Now online : SJOCK #50 – Gierle-Lille, 10-12 juillet 2026

Maintenant en ligne, et avec beaucoup, beaucoup de retard, notre festival préféré qui souffle ses 50 bougies en 2026 – Your R’n’R Highlight Of The Year more then ever ! Il y a les festivals mammouths où l’on marche vingt minutes entre deux scènes, où l’on fait la file pour pisser, la file pour boire, la file pour manger et, si l’on a encore un peu de courage, la file pour apercevoir de très loin un écran géant diffusant vaguement ce qui se passe sur scène. Et puis il y a le SJOCK, la cambrousse, la sueur et la grande famille du real rock’n’roll. Le Sjock, un vieux diable installé sur les terres poussiéreuses au milieu de la campagne flamande. Un festival de cul-terreux qui vient de souffler ses cinquante bougies sans enfiler de costume trois pièces, sans vendre son âme à une marque de boisson énergétique et sans se transformer en gigantesque centre commercial avec guitare décorative. Ce coin ordinairement paisible de la Campine a de nouveau été envahi par une tribu hétéroclite de rockeurs burinés, de jeunes convertis, de familles tatouées, de chemises western, de perfectos élimés, de gamins coiffés d’un casque antibruit et de vétérans capables de raconter les éditions passées avec la précision d’un ancien combattant. Le tout sous un soleil de plomb, dans la poussière, et avec cette sensation délicieuse d’avoir échoué dans un western où le saloon aurait été remplacé par un alignement de bars. Car au Sjock Festival, on ne traverse pas trois provinces pour passer d’une scène à l’autre. Elles sont presque voisines, comme les maisons d’un petit hameau où chacun saurait exactement chez qui aller lorsque la fête commence. Quelques pas se suffisent pour quitter un concert, choper quelque chose à boire et se retrouver devant une autre scène sans avoir besoin d’une carte topographique, d’une gourde de rando ou d’une appli te pointant l’itinéraire le moins pénible. Pas de longues marches absurdes, pas de troupeaux hagards transportés d’un bout à l’autre d’un site – le festival est compact et à taille humaine. Quelle aventure, quelles aventures encore mes amis, depuis la bouillie sonore de COSMIC PSYCHOS qu’il faudrait inventer s’ils n’existaient pas jusqu’à la maturité toute british de COCK SPARRER en passant par l’élégance et la classe d’un Jon SPENCER et la fougue de The DWARVES…

On vient avec un programme et on finit par suivre les hurlements d’une guitare ou la promesse d’une pils bien fraîche. Même complet, le site conserve une ambiance respirable, sans entassement ni de files aux comptoirs. On peut bouger, boire et profiter des concerts sans passer la moitié de sa journée à contempler la nuque du mec devant soi. Et le bar, justement, n’est pas une épreuve initiatique. Au Sjock, on ne doit pas choisir entre manquer la moitié d’un concert et mourir déshydraté. Les bénévoles font tourner la boutique avec cette efficacité tranquille des gens de la campagne qui savent ce qu’ils font et qui n’ont pas besoin de consultants pour te servir une chope. Pas de système incompréhensible, pas de demi-heure perdue à regarder un écran clignoter. On commande, on paie, on picole et on retourne faire du bruit. Miracle supplémentaire, les prix restent démocratiques et on ne ressort pas avec l’impression d’avoir financé la prochaine édition à soi tout seul dans un paysage festivalier où boire et manger peut parfois ressembler à une prise d’otage bancaire. Ici, la fête n’est pas réservée à ceux qui ont vendu un rein avant d’entrer. Cette simplicité n’a rien d’un hasard. Le Sjock a démarré il y a plus de 50 ans par une fête de village, qui a grandi sans perdre ses mauvaises habitudes ni son accent local ni son goût des guitares qui râpent. Le décor reste rural. De l’herbe, de la terre, du sable (on est en Campine) de la poussière – la chaleur a transformé le terrain en plaine désséchée – des arbres, trois scène, un chapiteau et la campagne autour. On cherche l’ombre sous les arbres et les toiles, on s’hydrate, puis on replonge dans la mêlée. Même si Joan JETT se la joue big star en oubliant qu’elle n’est pas sur la main stage d’un méga-festival mais ici en famille, tandis que les filles de L7 ne devinent pas encore que leur bassiste historique et iconique va rendre l’âme dans quelques jours, ce à quoi ne sont pas prêts nos Kentucky Men préférés: NINE POUND HAMMER.

