Now online : Alice COOPER, Judas PRIEST, Tom MORELLO, Ayron JONES – 23 juin 2024 @ Heavy Weekend Nancy

Le COOP’ a encore frappé fort. C’en devient une habitude même si on ne s’y habitue pas. On s’y fait, mais on ne s’y habitue pas. Vincent FURNIER, fidèle à sa légende, a martyrisé ses poupées et nos ouïes, a exhibé guillotine et hémoglobine, et a fait prendre l’air à son vers de terre qu’on dénommerait aisément Devastator. La bête enlace et glisse le long du corps, ondule dans les airs, s’enroule autour d’un bras, siffle et s’expose aux yeux écarquillés des spectateurs: le COOP’ toise l’assistance fascinée. Effet garanti. Depuis 1971…!

Auparavant, Tom MORELLO et – en clôture de soirée – JUDAS PRIEST ne se sont pas contentés des miettes : c’était au contraire du gras et du consistant qu’ils nous ont servis en hors d’oeuvre et en dessert. Now online et toujours dans notre GALERY Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester. A.I. sucks !

JUDAS PRIEST – ALICE COOPER – Tom MORELLO – Ayron JONES @ Heavy Weekend Nancy, 23 juin 2024

Le site est vaste, fonctionnel et surtout surchauffé en cette fin d’après-midi. Gerard Drouot Production a visé juste. Le soleil tape dur – une fois n’est pas coutume – sur une surface totalement macadamisée qui garnit l’amphithéâtre à moitié rempli, s’il faut en croire la presse qui parle d’une assistance largement sous-estimée de 10.000 personnes. En ce 3ème et dernier jour de Heavy Week-End, quatre groupes garnissent l’affiche dominicale. Ayron JONES se charge de l’entame avec un set groovy comme on le connait, remplissant la tâche ingrate de tenter de secouer et de dynamiser un public quelque peu amorphe, ou plutôt toujours en train de s’installer et de garnir peu à peu l’amphithéâtre open-air.

Si Ayron JONES est servi par une remarquable sonorisation, celle-ci atteint qualitativement son apogée lors du set du légendaire – on peut le dire – Tom MORELLO. Et le public d’enfin se lâcher lors d’un medley de Rage Against the Machine que tout le monde attendait, un moment explosif entre la fureur du rap, la puissance du métal et la pulsation du funk qui sonnait à l’époque comme une rencontre du 3ème type entre Led Zeppelin et le hip-hop de Public Enemy. Et que dire, que penser de son vibrant hommage rendu à Audioslave et à Chris Cornell surtout (la personne la plus charmante jamais rencontrée) honorée par son portrait XXL tandis qu’un Like a Stone sonne de manière assez réussie faut-il l’avouer.

La mention d’un explicite (et peu surprenant) Cease Fire arbore la caisse du Che Guevara de la guitare, de laquelle sortent des sons qu’avant lui on n’avait jamais entendus à la fin des eighties. Des sons, plus que des notes de guitare, étonnamment proches des scratches que produisaient à l’époque les DJ manipulant leurs platines vinyle. Et que dire de ces sons que sort MORELLO en jouant du jack de sa guitare dans la paume de sa main ! Avec un tonitruant Kick out the Jam, Tom Ernesto MORELLO rend également un hommage appuyé au MC5 du récent disparu et regretté Wayne KRAMER (qui sera probablement porté au pinacle cet automne en intégrant le Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland dans la catégorie Musical Excellence AwardMC5 est nominé). Ou quand deux militants de gauche (radicale ?) portent le même combat du bout de leurs six-cordes…

L’admiration sans bornes que MORELLO confie sur scène pour ALICE COOPER et pour JUDAS PRIEST n’est manifestement pas feinte, à le voir se trémousser backstage durant ces deux performances. Le set de MORELLO respecte l’horaire imposé (soit un peu moins d’une heure) alors qu’enchaîne ALICE pour 90 minutes d’un show sans surprise mais sans déception aucune non plus: ALICE reste fidèle à COOPER, le COOP’ de 2024 restant digne du COOP’ des seventies et des eighties – puis des nineties et du XXIème siècle – maltraitant vicieusement sa poupée mais en épargnant cette fois son nouveau-né qu’il n’exhibera donc pas de la pointe de son épée.

Pour le plaisir des yeux – mais pas uniquement – Nita STRAUSS est de retour aux côtés de notre fringant septuagénaire, après son départ du line-up auquel nous avions assisté à l’occasion de sa dernière prestation aux côtés du COOP’ au Hellfest 2022. Ce soir à nouveau, l’Hollywood Vampires ALICE COOPER dorénavant intemporel (voire éternel ?) nous délivre un véritable best of de sa désormais longue carrière, balayant 5 décennies de géniales compositions et de scénographies décalées, osant même un Another brick in the Wall qui s’enchaine à School’s Out. Rien de fondamentalement neuf sous le soleil pour ce qui n’est finalement que notre 13ème ALICE COOPER, avec l’intemporelle et délicieuse sensation que ce n’est que le premier…

