Les Aventuriers d’un Autre Monde est le lapin que sort de son chapeau la société Rcarré qui privatise la Rockhal en cette fin de printemps pour célébrer en grande pompe (à bières notamment) son 25ème anniversaire. Près de 1.500 invités se délectent ainsi de vieille gloire (Lio) ou de jeunes pousses (Antoine Delie), voire de valeurs sûres (Bénabar et Cali), de produits locaux (Saule et John Rech) et même de vrais rockeurs (Richard Kalinka). Le tout forme un melting pot des plus réussis pour une soirée placée davantage sous le signe de la variété que du real rock’n’roll – une fois n’est pas coutume. Les oreilles nous disent merci, une fois n’est pas non plus coutume !
Étiquette : Cali

3ème festival en 8 jours: notre haute-saison (f)estivale se termine en force et en beauté avec le bouquet final du Ward’in Rock Festival. La Grande Famille des bénévoles & organisateurs nous réserve derechef un accueil qui fait du Wardinne ce qu’il est devenu au fil des (17) années de son existence: une vaste garden party à laquelle on se rend en famille. Synonyme de convivialité, de simplicité et de chaleur bien ardennaise tant front-stage que back-stage, on y retrouve avec plaisir(s) d’années en années les mêmes têtes. L’affiche proposée est au demeurant toujours aussi éclectique, leitmotiv pour drainer la toute grande foule sur le Plateau.

CALI éclabousse la soirée du samedi avec une prestation tonitruante et véritablement détonante. Transformé en véritable bête de scène, excité comme une puce, le show qu’il offre aux 5.000 festivaliers est une over-dose sur-vitaminée que finalement bien peu de showmen – et apothicaires – français sont en mesure de délivrer. Le qualificatif "rock’n’roll" n’est même pas usurpé pour ceux – comme nous – qui se prennent dans la figure un étonnement à l’image de l’énergie communicative dont il éblouit l’assemblée.

CALI est là en véritable entertainer mais aussi en excellent public-relation devenu maître dans la technique d’entretenir malicieusement et de promouvoir habilement son image. Et si c’est en misant sur la consentante et lâche complicité de votre serviteur, pourquoi s’en cacher…?!
Cependant, le fait que CALI ait passé une bonne partie de la journée sur le site avant même sa prestation de fin de soirée est synonyme de la simplicité et de la chaleur du gars qui ne se prend toutefois pas la tête: notre coup de coeur / découverte de cette seconde soirée du Ward’in 2014 !
Coup de coeur prévisible et attendu de la veille: EIFFEL, qui méritait (très) haut la main de figurer en tête d’affiche sur la mainstage en lieu et place de celle du marquee. L’espace de la "petite" scène est trop réduit que pour contenir toute la rage boulimique du quatuor français manifestement en forme, les gredins.

Au menu de cette prestation explosive: un Nico toujours aussi impressionnant et showman à la guitare nous réservant les meilleurs effets qui soient en jonglant pieds et mains avec ses pédales, une Estelle percutante à souhait et des percussions toujours aussi claquantes entourant un Romain en leader quant à lui toujours aussi charismatique.
Charismatique, voilà un terme qui lui convient parfaitement. Rencontré l’année dernière déjà au festival Terres-Rouges chez le Grand-Duc (voir lien ci-contre), il conserve toujours le souvenir de notre courte rencontre – et n’a pas perdu non plus son sens de l’humour d’ailleurs. A moins que notre look l’ait franchement definitively marqué pour qu’il s’en souvienne à ce point!?
EIFFEL est devenu grand et adulte, au point de rendre maintenant superflues et franchement déplacées les éternelles références à NOIR DESIR (ou allusions à NO ONE IS INNOCENT) dont "on" continue à les affubler: fuck off! Coincés dans le programme entre les deux autres têtes d’affiche plus soft et propres du vendredi, les Français tamponnent de leur cachet real rock’n’roll cette première journée du Ward’in.
L’énergie brute de CHATEAU et sa merveilleuse section de cuivre font trembler le marquee le samedi. Z’iront loin, ces petits gars – s’ils arrêtent de laisser tomber leur guitare et de casser les cordes de leur basse – à moins que ce ne soit effectivement là le signe d’une énergie à peine contenue et difficilement canalisable?!

Les constructions complexes et alambiquées de BRNS marquent notre objectif et notre ouïe: avec un peu plus de décontraction et d’échanges avec l’audience, sûr qu’on aurait davantage encore pris notre pied.