Ici, le cuir n’empêche pas la tendresse. Les anciens transmettent les codes aux nouveaux, les parents montrent le chemin aux enfants et les enfants rappellent aux adultes qu’on peut encore danser avec un sérieux absolument ridicule. Ce brassage fait du Sjock une immense réunion de famille, mais une réunion où personne ne demande des nouvelles de ton job et où l’on ne t’oblige pas à embrasser un vieux cousin éloigné. La présence des enfants n’a d’ailleurs rien d’anecdotique: l’entrée est gratuite jusqu’à 14 ans lorsqu’ils sont accompagnés d’un adulte pour transmettre aux plus jeunes le goût du rock’n’roll. Quelques mètres plus loin, des vétérans arborent des tee-shirts dont le tissu est plus ancien que certains musicos. Entre les deux, plusieurs générations se côtoient sans discours forcé sur la transmission. Les bénévoles sont le ciment de ce capharnaüm parfaitement organisé et ne donnent pas l’impression d’avoir été parachutés la veille dans un événement qui les dépasse. Ils connaissent le festival, son rythme et son public. Certains reviennent précisément pour cette atmosphère unique et cette dimension restée volontairement modeste. Leur efficacité souriante empêche la fête de se transformer en usine et rappelle que, derrière chaque comptoir, chaque entrée et chaque scène, il y a des gens qui tiennent sincèrement à cette foutue fête de village. Op sjock gaan, op sjock gaan… (traduction: partir en ribote: tout est dit). Et à propos de ribote, une de nos claques et révélations de cette 50ème édition est inclassable et s’appelle OSEES. The DATSUNS font le boulot tandis que le SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND a tout bonnement l’étoffe et la carrure d’un all-star-band qui ne réunit que du bon, depuis SHA-LA-LEES jusque PETER PAN SPEEDROCK…

Voilà sans doute le grand paradoxe du Sjock Festival. Musicalement, il aime ce qui gratte, ce qui cogne, ce qui accélère et ce qui refuse de se tenir correctement à table. Humainement, il demeure l’une des concentrations de ravagés les plus accueillantes qui soient. On peut y arriver habillé comme un outlaw, danser comme un possédé, avaler de la poussière pendant trois jours et repartir avec le sentiment d’avoir passé le week-end dans une kermesse. Le Sjock, c’est une kermesse électrique, un barbecue de famille branché sur un mur d’amplis, une cousinade internationale où le port de bottes, de bananes, de crêtes et de tatouages douteux est de circonstances. Un refuge pour tous ceux qui aiment la musique, pas les parcs d’attractions commerciaux qui se font passer pour des festivals. Et ici, avec THE BRONX, c’est encore de l’amerloche qui fout le feu aux planches du Sjock #50 quand ce n’est pas SONS qui nous rappelle quand même que la Flandre joue ici à domicile et qu’il ne faudrait pas la lui faire à l’envers.

Après cinquante éditions, le vieux bougre tient toujours debout. Plus poussiéreux que jamais, bruyant comme une grange remplie de vieux moteurs et fidèle à lui-même. On vient au Sjock pour les guitares mais on y reste parce que le bar est proche et que les prix ne vous donnent pas la gerbe. Et l’on y revient parce qu’au bout de deux ou trois jours parmi la poussière, les gobelets, les enfants, les vieux rockeurs et les bénévoles tout sourire, on finit par comprendre une chose : cette bande de sauvages est une famille. Une famille un peu sourde et fêlée certes, et même limite punk, mais une sacrément belle famille. Punk’s not dead ? Punk’s not dead! Manifestement pas au SJOCK #50 qui demeure l’un de leurs terrains de jeu préférés. Ce ne sont pas The KIDS – qui jouent également à domicile – qui vont nous contredire, pas plus d’ailleurs que The TOY DOLLS plus déjantés que jamais…

Le SJOCK #50 a vécu, et bien vécu. C’est ce que nous vous narrons en texte et en images, entre front & backstage, entre bières et poussière, entre canicule et mosh-pits. Sans conteste notre annuel highlight of the year !