Les potentielles 20.000 places de l’open air du Zénith se dégarnissent quelque peu le moment venu pour JUDAS PRIEST de partir à l’attaque d’une prestation sans faille de 90 minutes également. A l’heure précise, l’immense banderole qui masque partiellement la scène s’évapore dans les airs en une fraction de seconde, aspirée telle un spaghetti géant par le siphon buccal d’un invisible monstre planqué dans le lightshow ! Bam-bam-bam : à l’instar du very best of servi par ALICE COOPER, un soupçon du dernier album (d’entrée de jeu) viendra saupoudrer une set-list se résumant à un best of the best of de JUDAS PRIEST mené par un Rob HALFORD arpentant comme à l’accoutumée la scène de gauche à droite et de droite à gauche, le micro coincé entre ses deux mains jointes et le regard la plupart du temps fixé au sol.

D’une surprenante forme physique, HALFORD témoigne d’une plus surprenante encore voix, nous gratifiant de vocalises d’une époque que l’on pensait révolue et servies par une sono puissante mais parfois écrasée comme ce fut déjà le cas pour le COOP’. A l’inverse, la basse du vétéran Ian HILL est comme rarement mise en exergue tandis que l’emblématique The Hellion / Electric Eye est l’occasion de rendre le traditionnel hommage par vidéo interposée à KK Downing, figure centrale du groupe avant son départ. Les allusions et références à Birmingham tout au long du show semblent être devenues elles aussi le leitmotiv absolu du mythe fondateur de la BWOHM que sont JUDAS et les pères spirituels du SABBATH.

Les Metal Gods du PRIEST, tout de cuir vêtus, ont une nouvelle fois frappé fort ce soir, très fort. Denim & leather for ever ? On peut se poser la question en constatant que la plupart des pointures au programme de ces trois jours de Heavy Weekend Nancy (de Deep Purple à Scorpions et d’Alice à Judas) affichent tous une respectable septantaine bien entamée. Si l’avenir est devant nous, le leur est assurément derrière eux. Et derrière nous aussi, finalement…

[ Preview ] : HELLFEST 2022 – Part II – Now online !

It’s a long way to the pit if you wanna rock’n’roll…

Autres polaroïds également disponibles dans notre galerie de portraits et la full review ici-même, plus bas, de ce Hellfest XVème du nom. Et toujours pas de Photoshop. Toujours pas de Lightroom. Toujours pas de format .raw. – only pure one-shot .jpeg parce qu’ici, messieurs-dames, on ne badine pas plus avec le rock’n’roll qu’on ne chipote avec les photos: on laisse ces bidouillages aux amateurs.

HELLFEST Juin 2022 – Part II – review 1/5

Hellfest – le plus grand événement métal depuis l’âge de fer. Hell(fest) ain’t a bad place to be… Pour son 15ème anniversaire postposé de 2020 à 2021 puis de 2021 à 2022 pour les raisons que l’on ne nomme désormais plus, le Hellfest fait fort, très fort même. Pas moins de 350 concerts sont programmés sur 2 weekends prolongés : 7 jours d’enfer, 7 jours en enfer pour qui tiendra la distance. Nous nous contenterons quant à nous de 3 jours seulement, de quoi déjà mettre les organismes à rude épreuve pour qui souhaite passer d’un pit-photo à l’autre au prix chaque fois d’une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes à affronter et à fendre.

Les 3 années écoulées depuis la dernière édition de 2019 a permis aux organisateurs d’encore upgrader le site avec un décorum en dur (semi-) permanent toujours plus hallucinant et plus dantesque, enrichi de 5 nouvelles sculptures dont celle en hommage à Ian Fraiser Kilmister aka Lemmy n’est pas la moins impressionnante du haut de sa quinzaine de mètres de structure métallique. Et que penser en voyant ce nouveau parking Ouest vaste de pas moins de 37 hectares ?!

On peut néanmoins penser que le site n’est pas loin maintenant d’atteindre son climax ; la foule est dense sur la plaine, parfois à l’excès selon qui occupe l’une des deux impressionnantes mainstages, et la War Zone au décor oscillant entre Mad Max et Auschwitz est désormais trop exiguë – façon de parler – pour y accueillir tous les fervents de sa programmation particulière. Quant à atteindre son pit-photo, c’est quasi peine perdue tant la foule se presse dans l’entonnoir y menant.

Les trois autres scènes installées sous les immenses chapiteaux aux structures rigides portent ainsi à 6 les facteurs d’attraction et d’attractivité où se mélange une foule toujours plus bigarrée et bon-enfant, familiale même parfois, où convivialité et fraternité (amour?) sont les maîtres-mots. A l’instar de ces 5,000 bénévoles qui sont à la manœuvre par weekend, ces centaines et milliers de techniciens, travailleurs aux bars, au nettoyage-chiottes, au merchandising, à la sécu ou aux caterings qui, chacun, te reçoit ou te sert comme si tu étais son client le plus précieux.

