUND HAMMER ce sont des habitués du Sjock, avec un Blaine Cartwrigh qui a pour habitude de zoner dans le backstage tout le weekend durant à stroner des bières avec sa femme Ruyter Suys. Mais il a troqué cette année sa co-leadeuse de Nashville Pussy par le batteur du combo, Ben Thomas. Faudra qu’on nous explique un jour cette joint-venture NINE POUND HAMMER – NASHVILLE PUSSY quand il n’y a pas de raison objective de les voir ensemble. Quant à Cartwright, il ne joue pas de la guitare, il la racle – et ça donne à NINE POND HAMMER ce son de moteur grippé qui refuse de mourir.

Scott Luallen, indécrottable aux vocals, semble remonter d’un puits rempli de bourbon, de graviers et de souvenirs pourris. Chaque morceau transporte l’odeur d’un bar fermé à l’aube dans un Kentucky qui n’a rien d’une carte postale. C’est une terre brûlée traversée par des chiens errants et des types qui ne rentrent jamais chez eux mais qui jouent une musique qui trouve exactement l’endroit où ça fait mal. NINE POUND HAMMER creuse, riff après riff, jusqu’à trouer le silence d’un grondement sourd et animal (ça ne veut pas dire grand chose, ça…).

The DWARVES, c’est la même chose en pire. Ou en mieux, c’est selon. Ça cogne. Ça accélère. Ça se contracte. Ça explose. Puis ça laisse parfois suffisamment d’espace pour que tu comprennes que la prochaine déflagration va être encore pire. Le premier morceau explose avant même que le public ne réalise ce qui lui arrive. Un mur du son, une décharge électrique en intraveineuse dans la moelle épinière, des coups tirés dans une pièce sans fenêtres.

Les riffs sont taillés avec précision tandis que la batterie pilonne grave. Au centre, les vocals balancent la sauce avec une tranquillité inquiétante toute en contraste avec le band qui joue vite. The DWARVES, une masse sonore compacte et furieuse, avalée par le même rouleau compresseur. Faut dire aussi qu’outre un lead guitar à la Nugent – on parle d’un jeu de scène et de gimmicks d’un fou furieux – on a quand même Nick Oliveri à la quatre cordes, excusez du peu (Queens of The Stone Age et Kyuss, ça te parle, Gros ?).

Le cow-punk goudronné de NINE POUND HAMMER et la démence de The DWARVES se partagent ainsi la Titty Twister Stage comme on partage un dernier verre avant la fin du monde. Jusqu’au dernier accord. Puis, une fois que l’orage est passé, les oreilles sifflent comme des câbles électriques arrachés. Au-dehors, sur la plaine du Sjock, la vie continue comme si rien ne s’était passé.

Mais nous on sait que quelque chose s’est passé dans le marquee. Quelque chose de sale. Quelque chose de vivant. Quelque chose qui gratte encore derrière les côtes: ce n’est pas le souvenir de deux sets d’anthologie, c’est une cicatrice sonore qu’aucun baume ne viendra soulager. Et c’est ça qui est bon. Si vous en ressortez parfaitement intact, c’est probablement que vous étiez trop loin des caissons.

Now online : SJOCK Festival 2022 (established 1976)

Il aurait tant et tant à dire au sujet du SJOCK, le plus vieux festival toujours en activité du Plat Pays. Il y aurait tant et tant à raconter que, ma foi(e), on va vous le raconter ici-même – et nulle part ailleurs, puisque vous aurez constaté qu’aucun média mainstream ne s’en fait l’écho.

Affiché dans le backstage :STAGE RULES – First rule : respect the time schedule ! If the change over is 30 minutes, be ready to start your show after these 30 minutes. We don’t care if it takes 60 minutes to set up and check out your gear, monitors, sound, backdrop, merchandise stand,… socializing with fans, comb your hair or wig, go to the toilet… These extra 30 minutes will be taken out from you set — your playing time wille be shortened !! Our stage crew can and will stop your show.

Second rule : remember why you are standing on this stage. Play like it’s the last time you’ll ever set a foot on a stage. Kill them all !! Cheers and enjoy you show !

Kill them all ! Il n’y a vraiment qu’au SJOCK qu’on peut lire ces stages rules affichées sur les rampes qui mènent aux scènes. Et vous savez quoi ? Nous, on adooooooore le SJOCK FESTIVAL. Tout simplement parce qu’il est unique en son genre, ou plutôt en ses genres. Now online et au jour le jour dans notre galerie de portraits ! Pure one-shot JPEG, of course. No Photoshop. No Lightroom. No .raw format !

