Au Sjock, le rock ne se déguste pas avec une petite serviette blanche sur les genoux. Il se bouffe avec les doigts, les dents et, si possible, agrémenté d’une bonne dose rots et de pets. The DATSUNS, Jon SPENCER et Joan JETT sont venus rappeler à ce titre, chacun dans leur registre, que la vieille école et la relève savent, chacun à leur manière, dépoter grave et envoyer du brutal.



Les Néo-Zélandois de The DATSUNS, c’est d’abord une affaire de riffs qui arrivent avec les bottes pleines de boue de là-bas down under. Ils attaquent directos et ne perdent pas de temps à expliquer la recette: guitares gonflées à l’essence, batterie qui cogne comme une porte de hangar et Dolf de Borst en chef de chantier – mais pas style YMCA. Quand arrive MF From Hell, le frontstage prend feu et une tentative de sitdown complètement foireuse tente même de remettre un peu d’ordre dans la chienlit. Mauvaise idée: le Sjock n’a jamais été conçu pour rester assis.











Dans le marquee avec Jon SPECER, on change de rayon et de produit. Plus question de simples riffs: SPENCER sort la disqueuse, branche le moteur et commence à creuser. Avec basse et batterie pour seules pièces de rechange, il transforme le blues en matière première. Ça rampe, ça grince, ça répète, ça monte en pression. Une prestation hypnotique autour d’un garage/blues-rock volontairement noisy qui ne cherche pas à séduire mais simplement à curer les oreilles sales et à tourner le cerveau légèrement de travers. Mister-la-classe demeure fidèle à son image de gentleman driver – pardon: de gentleman-rocker – qui n’a plus rien à prouver et qui le sait parfaitement. De quoi ne pas vouloir en rajouter mais simplement assurer une réputation qui n’est pas usurpée. Pas de frime, pas de gimmick: just do it. – May I shoot a picture, Sir ? – Yes, for what it is ? – For Intensities in 10s Cities – Hummm, nice stuff ! Let’s go out at the sun set…


La tête d’affiche de ce Sjock #50, c’est elle. Joan JETT. On lui emboite le pas depuis sa loge jusqu’à la mainstage, entourée de ses chiens et chiennes de garde. Du haut (pas bien haut) de ses 67 berges, elle marche voûtée comme une petite vieille qui s’est chopé un méchant lumbago: si le pas est rapide, l’allure n’est plus svelte. Ostéoporose peut-être ? Quelques pénibles échauffements et étirements backstage à l’abri des regards donnent du crédit à notre diagnostic, merci Dr Maboul. Si Joan JETT joue sa diva avec ses exigences et caprices de stars aux antipodes du caractère rural, down-to-earth, bon enfant et familial du Sjock, nous on préfère en rire même si ça fout la pression sur le staff backstage, particulièrement sur le catering. Pas de photographe. Nulle part: ni frontstage, ni backstage. Et celui qu’on prendra à dégainer son appareil depuis le public sera expulsé manu militari. Oui, Joan, chef oui chef. Allez hop, quelques clichés à la sauvette quand même. On est au Sjock, ici, ma vieille. Chez nous. Ou presque. On joue à domicile.




Ceci dit, pas besoin de maquiller la marchandise: la vieille dame de guerre déroule quand même l’artillerie avec ses Blackhearts. La première partie du concert peut sembler plus retenue, mais lorsque les classiques s’empilent en fin de set, la machine retrouve son dentier – pardon: ses dents. Pas de cirque inutile, mais pas de quoi fouetter non plus un chat: du rock frontal, identifiable en trois secondes, avec cette voix rauque qui ressort les vieux flingues qui n’ont manifestement jamais demandé l’autorisation de vieillir. Joan JETT est venue, elle a vu, mais de-là à dire qu’elle a vaincu…










































































































































































































































