Le Hellfest, c’est avant tout une grande famille, une grande fratrie, une grande chaîne de convivialité, de cordialité et de fraternité où chacun vient y chercher mais surtout y trouver ce qu’il attend – certains des décibels, d’autres la fête, d’autres encore le contact ou simplement le moment présent et la pleine conscience.

Quand ce n’est pas juste manger ou se désaltérer – la carte du menu balaye les cinq continents et les bars à Muscadet (nous sommes dans le vignoble nantais…) côtoient les (presque) meilleurs bières spéciales. Le Hellfest, c’est aussi et surtout une logistique tout bonnement hallucinante, une machine huilée à la perfection qui retrouve ses automatismes après un hiatus de deux années.

Mais c’est aussi un timing respecté à la minute près sur chacune des 6 scènes officielles. La 8ème merveille du monde, sans doute bien, tant en matière de programmation, de décorum mais aussi de logistique, d’organisation, d’humanité et de fraternité ? Ce n’est pas pour rien que les Ricains tentent de convaincre le patron des lieux d’exporter le concept outre-Atlantique en y transposant une formule qui ne trouve pourtant son sens et son essence que dans le vignoble nantais là où elle naquit et là où se situe son ADN, sa sève montante nourrie par toute une population solidaire et impliquée.

HELLFEST Juin 2022 – Part II – Review 2/5

Question programmation, choisir c’est renoncer. La succession voire la simultanéité infernale des shows d’une scène à l’autre, et la foule à fendre d’un pit à l’autre pour s’y rendre, s’apparente au défi du tonneau des Danaïdes. Choisir c’est renoncer, même si ne pas tenter est abandonner. Que retenir de ces dizaines de bornes parcourues en arpentant cet Heaven on Earth ? Que certains paraissent prématurément vieux (façon de parler), comme AIRBOURNE. Mais que d’autres le sont définitivement devenus, plus logiquement sans doute mais de manière tout aussi regrettable : GUNS & ROSES.

L’un comme l’autre fait littéralement traîner son show en longueur avec une succession de temps morts et de remplissages aussi inutiles que superflus. D’autres, quasi intemporels, demeurent au contraire des valeurs sûres qui traversent les décennies comme si le temps n’avait prise ni sur leurs organismes ni sur leur empreinte ni sur leur legacy: qu’il s’agisse d’ALICE COOPER toujours aussi bien entouré, de SCORPIONS littéralement impériaux ou d’un WHITESNAKE à la set-list certes téléphonée, la délectation proustienne compense aisément une absence parfois totale de surprise.

Quelques claques bien assénées nous laissent une marque qui n’est pas prête de disparaître : KILLING JOKE n’a strictement rien perdu de sa superbe et de son efficacité tandis que STONER, KADAVAR ou NEW MODEL ARMY pour n’en citer que quelques uns nous prennent à contre-pied. Et quoi de tel qu’un croque-en-jambes pour se remettre les idées en place et balayer toutes ses certitudes ?!

MINISTRY et les GUNS soutiennent ouvertement l’Ukraine en en affichant un jaune et un bleu de circonstances, à l’instar d’un SLASH dont une des grattes est intégralement repeinte aux couleurs du drapeau. The SCORPIONS dédicaceront pour leur par le – oui – soporifique Wind of Change au peuple ukrainien, tandis que quantité d’autres bands honorent quant à eux sur scène la mémoire de LEMMY, que ce soit AIRBOURNE, Phil CAMPBELL ou encore Danko JONES.

L’impressionnante et nouvelle statue de Ian Fraiser KILMISTER, franchement réussie, surplombe donc de ses 15 mètres de hauteur la War Zone. Elle y accueille quelques cendres de feu LEMMY à l’occasion d’une courte cérémonie organisée à son pied en milieu de nuit, rehaussée par la présence de ses deux derniers comparses présents séparément ce jour sur les mainstages en ce jeudi 23 juin 2022 : Mikkey DEE qui vient de terminer son set derrière les fûts de SCORPIONS et Phil CAMPBELL entouré de ses Bastards Sons plus tôt dans la journée, mais qui vient de rejoindre en toute fin de set The SCORPIONS pour quelques mémorables passes d’armes en prélude à cette cérémonie nocturne.

Si donc GUNS & ROSES bande (vraiment) mou, AIBOURNE est désormais éjaculateur précoce. Les Australiens pourtant toujours aussi denses, puissants et rapides quand ils sont à l’ouvrage nécessitent cependant bien des temps de récupération pour reprendre vigueur entre deux assauts. Leurs langueurs et longueurs cassent un rythme pourtant ô combien soutenu quand ils moulinent, et même leur légendaire mur de Marshall a été amputé de quelques unités: on peut franchement s’interroger sur leur capacité à tenir la distance – ce que nous constations déjà lors de leur dernier concert pré-pandémie au Cabaret Vert. Rapides et bougrement efficaces, oui, mais dont l’endurance est à entretenir voire même à retrouver !