SJOCK Festival – Gierlé, Lille – 09 juillet 2022

Small is Beautiful. SJOCK Festival, 45ème du nom – malgré deux années off pour les raisons qu’on ne nomme plus. Your Rock’n’Roll Highlight of the Year, et encore une fois bon sang ne saurait mentir avec une édition 2022 à la programmation toujours aussi éclectique dans une niche cependant toujours aussi étroite: du rock’n’roll au punk-rock et au rockabily en passant par le garage-rock et… le ska avec la présence cette année de Madness. Que de stars mondiales ont foulé les modestes planches de ce festival intimiste et familial malgré la qualité de l’affiche – 15.000 personnes seulement ont foulé le terrain de Gierlé alors que l’affiche annonce trois jours durant des pointures telles que PHIL CAMPBELL & His Bastard Sons (qui s’est produit bien des fois ces derniers jours devant des dizaines et des dizaines de milliers de spectateurs). Et que dire de l’Euro Incontinence Tour 2022 (?!) du trio australien COSMIC PSYCHOS qui a traversé la moitié du globle pour une tournée européenne de 4 dates seulement, ramenée finalement à 2 seuls shows et dès lors devenue l’Euro Drinking Tour 2022. Et ça ne s’invente pas – c’est ça le SJOCK Festival.

Perdus au cœur de l’Europe sur une modeste scène d’un tout aussi modeste festival, le trio assurera pourtant dans quelques jours pas moins que la première partie de GUNS & ROSES et de sa tournée 2022 des stades autraliens ! Tout ça et rien que ça au Sjock, Messieurs-Dames, illustre festival inconnu des médias mainstream et tout autant d’un public du même nom qui se complait au même moment aux Ardentes ou au Baudet’stival dans la variété, dans la musique urbaine, le rap et le hip-hop. Tandis que les connoisseurs attendent évidemment avec impatience le barnum des Rolling Stones au stade Roi Baudouin le lendemain – arme de distraction massive d’une affligeante vacuité.

Mais revenons-en à l’essentiel, et à ce Sjock Festival 2022 et 45ème du nom qui nous gratifie à nouveau de valeurs sûres (George THOROGOOD, Madness, Social Distorsion, Agnostic Front, PETER PAN SPEEDROCK,…) mais également de rafraichissantes découvertes dont les Australiens de COSMIC PSYCHOS ne sont donc pas les moindres, que du contraire ! Le combo est de ceux qui, sur la platine, ne sont pas particulièrement d’un immense intérêt mais qui t’explosent à la gu… quand ils déboulent sur scène, quant ils tentent de contenir et de canaliser toute leur pleine démesure et toute leur démente boulimie scénique. Pas nés de la dernière pluie et de surcroit à l’autre bout de la planète, COSMIC PSYCHOS représente néanmoins une influence majeure de l’éclosion de la scène grunge de Seattle durant les eighties et une référence que Pearl Jam themselves revendiquent, oui Môsieur. Et tout ça au SJOCK, oui Mèdême.

Leur Euro Incontinence Tour 2022 rebaptisé donc par la force des choses Euro Drinking Tour 2022, on comprend vite pourquoi. Dès la 1ère note crachée par l’Ampeg en soundcheck, le ton est donné: la basse en déliquescence et artisanalement enrubannée de scotch est à l’image de son propriétaire et affichent tous deux un nombre incalculable d’heures de vol marquées par les stigmates d’un punk-garage-rock sans compromission aucune. Si ce n’est pas peu dire, ce n’est encore que de la roupille de sansonnet à côté de la dégaine du préposé à la six cordes. Si Ross KNIGHT à la basse, en bleu de travail et la casquette vissée sur le crâne, a la dégaine d’un garagiste sorti par erreur du fin fond de son atelier enterré dans le MiddleWest, John Mc KEERING à la gratte affiche quant à lui le look d’un de ces bushmen descendant de son tracto-pelle au beau milieu de la fournaise du bush australien.

Avec sa tronche d’une authenticité toute rugueuse, la sèche roulée et à moitié éteinte collée au bec, le jeans poisseux laissant entrevoir une raie du c… du même acabit, son marcel taché, dégueux et troué sur le bide doit lui coller à la peau depuis avant la pandémie et peine à cacher une panse de beer-drinker invétéré – Euro Drinking Tour, et ce n’est pas les Maes qui manquent on stage. Ah! qu’ils sont hilares nos trois zigotos, comme s’ils se marraient à l’avance de la bonne blague qu’ils nous préparent. Hilares comme trois sales gosses qui préparent un mauvais coup tout en se remémorant le dernier en date. Hilares comme des bienheureux, nos trois lascars, comme trois innocents perdus on ne sait trop où et qui sont les premiers à en rire à gorge et panse déployées ! Mais ne jamais se fier aux apparences, jamais : nous avons affaire à de véritables tueurs, des killers sans nom et dont le troisième larron aux drums n’est pas non plus là pour faire de la figuration. Ils ont un contrat, et des tueurs dignes du nom remplissent toujours leur contrat.