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

L7 @ Sjock Festival, Gierle-Lille, 12 juillet 2026

Dimanche soir, c’est soirée gonzesses. Ou plutôt MILF. Joan JETT bouclera le festival sur la mainstage mais avant la révérende, un dernier coup dans la porte. Quarante ans après avoir commencé à foutre le feu aux conventions du rock californien, L7 refuse toujours de rentrer sagement au garage. En 2026, le groupe n’a plus besoin de prouver qu’il a participé à l’explosion du punk alternatif et du grunge. Il lui suffit de monter sur scène, d’enclencher les amplis et de laisser les guitares passer le public au papier de verre avec des frappes courtes et massives, sans graisse et presque sans respiration avant que quiconque ait le temps de reprendre son souffle.

Les filles ne cherchent pas à amadouer le public mais au contraire à lui administrer une décharge parfaitement réglée. Aucun cérémonial inutile. Le groupe attaque et piétine les politesses de A à Z avec, entre les deux, une set list en blocs de béton armé. Pas de longue dissertation, pas de solos interminables pour camionneurs mélancoliques. Les chansons entrent, cognent et disparaissent en laissant derrière des amplis éreintés. Vidés, les amplis, comme Axel Bauer après trente-cinq jours de galère et deux nuits pour se (les) vider. Si ce n’est qu’ici, on n’a pas deux nuits et on ne change pas de port.

Les filles débarquent au Sjock pour leur unique date européenne de l’année. Le contexte est idéalement malsain : 50ème anniversaire d’un festival bâti autour du garage, du punk et du rock’n’roll sans vernis dans la même fournaise dominicale. Le genre de réunion de famille où l’on ne sort pas le service en porcelaine mais les bouchons d’oreilles. La setlist est un massacre pour achever les survivants d’un déjà long weekend: 14 morceaux puisés dans plusieurs époques du groupe mais sans transformer le spectacle en visite guidée d’un musée des années 1990.

Sur scène, la mécanique reste rudimentaire dans le meilleur sens du terme. La batterie frappe comme pas deux, les guitares de ne cherchent pas la propreté clinique: elles grincent, bavent et lacèrent. Les refrains sont recrachés à la figure du public avec ce mélange de sarcasme, de colère et d’humour noir qui a toujours distingué L7 des formations venues ensuite vendre une version plastifiée de la rébellion.

Mais au Sjock, une absence change silencieusement la nature du concert. Jennifer Finch, bassiste historique, n’est pas là. Dès le 31 mai, le groupe avait annoncé qu’un problème de santé nécessitant un traitement prolongé l’empêcherait de participer aux concerts estivaux. Elle est remplacée à la basse par la japonaise Tsuzumi Okai (ou plutôt Tsunami Okai faudrait-il dire), ex-Limp Bizkit en 2018. Sur le moment, l’explication publique reste volontairement discrète. Le diagnostic précis n’est révélé que le lendemain du Sjock, le 13 juillet: Jennifer Finch souffre d’une forme agressive de cancer du cerveau, avec de lourdes complications après plusieurs opérations. Malgré sa maladie, elle demande à ses camarades de poursuivre la tournée d’adieu sans elle. Cinq jours plus tard, le 18 juillet 2026, elle meurt à l’âge de 59 ans. Nous sommes à mille lieux d’en douter en ce 12 juillet au Sjock…

Cette disparition jette rétrospectivement un voile noir sur la prestation de L7 en ce Sjock pourtant si festif et kermesse flamande. Ce qui pouvait apparaître comme un simple remplacement temporaire devient le passage brutal d’une époque à une autre. Finch avait rejoint L7 en 1986 et participé aux années les plus incendiaires du groupe, avant de partir en 1996 puis de revenir lors de la reformation. Bassiste, compositrice, photographe et archiviste instinctive de la scène punk de Los Angeles, elle n’était pas seulement celle qui épaississait le mur sonore. Elle en était l’une des poutres porteuses, avec sa basse portée très bas, son énergie bondissante et une présence qui donnait l’impression que chaque concert pouvait finir en collision. Nous en étions encore le témoin privilégié il y a tout juste 10 ans lors de l’édition 2016 du Cabaret Vert.