En matière de temps morts aussi horripilants que regrettables, GUNS & ROSES décroche sans doute la timbale du Hellfest 2022. Fort Roses et très peu Guns : les ROSES sont fanées, et les GUNS sont désormais des pétards mouillés. G&R bande mou, un point c’est tout : le set de pourtant 2h30 à la montre est mièvre et mou du gland : ponctué de trop nombreux blancs dans un noir aussi absolu que le silence ambiant, Axl ROSE n’est décidément plus que l’ombre de lui-même. Sa voix en mode (fort) mineur à l’instar d’une présence peu irradiante sur scène sont à l’image d’un changement de garde-robe à un rythme dont on se passerait allègrement. Le ressort d’Axl est bien mou et détendu ; même la Duracell du band, aka SLASH-le-Magnifique, semble à plat et ne suffit pas à récupérer une sauce qui ne prend décidément pas trop même si ce n’est pas force d’avoir essayé.

Duff McKAGAN serait presque l’élément moteur du combo loin pourtant de sa splendeur passée : si son faciès s’affiche régulièrement sur les écrans géants, c’est à l’inverse de la tronche d’un Axl ROSE que les caméras n’afficheront jamais qu’en plans sur pieds – ce qui n’empêche pas de remarquer sa trèèèèès grande concentration avant de s’aventurer à descendre les quelques escaliers de la plate-forme surplombant les drums flanquée de deux drapeaux ukrainiens.

La set-list par ailleurs bof-bof des Californiens se clôture néanmoins par un magistral, explosif et flamboyant Paradise City, comme pour nous laisser sur une dernière note franchement positive du grand et vrai GUNS qu’on a pourtant attendu mais en vain deux heures et demi durant…

HELLFEST Juin 2022 – Part II – Review 3/5

Le contraste est saisissant avec The SCORPIONS, littéralement impériaux, qui font passer les GUNS pour de la roupille de sansonnet. Si cela fait 53 ans que Rudolph SCHENKER arpente les scènes, il est aujourd’hui plus flamboyant que jamais et à l’image d’un groupe plus soudé qu’il ne l’a jamais été, plus efficace et plus magistral qu’on ne pouvait l’imaginer. The SCORPIONS demeurent non seulement une valeur sûre mais surtout un mythe et une légende d’une efficacité hallucinante, d’une force de frappe inouïe et d’une puissance de feu tout bonnement redoutable.

Pas un temps mort, pas une pause, juste un rythme simplement endiablé pour enchaîner un florilège de 50 ans de carrière jusqu’à leur toute dernière galette loin, très loin d’être négligée avec 4 morceaux au menu, excusez du peu. The SCORPIONS, c’est un mystère, une exception, une anomalie – ou alors une référence, un mythe bientôt, voire le Graal pour qui est à la recherche d’une référence ? Qu’on aime ou qu’on n’aime pas The SCORPIONS (car effectivement tout ce qu’ils ont produit n’est pas d’égale qualité, que tu contraire), l’objectivité des faits impose le respect quand le band déboule sur scène: nous sommes dans le factuel, pas dans la subjectivité, à l’opposé de pitoyables momies ou de has-been dont on n’égrènera pas ici les noms (… suivez notre regard).

WHITESNAKE, pour rester dans les oldies, n’est guère en reste comparativement aux Allemands mais néanmoins un ton légèrement en-dessous. Comme à son habitude, le beau David COVERDALE va (bien trop) régulièrement se repoudrer le nez backtage ou se ménager (se soulager?) l’organe à l’occasion de soli toujours aussi nombreux qu’horripilants : tout y passe, guitare, synthé et batterie – ah, cet intemporel Tommy ALDRIDGE néanmoins toujours derrière les fûts !

Une set-list sans surprise et un feeling bluesy fiévreux sex’n’roll replonge les quinquas et sexas dans leurs plus belles années avec un charismatique COVERDALE dont la voix chaude, quasi intacte, demeure un des mystères les plus absolus. Cerise sur le gâteau, Steve VAI (dont le set a été précédemment particulièrement… euh… pompant) rejoint le beau David pour nous délivrer un bouquet final d’anthologie, un Still of the Night tout simplement magistral. Et personne ne sait encore à cette heure que le Serpent Blanc mettra ensuite un terme définitif à son Farewell Tour 2022 pour raisons de santé. Remonteront-ils dès lors un jour sur scène… ?

Il n’y a pas que WHITESNAKE a être très bien entouré : la charmante et tout aussi efficace bassiste de Coverdale n’a pas échappé aux yeux les plus avertis ni à notre objectif, à l’instar d’une guitariste au charme inversement proportionnel à celui de son boss : celle d’ALICE COOPER. Mais nul ne sait non plus à cette heure qu’il s’agit là d’un des tous derniers concerts que Nita STRAUSS passe aux côtés d’Alice. A l’heure de coucher ces lignes, Kane ROBERTS aka le Rambo de la 6 cordes, l’aura avantageusement remplacée d’un point de vue gonflette, même si on préfère de très très loin les courbes de Nita à celles de Musclor. Direct from Detroit, Vincent FURNIER nous concocte donc une set-list néanmoins bof-bof pour les habitués : trop classique, trop conventionnelle et pas assez audacieuse, elle a cependant l’avantage de proposer un magistral best-of pour qui n’aurait jamais eu la chance de déguster ALICE live on stage.

