On l’avoue tout de go : on n’a pas kiffé TURNSTILE outre mesure. A peine du bout des lèvres. On n’a finalement guère apprécié TURNSTILE, tous comptes faits. On n’a pas compris l’engouement et la ferveur que le Cabert Vert a réservé Baltimoriens. On ne comprend pas. On n’a pas compris, on ne comprendra sans doute pas… Figure centrale du punk hardcore contemporain selon certains, le band de Baltimore revendique himself une approche expérimentale fusionnant l’énergie du hardcore mélodique (euh… c’est pas antinomique, ça ?) avec des éléments de pop, de funk et de rock alternatif – fin de citation. Soit. Mais nous, on n’a pas kiffé – ce qui n’est pas le cas de notre chère et adorable Fosse Commune dont on va à nouveau reprendre la prose. Car elle sait de quoi elle parle, elle… Elle.



A toi la parole, ma chère ! « BREAKING FOSSE #3 – CABARET VERT – TURNSTILE : J’AI TENU LA MOITIÉ DU SET… MAIS C’ETAIT OUF. En direct du Cabaret Vert. Bon. J’avais dit que je voulais faire TURNSTILE devant. J’ai fait Turnstile devant. J’ai tenu la moitié du set. Je considère que le contrat est rempli. Parce que Turnstile, sur scène, c’est exactement ce que j’espérais : du hardcore joyeux. Un énorme bordel euphorique. Ça saute. Ça groove. Ça cogne. Ça sourit. Le groupe envoie une énergie absolument phénoménale et la fosse lui rend immédiatement. Le problème, c’est que la fosse lui rend TOUT. CIRCLE PIT À GAUCHE, CIRCLE PIT A DROITE, SLAMMEURS AU-DESSUS. J’étais hyper bien placée. Vraiment. Assez près pour prendre une énorme claque et suffisamment au milieu pour comprendre rapidement que cette excellente place venait avec quelques conditions générales d’utilisation. J’étais cernée. Avec devant, derrière : des humains extrêmement heureux de se rentrer dedans. À partir de là, regarder un concert devient une activité secondaire. Tu regardes Turnstile. Tu regardes le ciel. Turnstile. DES PIEDS. Turnstile. Le circle pit vient de s’ouvrir. Turnstile. UN CUL. Et tu recommences « .




Et elle continue, notre adorable Coeur ! » Le tout dans une ambiance absolument géniale. C’est important de le dire : la fosse était hyper sympa à quelques bourrins près. Ça se relève. Ça s’aide. Ça rigole. Mais physiquement ? PUTAIN. J’ai donc procédé à une évaluation scientifique de la situation. Le groupe : incroyable. La fosse : incroyable. Mon envie de rester : très forte. Mes chances de terminer Deftones ce soir avec un squelette encore assemblé : en diminution rapide. Et surtout j’ai vu ce type en foulard en face qui était pas vraiment là pour autre chose que la bagarre. Et ça j’aime pas bien. Foulard intégral quand y’a pas de poussière. J’ai tendance à m’éloigner. Il fallait sortir. Petit problème : sortir d’une fosse de Turnstile ne consiste pas exactement à dire : « Excusez-moi, pardon, je voudrais passer. » J’ai donc attendu. Et soudain, j’ai vu un très grand monsieur qui sortait. Une opportunité. Je me suis accrochée à ses épaules et je l’ai suivi. Voilà. À cet instant précis, cet homme n’était plus un festivalier. C’était mon brise-glace. Il ouvrait la route. Je suivais dans son sillage. Extraction réussie. LE CONTRÔLE TECHNIQUE : je suis maintenant sur le côté et j’observe ceux qui sortent. C’est magnifique. Ça boite. Ca souffle. Ça ruisselle. Ça vérifie ses chaussures. Ça remonte son slip. Ça remet son soutif à sa position réglementaire. Et surtout, ça sourit. Parce que c’est ça, Turnstile. Personne n’a l’air malheureux. Tout le monde a simplement l’air d’avoir été passé quarante minutes dans une machine à laver avec 3000 copains « . Merci Copine ! Même si on n’a pas partagé pas le même vécu…
