The KIDS + The PARANOIACS @ Sjock Festival #50, Gierle-Lille, 11 & 12 juillet 2026

The Belgian Connection (ou plutôt la Flamish Connection) ne meurt jamais avec ces deux vieux flingues de la scène belge venus rappeler aux générations Spotify que le punk n’a jamais eu besoin de demander la permission pour foutre le bordel. Le point commun entre The KIDS et The PARANOIACS ? Ils ne cherchent pas à prouver qu’ils sont encore jeunes. Ils démontrent quelque chose de beaucoup plus emmerdant pour tous ceux qui avaient déjà rangé le punk au rayon des antiquités : ils n’ont jamais cessé d’être dangereux. The KIDS ont sorti les vieux couteaux et les ont trouvés encore bien aiguisés. The PARANOIACS ont rouvert une boîte qu’on croyait enterrée depuis quinze ans et ont découvert que les bestioles à l’intérieur avaient toujours faim. Deux groupes belges. Deux générations de guitares. Deux manières de foutre le bordel.

The KIDS, 50 ans au compteur tout comme le Sjock et toujours cette manière de balancer les morceaux comme des coups de latte. À l’AB début de l’année, il parait qu’ils avaient déjà démontré qu’ils pouvaient encore transformer une salle en champ de bataille. Même recette au Sjock: pas de fioritures, pas de chirurgie esthétique, pas de tentative désespérée pour faire croire qu’on a encore vingt ans, parce que The KIDS jouent encore comme des types qui ont quelque chose à régler. Ils n’ont évidemment plus l’âge de courir partout comme des dératés, mais on s’en branle : le venin est toujours dans la voix et les guitares continuent de découper le gras. Et on redécouvre qu’un morceau écrit il y a près d’un demi-siècle peut encore coller des mandales. There Will Be No Next Time: le quatuor n’est pas en train de rejouer son passé, il est en train de lui coller une nouvelle couche de cambouis. Avec Blitzkrieg Bop, feu The Ramones peuvent rester tranquilles : leurs copains d’Anvers savent toujours comment transformer trois accords et un refrain en une émeute.

Et puis, parce que le Sjock aime manifestement titiller la queue des vieux démons jusqu’à ce qu’ils recommencent à cracher le feu, The PARANOIACS débarquent. 15 ans après avoir plié bagages, ils ressortent les câbles, les amplis et les vieilles marottes. Quelques concerts-tests ont parait-il récemment permis de constater que les Anversois n’avaient manifestement aucune intention de revenir sur scène en pantoufles. Au Sjock, ils ont tenu parole. Et même davantage. Ici, pas besoin de les présenter, tout le monde les connait. Si les morceaux ont vieilli – on ne les connait pas quant à nous – les musiciens aussi mais certaines chansons possèdent cette saloperie de qualité qui leur permet de traverser les décennies sans perdre leur pouvoir de nuisance. Les Flamands les qualifiaient de Vlaamse Ramones nous apprend-on au coin du bar backstage: chansons courtes, mélodies immédiates, guitares sales, efficacité maximale et cette capacité à transformer un refrain en hymne. Y a pas photo ni prompteur: le punk belge (… flamand) n’est pas mort, il a juste pris de l’âge. Comme le Sjock #50. Op sjock gaan plus que jamais !