Sa dernière pépite sortie en 2021 recèle pourtant quantité de chefs d’œuvre qui auraient pleinement trouvé leur place sur scène : erreur de vieux baroudeur qui a préféré ne courir aucun risque en ne proposant strictement aucun extrait de son dernier album encore tout chaud ? La meilleure chose qu’il ait sans conteste produite depuis le millénaire dernier – c’est dire. Son band est soudé et compact, rodé et peut-être… blasé ? ALICE reste ALICE, incomparablement fidèle à lui même. Et même mauvais – ce qu’il n’est nullement ce soir – ALICE est bon. Sans surprise aucune ni éclat particulier, simplement fidèle à lui même, à son image, à sa légende et à son décorum, COOPER nous balance un classique grand-guignolesque dont on aurait pu se délecter à l’identique il y a 15, 25, 35 ans. Soit – mais n’est-ce pas là ce qu’on appelle un classique et une valeur sûre ?

Sweden Rock Festival – jour 1 : ALICE COOPER, TESLA, URIAH HEEP, ROB ZOBIE, SOLSTAFIR…

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Jeudi 5 juin 2014, jour 1 de 3. Notre première – et dernière – participation au Sweden Rock Festival date d’il y a 12 ans déjà, et remonte donc à juin 2002. A l’époque, nous quittions au milieu de la nuit Ted NUGENT dans sa loge de l’Astoria à Londres à l’issue de son seul concert anglais, et prenions directement la direction de la Suède. Deux traversées en ferries et près de 20 heures de route plus tard, nous atteignions le Sweden où le NUGE était pour la première fois à l’affiche. Aujourd’hui, c’est à l’issue d’une septantaine de minutes de vol jusque Copenhague puis de deux heures d’une pittoresque route jusque Norje (entité de Solvesborg) que nous atteignons le site du festival.

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En cette fin d’après-midi, il pleut comme vache qui pisse. Un ciel bouché rend la mer d’autant plus grise. La main stage du festival est en bordure même de la route, à une cinquantaine de mètres seulement de celle-ci, sur une portion congrue de terre et de bosquets qui se terminent dans la mer. La pluie s’arrête de tomber et un temps sec reprend le dessus pour notre premier gig de la journée à 18h00 déjà. Au menu de ces trois jours, une belle brochette d’hors-d’œuvre, de mises en bouche et de plats des plus consistants.

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Belle surprise d’entrée de jeu que celle des Islandais de SOLSTAFIR suivie d’une autre dénommée TESLA: après un prog savamment léché et des plus construits en provenance du froid, la chaleur des Californiens nous surprend très agréablement malgré une american touch un peu trop connotée hard-FM US mais qui se laisse néanmoins déguster. Peu enclin à succomber aux charmes de ROB ZOMBIE malgré toute notre bonne volonté, nous préférons ceux de URIAH HEEP qui enflamment les seniors du festival (ceux-ci préférant laisser les juniors aux zombies…).

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Malencontreuse impasse sur la prestation d’ALTER BRIDGE pour préférer la compagnie d’ALICE COOPER. Mais c’est sur la bande-son des potes à Miles Kennedy que se déroulent les vingt bonnes minutes de rencontre-presse avec un Vincent Furnier qui se prête avec plaisir et sympathie à l’exercice. Hello Kitty! Mais qui avons-nous face à nous: Vincent Furnier ou Alice Cooper himself/herself…? Il brouille les pistes, le diablotin! D’emblée de jeu, ALICE COOPER de préciser qu’il a-do-re les festivals pour la simple et bonne raison que c’est toujours l’occasion pour lui de retrouver des potes parfois perdus de vue depuis longtemps. Comme ROB ZOMBIE qu’il considère comme son "fils le plus désobéissant qui soit" et qui sait que la place lui est toujours offerte sur scène – ce qui se confirmera effectivement en fin de concert avec son apparition pour le bouquet final.

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Combien faudrait-il le payer (sic !) pour qu’il joue sur scène un morceau de l’album "Dada"? ALICE COOPER répond par un éclat de rire, précisant toutefois qu’une des seules fois où cela est arrivé c’était pour observer des mines médusées dans l’assistance, comme déconfites face à Former Lee Warmer. De conclure par conséquent qu’il ne peut décevoir son public qui vient principalement pour prendre son pied sur ses morceaux les plus connus, pas vraiment pour découvrir les autres. Soit. La pratique du golf demeure pour Vincent Furnier presque plus addictive qu’est la musique pour Alice Cooper, même s’il reste un musicien avant d’être un golfeur. Et puis, le golf c’est pour la journée; le rock’n’roll pour la soirée. De toute façon, ALICE COOPER n’aime pas le golf (sic). Adorable.