Gibier et délices de la mer au menu : les locaux d’ARDENNE HEAVY et leur hure (!) explosent les tympans en nous offrant un bon pâté ardennais et font de nous de la tête-pressée avant que la carte nous dirige vers les fruits de mer avec les Anglais de KING PRAWN et à nouveau une section cuivre des plus ronflantes. Les rois de la crevettes anglais étrennent même sur scène un tout nouveau morceau dont les lyrics à ce point fraîches défilent sur l’iPod nécessaire au lead singer. Partager ensuite backstage un Jack Daniel’s dans la fraîcheur de fin de soirée avec ces Anglais et ces Ardennais demeure la meilleure manière de clôturer une bien belle édition: "After a day drinking ferociously strong Belgian beer, Ward’in festival is still able to stand up for some wildstyle…" posteront-ils le lendemain…

La veille avait permis à PUGGY de déchainer une foule semblant n’être venue en grande partie que pour ces trois beaux âtres qui, musicalement, restent toutefois totalement inoffensifs. Plaisants certes, les trois playboys, mais au doux venin inoffensif à l’instar d’un trio d’eunuques en virée au bordel. Saluons néanmoins le Matcheu qui, after show, passe une éternité à signer autographes et à répondre en toute gentillesse à mille questions que lui posent une grappe de jeunes fans backstage: attitute franchement impressionnante de patience, de gentillesse, de douceur et d’attention, aux antipodes de certains qui feraient bien d’en prendre de la graine.

Peu auparavant, le grand échalas de SAULE occupe les lieux sans démériter, que du contraire même: le dusty man tient toutes ses promesses avec en sus la palme de la simplicité sur scène.

Loin de nous l’idée de passer sous silence et de jeter le voile sur d’autres formations, mais il est vrai qu’à côté de l’énergie époustouflante de SKARBONE 14 et plus particulièrement celle de son bassiste, les sets de (notamment) Balimurphy et de Pale Grey font – comme leur nom l’indique et en toute sévère subjectivité – pâle figure…

Rendez-vous pour une 18ème édition en 2014, mêmes endroits & mêmes heures front & backstage, hein les gars?! On ne va quand même pas s’arrêter en si bon chemin, non peut-être: alleï, remets une drache, c’est moi qui régale… !

Pas de Marshall ni de Peavey sur scène ce soir. Pas plus de Gibson ni de Fender d’ailleurs, et encore moins de Sabian, de Ludwig ou de Pearl. Non : uniquement un Sibret (à Bastogne !) dans lequel s’incruste le reflet rougeoyant d’une salle qui ne va pas tarder à être comble. Et pas n’importe qui derrière l’ébène et l’ivoire de ce Sibret pour accompagner un CALI en set acoustique : le brit’ Steve NIEVE (ex-Elvis Costello, David Bowie, Morrissey, Alain Bashung, Robert Wyatt, Sting).
Salle comble donc pour accueillir le catalan venu – notamment – présenter son nouvel album qui sort le surlendemain. Un set sobre et dépouillé à l’extrême, mis en valeur par un superbe jeu de piano qui ne fait que renforcer la puissance de certain textes de CALI (qui se la joue parfois un peu trop Brel, planté raide comme un poireau au garde-à-vous derrière son micro).
Une première expérience en ce qui me concerne, loin de laisser indifférent tant le bonhomme, simple et débordant de sympathie, rayonne et irradie la scène de sa voix chaude qui remplit à merveille une salle Jean XXIII (oui : Jean XXIII…) au volume n’en demandant pas tant. Chapeau, Monsieur CALI : vous m’avez (presque) charmé par votre talent et par votre prestance. Chapeau Monsieur Nieve : vous m’avez (quasi) ensorcelé avec un jeu tout simplement extraordinaire. Et le public vous l’a bien rendu, je pense. C’est vrai que quand on invite une dizaine de gentes filles et dames à faire la farandole autour du piano, faut pas ensuite s’étonner d’être plaqué à terre sous quelques quintaux de chaire féminine en chaleur(s)…
Côté ambiance donc, c’est vrai que la charmante Elisabetta Spada (aka KISS & DRIVE) avait bien préparé le terrain. Accompagnée de ses seuls ukulélé, guitare et loopstation, plantée au milieu d’une scène paraissant bien grande pour cette petite Italienne, sa douce voix parfois même fluette est à l’image de sa personnalité attachante et drôle à la fois. Son humour assez déjanté et décalé fait presque de son set un one-woman-show, déclenchant l’hilarité d’une salle remplie de bourrus Ardennais qui lui réservent même une standing ovation en fin de concert, c’est dire ! Chez nous en Ardenne, c’est tout ou rien : on adore ou on déteste, pas de demi-mesure ! Comme en rock’n’roll – même si on en est aux antipodes ce soir.































































