Il faut donc entendre les concerts de L7 en 2026 pour ce qu’ils sont réellement : non pas une tournée nostalgique de plus, mais une machine lancée à pleine vitesse alors même que le moteur commence à perdre des pièces. Sur scène, le groupe continue pourtant de jouer sans anesthésie. Les vieux morceaux ne sentent pas la naphtaline. Ils mordent encore. Les titres récents n’essaient pas de rajeunir artificiellement la formule. Ils prolongent la même sale humeur, le même refus de plier et la même envie d’expédier les bonnes manières dans la benne à ferraille.

Le groupe a frappé fort au Sjock devant un public qui savait assister à une rareté. Mais derrière les guitares concassées et les refrains crachés collectivement, une autre histoire se jouait déjà. Celle d’un groupe continuant à faire du bruit parce que le silence, cette fois, devenait insupportable. Le cuir est usé, les amplis ont pris des coups et personne ne fait semblant d’avoir encore vingt-cinq ans. Mais tant que L7 peut brancher une guitare, lever un majeur et envoyer Shitlist comme une bouteille incendiaire dans la nuit, le groupe demeure plus vivant et plus dangereux que la plupart des jeunes formations soigneusement calibrées pour les algorithmes. En 2026, L7 ne revient pas réclamer une médaille. Il vient une dernière fois défoncer la porte. Et, quelque part derrière chaque ligne de basse, l’ombre électrique de Jennifer Finch continue de courir pieds nus sur la scène.

Festival CABARET VERT avec WOLFMOTHER, MASTODON, L7, Louise Attaque,… @ Charleville Mézières, 26 août 2016

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Où – ailleurs qu’au Cabaret Vert bien entendu – pourrait-on apprécier le même jour sur la même scène MASTODON qui ouvre les hostilités dès 16h15 et Louise Attaque qui les prolonge en soirée – sans parler de Nekfeu qui clôture les festivités?! Nulle part ailleurs…

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Le thermomètre affiche très exactement 35° à l’ombre lorsque nous arrivons sur les lieux – presqu’un record pour la saison, ce qui n’empêchera nullement MASTODON, en plein soleil, de rentrer dans le lard de la grande scène.

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La chaleur qui écrase le Square Bayard ralentit simplement les mouvements mais en rien le tempo de leur sludge ravageur. Une heure d’efforts sous un soleil de plomb déshydrate les corps et échauffe les esprits tant sur scène que dans l’herbe: les boss nord-américains remercieront d’ailleurs chaudement un public qu’ils qualifient de best audience qu’ils n’aient jamais eue en ouverture de festival. Normal, quand on donne tout, on reçoit tout…

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Si MASTODON fait parler la poudre, le quatuor donne néanmoins davantage l’impression de cohabiter et de partager la scène plutôt que de l’investir comme un seul homme. La chaleur étouffante n’est pas propice aux performances hors normes (ni aux attouchements ou accolades, si ce n’est sur l’herbe…), et sans doute faut-il trouver là une probable explication à ce constat bien vite oublié de par la phénoménale puissance de feu du band.

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Le fer de lance du New Wave of American Heavy Metal mérite bien mieux que cette plage horaire, ingrate, de début de journée – mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. MASTODON, alors, est glorieux. Jubilatoirement glorieux – gloria in excelsis deo.