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Tandis que nous apprenons que "Dangerous Tonight" reste un de ses morceaux favoris (mais que le jouer sur scène s’avère trop compliqué de par la sophistication et la complexité de l’arrangement), le micro est tendu à une gamine de 5 ou 6 ans. Tout candidement, elle lui demande… sa couleur préférée. Sourire attendri d’Alice Cooper qui lui retourne immédiatement la question pour s’aligner ensuite sur le green qui en ressort, même s’il chuchote comme en aparté que c’est en fait le noir! Eclat de rire général dans une tente de presse pleine à craquer. Légende ou pas, l’histoire de sa rencontre avec Elvis Presley? Sa rencontre chez le King dans les années 70 n’est pas un mythe lorsque celui-ci lui tendit pour l’impressionner un Smith & Wesson .38 ("loaded", précise-t-il) qui trainait sur la table de la cuisine. Se remémorant la scène, ALICE COOPER se gausse: pas impressionné pour un sou ("I am from Detroit, you know!") son petit démon lui frappa l’épaule gauche en lui chuchotant "Tue-le!" tandis que son petit ange-gardien posé sur l’épaule droite lui susurrait: "Non, blesse-le uniquement!". En définitive, arme au poing, sa seule crainte fut qu’un garde du corps entre fortuitement dans la pièce et le dégomme pour protéger le King! Avant de prendre congé et comme pour nous mettre l’eau à la bouche, ALICE COOPER précise que le full show de ce soir comprend quelque chose comme 24 morceaux organisés en trois périodes. Fin de l’acte 1 – sortie enjouée d’Alice COOPER que nous retrouverons plus tard sur scène.

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Et de fait, cette fin de soirée voit le centre de la plaine drainer les 35.000 festivaliers accourus des autres scènes. Avec un show plus imposant encore que d’habitude, une mise en scène grandiloquente et comme porté par la foule, par la démesure des lieux ou par la douceur estivale d’une nuit claire, Alice Cooper offre avec ses 3 lead guitars un concert dantesque clôturé par un final d’anthologie. Avec une set list réservant quelques très belles surprises en cours de show ainsi qu’il l’expliquait tout à l’heure, il clôture son set en apothéose par un vibrant hommage aux vintages de son époque qui ne sont plus. Dans l’ordre, tribute aux Doors de Jim Morison tout d’abord – dont il apporte un copie de la pierre tombale sur scène… -, à John Lennon ensuite, puis à Jimi Hendrix et enfin à Keith Moon. Avec ces quatre reprises en bouquet final, il n’en faut pas plus pour achever un public déjà mis à genoux par un show parfait qui bouscule les habitudes. Impressionnant, vous demeurez vraiment impressionnant Monsieur Furnier.

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Rétrospectivement, ce concert est probablement le plus puissant, le plus abouti, le plus surprenant et le plus léché de tout le festival. La plus belle réussite du weekend. Cette conclusion est d’autant plus appréciable que nous ne pensions plus pouvoir encore être surpris par ALICE COOPER: réussir à nous prendre à contre-pied et à nous éblouir n’était pas gagné, mais Alice et Vincent l’ont fait… Rideaux.

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–> A SUIVRE… TO BE CONTINUED… A SUIVRE

ALICE COOPER – 28 octobre 2011 – Brussels @ « Ancienne Belgique »

(Autres photos & commentaires sur Intensities in Tens Cities – Chapitre 1 : The Vintage Years 1978 – 2011)

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Je me faisais déjà la réflexion vendredi dernier à Forest National, lorsque The TREATMENT ouvrait pour MOTORHEAD: comment un groupe peut-il de la sorte véhiculer l’intégralité et la lourdeur des clichés éculés, ringards et usés jusqu’à la corde du hard/heavy des années 80?! C’est une prouesse: une telle exhaustivité relève du véritable exploit : dans les gimmicks, les attitudes, les fringues et le look, rien strictement rien ne manque à la panoplie du parfait adolescent chevelu et boutonneux en quête d’identité et d’image ! Deux fois The TREATMENT (sponsorisés par Jägermesiter, svp !) en moins d’une semaine, ça me suffit – même si, musicalement, tout n’est pas à jeter (si ce ne sont les vocals, non peut-être ?!).

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The Coop is back avec son No More Mr Nice Guy Tour 2011 dans une Ancienne Belgique sold out depuis le printemps dernier, presque 10 ans après son dernier passage ici-même. Alice, ma belle Alice, que de belles surprises musicales tu nous réserves ce soir en allant puiser quelques surprenantes pépites (Halo of Flies, Clones,,…) jusqu’aux tréfonds de ton répertoire de l’époque où tu étais déjà comme aujourd’hui ! Tu nous offres un show parfait avec l’habituelle panoplie d’ustensiles et autres costumes ou mise(s) en scène théâtrale mais sans… excès, si, si ! Ne manquent évidemment pas à l’appel ta fanfreluche que tu cajoles durant Only Women Bleed avant de nous la massacrer, la guillotine qui te tranche le scalp, ton sabre, ton boa, ta camisole de force, ton Frankenstein, ton haute-forme… Bref, rien ne manque à la solennité de l’événement ni à la théâtralité du moment, le tout parfaitement servi pas pas moins de trois (!) lead guitars – dont une charmante poupée: la Belle et la Bête…