A coup sûr, ce power trio sans équivalent dans l’hémisphère nord va littéralement tuer et mettre en pièce GUNS & ROSES dans les stades de Melbourne, d’Adelaïde, de Sydney et d’ailleurs encore là-bas DownUnder. Ici dans le jardinet de Gierlé, c’est le Massacre de la Saint-Valentin : sans en avoir l’air, dans une décontraction qui frise l’indifférence et la nonchalance, ces trois invétérés bourrus beer-drinkers livrent le set de la mort qui tue, ce genre de set qu’on ne peut narrer mais qu’on ne peut que vivre, subir, survivre, encaisser, prendre en plein poire. Quel set, madre de dios ! Nous sommes stage right lorsqu’en guise d’au-revoir et d’ultime salut ou de pied-de-nez, ces indécrottable et imprésentables Aussies exhibent à la foule leur postérieur – assurément notre highlight of the year. Total respect, les gars : des comme vous, on n’en fait plus et l’on n’en croise plus que très, très rarement.

On te dit pouvoir revoir en 2023 un et un seul groupe déjà vu sur scène cette année, lequel choisis-tu ? COSMIC PSYCHOS pardi, quelle question !? Faut vraiment ne jamais les avoir vus pour poser de telles idioties. Et dire que les Stones se produisent après-demain au Stade Roi Baudouin – s’ils savaient au moins qu’ils ont encore tout à apprendre, ces pauvres Anglais vintage et aussi ringards qu’inoffensifs.

PETER PAN SPEEDROCK a entamé sa tournée d’adieu(x) en 2016. Nous sommes à l’été 2022 et la mention « Resurrection » est maintenant apparue sous la bannière du band en fond de scène. Resurrection ou prolongation, allez savoir. Cette mention ne change en définitive rien à rien et le power trio est plus speed que jamais, plus rock que jamais, plus killer que jamais. Et que penser de ce guest qui fait son apparition ponctuellement aux lead-vocals et dont la panse, démesurée et tatouée, ramènerait les COSMIC PSYCHOS à de simples apprentis beer-drinkers à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession.

Les Australiens s’étaient contenté d’exhiber leur postérieur en guise d’au-revoir ; notre quatrième larron batave nous gratifiera quant à lui d’un nude intégral on stage et se voit décerner sans nulle doute aucun le titre de 8ème horreur du monde. Sjock Festival – your rock’n’roll highlight of the year qu’ils disaient : comme quoi la publicité n’est pas toujours mensongère…

Les petits jeunes de GRADE 2 remplacent bien mièvrement au pied-levé PHIL CAMPBELL & His Bastard Sons ayant déclaré forfait à J-1 pour cause de covid au sein du band : la déception de cette 45ème édition, assurément et sans conteste. La prestation des Anglais nous avaient particulièrement séduit il y a quelques jours sur la mainstage du Hellfest devant 65.000 personnes, et l’exceptionnelle chance de les revoir dans ce backyard intimiste aurait probablement été notre r’n’r highlight of the year. Soit, puisqu’il en est ainsi.

Les TEENAGE BOTTLENECK ne cassent pas non plus trois pattes à un canard avec leur punk-rock au cachet bien new-yorkais mais dont le manque de variété, de consistance et de rugosité lasse bien vite après quelques accords. Ne sont pas The RAMONES qui veut, et l’habit ne fait pas plus le moine que la mousse ne fait la trappiste.

George THOROGOOD & his Destroyers met tout le monde d’accord fin de soirée dans le jardin de Gierlé – hormis peut-être le stage-manager ainsi que son crew local prié tout comme nous de faire place nette dès la fin du sound-check et de laisser le champ libre dans tout le backstage au crew US dont est entouré le George. THOROGOOD débute ici-même sa tournée européenne, et l’on peut supposer que son set au Sjock consiste probablement en un échauffement grandeur nature devant une audience somme toute modeste. La générale, quoi.

Tout juste arrivé des States via Gatwick puis par la route dans trois monstrueux bus hors-normes après 24 heures de voyage, THOROGOOD et sa clique nous réserve un set parfait même si sans grande surprise: que du classique, que des standards servis par une sono tout aussi optimale et entouré d’un band qui assure sagement à ses côtés. Le George n’a rien perdu de son sens du show, de sa prestance et de sa présence on stage : du haut de ses 72 berges, on ne la lui fait plus – y compris le retour sur scène en peignoir pour saluer une dernière fois ce qu’il reste de la foule en train de se disperser alors même que les dernières notes de son set se sont depuis longtemps évaporées dans la nuit noire et fraîche de la sablonneuse Campine.