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Cela faisait des plombes que nous attendions de prendre en pleine tronche la claque WOLFMOTHER, et le trio nous en a effectivement mise une solide dans les gencives. Sa puissance lourde et stoner en droite ligne des 70’s, envolées psychées comprises, tient toutes ses promesses avec autant de charisme au cm² que de décibels aux cm³: ça situe…?!

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Les australopithèques nous balancent un pur r’n’r show, costaud et authentique, qui nous renvoie dans les cordes d’un grand ring époque seventies. Andrew STOKCDALE et ses deux comparses semblent en effet tout droit sortis d’une machine à remonter le temps, mettant au goût et aux sonorités du jour des compos qui auraient – comme qui dirait – traversé les décennies, décongelées aujourd’hui à la sauce Hibernatus. Orgasmique, punt aan de lijn.

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WOLFMOTHER, c’est danse avec les loups – mais plutôt version loups garous. Ses relents de Grand Funk Railroad nous en mettent une sérieuse dans les camouilles. Ô extase divine, c’est splendeur et splendosité comme un oiseau tissé en fil de paradis. Comme un nectar argenté coulant dans une cabine spatiale, et la pesanteur devenue une simple plaisanterie…

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WOLFMOTHER a le look des seventies, WOLFMOTHER a le goût des 70’s, WOLFMOTHER a la saveur des années septante, WOLFMOTHER c’est back to the future de chez les kangourous, croisement improbable de Black Box Revelation et de Marty McFly. Un régal. Une purge. Un lavement et un trépanage à la fois… Merci docteur.

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Qu’apprécie-t-on le plus au Cabaret Vert: sa carte des bières (… 21 !) et de mets liquides et solides semi-artisanaux plus délicieux les uns que les autres, ou l’affiche de ces 4 jours multi-culturels à quasi 100.000 personnes ?! A nouveau, l’éco-festival des Ardennes frappe fort et bien (et bien fort). Le Cabaret Vert, c’est surtout une belle réussite territoriale et un éco-projet multi-culturel, reflet de toute une région et de la dynamique de ses habitants-acteurs dans un grand élan sociétal de mixité sociale et de mélange des disciplines: BD, arts de rue, débats, cinéma, théâtre forain, gastronomie, éco-développement, etc.

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Le Cabaret Vert a l’accent aussi associatif qu’humain et présente de solides penchants aussi festifs que gustatifs. C’est un ovni dans le paysage des festivals de l’été. Economie durable et locale côtoient rock’n’roll et techno, mais aussi solidarité(s) en tous genres et rencontres alternatives et créatives. C’est pour cela qu’on y revient au Wild Wild Fest : son esprit sauvage et indomptable continue d’écrire son histoire, sans renier ses valeurs. 94.000 festivaliers l’ont encore bien compris cette année…

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L’an dernier, les riot grrrl de L7 ont fait leur grand comeback après quinze ans d’absence. Le Hellfest s’en rappelle encore et c’est maintenant au tour du Cabaret Vert d’être secoué par les riffs du quatuor. L’Angleterre a Girlschool, les Etats-Unis ont L7 ! Les grunge ladies ne sont plus de première fraîcheur, mais sont également loin d’être périmées: la date de péremption ne semble d’ailleurs même pas être pour demain non plus.

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Pur produit féminin de la grunge generation, aussi dingo sur scène qu’enragées et engagées, les quatre de L7 c’est du pur rock sans compromission et sans fard. L7, c’est comme des jambonneaux dont on aurait ôté le filet pour ne garder que la couenne; c’est bien gras mais relevé à la fois, et finalement très fin même si elle ne font pas dans la dentelle. Ce serait d’ailleurs plutôt corset et cuir…

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L7, c’est un peu comme si Kurt Cobain s’était réincarné en pin-up défraîchie. Ca balance ferme et ça secoue grave, avec une saveur surannée fin eighties. A l’époque, Nirvana explosait; L7 également. A la différence près que L7, c’est un peu comme le big bang: il est vieux comme le monde, mais on peut encore l’entendre.

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Chapeau bas, les filles: le culot se les dispute au panache, et la cellulite à la peau de pêche. Et quelle pêche, L7 !

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