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Un solo de batterie impressionnant et même créatif, pourtant tout en puissance à mettre à l’actif d’un batteur épatant (ça n’arrive pas tous les jours…), accompagné par un bassiste tout aussi maousse costo. Bref, un jeune band soudé et compact au possible et qui sert un Alice 3×20 en belle et grande forme, arborant même nos couleurs (encore) nationales lors d’un bouquet final exceptionnel (Elected): Alice tient haut et droit notre bel étendard noir-jaune-rouge, revêtu du maillot de notre équipe (encore) nationale de football. L’occasion rêver pour Vincent Furnier de nous adresser un clin d’oeil au passage sur la situation politique du pays, mais d’enchaîner bien vite le refrain qui précise bien sûr I don’t care… Après MOTORHEAD qui arborait sur scène une grande bannière "Belgique" la semaine dernière à Forest, on ne peut pas dire que les séparatistes sont à l’honneur ces temps-ci sur la scène rock anglophone !

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Juste avant ce puissant rappel, The Coop nous gratifie d’un autre savoureux clin d’oeil, au Floyd cette fois, en intégrant le refrain d‘Another Brick In The Wall dans son "School’s Out" à lui bien évidemment ! Il n’y a pas à dire, un concert d’Alice est toujours une surprise ; je ne me souviens pas de deux mises en scène identiques d’une tournée à l’autre, de deux set lists semblables, de deux théâtralités identiques. Et, comme le bon vin, plus il vieillit (?) plus il s’assagit (?), plus ses shows deviennent sobres (?) et plus encore il en devient appréciable, délectable, admirable et tout simplement remarquable : total respect, Coop’. Ce n’est pas de la sensualité qui transparait de tes prestations, Vincent, c’est un mélange de douceur suave et de senxsualisme torride. Y a pas à dire, mais Detroit a vraiment enfanté ce qu’on a fait de mieux (ou de pire, c’est selon) aux USA fin 60’s & début 70’s. Et pendant ce temps, ma petite Malou – quasi 6 fois plus jeune qu’Alice – confortablement installée aux premières loges, lutte contre le sommeil pour son premier "vrai" show,..

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Ted NUGENT – Magic Circle Festival @ Bad Arolsen (All.) – 10 juillet 2008 – (feat. MSG, Alice Cooper,…)

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The Nuge : 1 de 4. Quatre jours de festival avec à l’affiche de ce premier soir Benedictum, MSG, Ted Nugent et Alice Cooper pour cette mise en jambe introductive. A la manière d’une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, UDO – en sa qualité d’invité d’honneur – allume la flamme qui brûlera quatre jours durant au sommet de l’immense torche dressée pour l’occasion au milieu de la plaine (photos 1 et 2). Le seul intérêt de Benedictum qui inaugure cette immense scène consiste à dévorer des yeux sa chanteuse, bonnet B ou plutôt C, corset noir et plastique aguichante. Pour le reste, circulez : il n’y a rien à voir – ni à écouter d’ailleurs (photo 3). Ca se corse un peu avec Michael Schenker et son MSG, quoique (photo 4). Le concert ne dure en effet pas plus de 30 minutes (au lieu des 60 prévues) du fait que le chanteur est arrivé en retard ! Les organisateurs, pour faire patienter le public, offrent… 20 minutes de bières gratuites aux nombreux bars qui parsèment le site ! La machine MSG s’enraye plus d’une fois, trou de mémoire du chanteur et autres coups de gueule de Michael. Au vu du temps réduit de concert qui leur reste attribué, toute la set-list semble modifiée et chaque nouveau morceau fait l’objet d’une rapide concertation entre les membres du band. Vraiment brouillon, tout ça, et le Doctor Doctor d’UFO qui clôture le set ne fera pas oublier ces mauvais moments…

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Quel choc, quel contraste avec Ted NUGENT qui s’en suit ! Car il s’agit bien de cela: d’un choc. Choc intact et identique à celui de toutes les tournées précédentes qu’il m’a été donné de voir: énorme, kolossal… Enorme comme lors de tout premier concert d’une nouvelle tournée du Nuge. Choc frontal. Concert parfait – en toute subjectivité. Le son de MSC semble tout droit sorti d’un mange disque brouillon à côté des décibels purs et aériens du Nuge. Et quelle prestance, quel charisme, quelle attitude.

Magic_Circle_2008_0036.jpg Photos (c) – Use only with mention of www.intensities-in-tens-cities.euMagic_Circle_2008_0007.jpg Magic_Circle_2008_0008.jpg Magic_Circle_2008_0009.jpg Magic_Circle_2008_0010.jpg
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Je retrouve mes habituels potes en provenance d’Allemagne et de Hollande qui sont de la partie également, dont certains étaient déjà en Suède l’avant-veille: le monde est petit. Avec le soleil couchant qui baigne la scène d’une lumière claire et horizontale, le spectacle est de toute beauté. Ted demande d’ovationner Ronnie James Dio dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, à l’en croire : « Happy birthday, Ronnie. American love and respect elders ! ». A 60 ans cette année, le Nuge délivre une énergie et un jeu de scène que je ne peux décidément comparer à nul autre – en toute objectivité ici !