It’s Saturday, Belgium, Sjock Festival ! avaient été ses premières paroles en arrivant sur scène. Il a encore une bonne vue, le George, en lisant ainsi la feuille scotchée on stage au pied de son micro sur laquelle figuraient les 4 seuls mots suivants: Saturday – Belgium – Shock (sic) Festival. Sait-on jamais que THOROGOOD s’imaginait être dimanche, en France, au festival de chants marins à Douarnenez. Et sans doute la mention « Shock Festival » devait-elle prêter à moins à erreur de prononciation que Sjock Festival, dira-t-on…

Peu auparavant, NINE POUND HAMMER joue les habitués sur la mainstage du Sjock, avec cette fois Ruyter Suys (pronounced « Rider Sighs ») qui accompagne son cher et tendre. Elle restera planquée derrière son Marshall tout le concert durant à lui tirer le portrait (ou plutôt le postérieur), jusqu’au moment où l’imprévu et l’improbable se produisent.

Le Blaine Cartwright s’écroule lourdement sur scène en toute fin de set alors qu’il avait délaissé sa gratte pour les lead vocals sur un morceau particulièrement… euh… comment dire donc… ? Coup de chaleur, coup de bambou, le corps avait-il trop donné, l’organisme avait-il puisé dans ses dernières réserves (et on peut l’attester, Docteur) ? Toujours est-il que le bruit de son corps qui s’effondre sur les planches tout juste à côté de nous couvre les décibels que crache la sono, et l’onde de choc de son crâne heurtant la scène surpasse ceux que crache son Marshall.

Sa tendre Ruyter bondit en une fraction de seconde pour porter secours à s’n homme: ce final n’était manifestement pas prévu, mais tout est bien qui finit bien – et Cartwright récupèrera même sa paire de pompes balancées quelques instant plus tôt dans le public. NINE POUND HAMMER, le Kentucky sans doute dans tout ce qu’il a de plus rural, de plus authentique et de plus profond, hormis peut-être une partie du matos estampillée NASHVILLE PUSSY – mais c’est finalement du pareil au même.

Et à toi, n te dirait que tu n’as droit l’année prochaine qu’à un seul festival, lequel choisirais-tu hein ? Faut vraiment ne jamais avoir été au Sjock pour poser des questions aussi stupides…

Now online : NINE POUND HAMMER @ SJOCK Festival 2018

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NINE POUND HAMMER @ Sjock Festival 2018

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Avec leur rural bluegrass cowpunk sentant bon le crottin du fin fond du Kentucky, NINE POUND HAMMER parle aux gens de la terre, des problèmes des gens de la terre, avec les mots des gens de la terre – comme des alcooliques au coin du bar dans le plus pouilleux saloon du recoin le plus perdu. Leur set est à l’image de leur musique, et leur musique à l’image de leur terroir: sans fioriture ni faux-semblant.

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On ne prend pas de gant pour parler de tout ça ma p’tite dame, et pour envoyer la sauce inutile de faire usage des bonnes manières qu’on n’a d’ailleurs jamais apprises. NINE POUND HAMMER, c’est de l’authentique, c’est du brut de décoffrage. C’est du full-terroir. Et dans ce terroir, on ne fait pas dans la dentelle: la dentelle, on s’en sert pour éponger la sueur quand on a fini de besogner Madame ou de traire Margueritte. Quand ce n’est pas la même…

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En festival, l’habit fait toujours le moine: à contempler les Marshall et le matos qu’on installe sur scène, on sait que ça va être du lourd. Et c’est à ce moment qu’on réalise comme un c… que Blaine Cartwright est à la lead guitar. Nous l’avions croisé un peu plus tôt lors de son arrivée backstage, et à notre stupide question toute spontanée "What the f**k are you doing here ?! ", il avait eu l’élégance de nous répondre par un radical "… I am playing !! " au lieu de nous envoyer sur les roses.

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On ne nous dit rien, on nous cache tout ! Nous étions en effet à mille lieues de savoir qu’il avait plus d’une corde à son arc (et à sa guitare), le Cartwright: ce n’est de fait qu’à l’occasion d’un court split de NINE POUND HAMMER fin du millénaire dernier, nous apprend-il, qu’il a fondé NASHVILLE PUSSY. C’est là qu’on se rend compte qu’on aurait mieux fait de la fermer un peu plus tôt pour éviter un peu plus tard d’avoir la furieuse envie de rentrer sous terre…

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Comme si tous les Ricains présents au festival s’étaient donné le mot, NINE POUND HAMMER clôturent eux aussi leur tournée européenne au SJOCK avant de rejoindre outre-Atlantique Marguerite dans ses pâturages (ou Madame, c’est selon…). Et Cartwright de continuer cet été sa route avec NASHVILLE PUSSY le temps de quelques dates bien juteuses…

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