Magic_Circle_2008_0027.JPG Photos (c) – Use only with mention of www.intensities-in-tens-cities.euMagic_Circle_2008_0016.jpg Magic_Circle_2008_0017.jpg Magic_Circle_2008_0018.JPG Magic_Circle_2008_0019.jpg Magic_Circle_2008_0020.jpg Magic_Circle_2008_0021.jpg Magic_Circle_2008_0022.jpg Magic_Circle_2008_0023.jpg

Il est le rock’n’roll, il est l’attitude, il est le spirit, il est la soul, il est la musique, il est THE rock’n’roll… Je retombe de (très) haut à l’issue de sa démonstration. A croire qu’il se bonifie avec l’âge : si ce n’est en tous cas pas flagrant au niveau de ses compositions originales sur CD, c’est incontestablement le cas sur scène. No way, no shit : Uncle Ted’s still (a)live and well. “Thanx you Uncle Ted” comme il se plait à inviter l’assemblée à l’ovationner… en toute modestie, comme depuis 45 ans de scène et son 6000ème concert au compteur célébré ce 4 juillet à Detroit: quelle autre date, quel autre lieu aurait mieux convenu?!

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Je quitterai les lieux peu après le commencement du concert d’Alice afin d’éviter les embouteillages : long is the road back to Belgium. Et puis, après avoir déjà vu tant de fois Alice Cooper – qui ouvrait précédemment pour le Nuge, inversion de rôle ce soir – je ne m’attends à aucune surprise. Pire : Alice pourrait même me sembler sérieusement fade après Ted – et de ça, je ne veux pas…

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Retour vers la Belgique un peu terne, mon backstage pass ne m’attendait pas à l’entrée VIP ce soir – il y a eu un couac avec le tour management. Mais ça m’a d’autre part évité de me torturer les neurones en cherchant comme à chaque fois l’éternelle question/réflexion intelligente, originale et percutante à balancer à Ted en lui serrant la pince en guise de début de conversation…! Never mind, l’ultime cri long, continu et agonisant empli de feedback qu’il tire de sa Gibson Byrdland ’66 avant de la poser au pied de la batterie en fin de prestation me reste dans les oreilles, avec plein les yeux le Nuge qui quitte la scène pour mieux (me) revenir le surlendemain…

Magic_Circle_2008_0040.JPGPhotos (c) – Use only with mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

Ted NUGENT – 27 mai 06 – Schwung Rock Festival (+ Thunder + Status Quo + Dio + Alice Cooper)

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The Nuge 2 de 5. Thunder est en train de jouer lorsque nous arrivons à Roeselaere, mais ça ne vaut assurément pas le déplacement . Vite vite au bar retrouver les potes pour faire passer la pilule: surtout, surtout ne pas s’abîmer les oreilles avant Ted Nugent ! Il n’y a rien à faire, mais un concert du Nuge dans le cadre d’un festival ne sera jamais aussi intense et puissant que lorsqu’il est seul à l’affiche et a les coudées franches dans une salle qui lui est tout acquise. Ce n’est certes pas un mauvais concert du tout – que du contraire – mais après sa prestation d’hier à Hamburg, le comparatif ne tient pas la route. Arborant hier un drapeau allemand planté aux côtés de la batterie, c’est aujourd’hui un drapeau belge qui flotte : cool de voir le Nuge sous nos couleurs ! Une heure de concert seulement dans une halle à bestiaux que je m’étais pourtant juré de ne plus jamais fréquenter – mais le Nuge qui se produit exceptionnellement en Belgique mérite cette entorse à la règle. L’intensité est puissante et le show parfait, malgré une acoustique perfectible. Mais cela ne prive pas Ted de balancer quelques vannes par-ci par-là, et je suis surpris du répondant de la salle : je ne suis assurément pas le seul Belgian Fan… Riffles, wafles, chocolates and FN Browning : voici son résumé quant au confetti que représente la Belgique à l’échelle mondiale.

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Le set du Nuge terminé, retrouver Ronnie James Dio sur scène reste un véritable plaisir – une des plus belles voix du rock, assurément. Mais après le Nuge, que tout est tristement fade : post coitum animal triste. Alice Cooper qui enchaîne sur scène reste un régal: fidèle à lui-même, grand-guignolesque et théâtral à souhait – et ces mots valent tout leur pesant d’or lorsqu’on sait de quoi on parle. Status Quo bouclera la soirée d’une manière prévisible et téléphonée qui n’enlève cependant rien au plaisir. Et puis, ce mur de Marshall et d’enceintes de couleur majoritairement blanche a cette touche et ce cachet si particulier qui fait qu’on se dit que ça va déménager – il n’y a pourtant pas de connexion logique entre la vue et l’ouïe, mais c’est ainsi. Vite vite rentrer : le Nuge m’attend demain à Stuttgart.
Comme hier à Hamburg, à nouveau pas de ticket d’entrée à joindre à cet article en guise d’illustration – voilà ce que c’est que d’être invité par le Nuge !