Dear luggage inspector, if you open this PLEASE close it properly, the guitar is my mife. Thanx you 🙂 C’est tout simplement le mot inscrit par John Dwyer Ă l’intĂ©rieur de sa guitar case. Ca plante le dĂ©cor. Tout est dĂ©jĂ dit avant que la tornade n’arrive. OSEES, notre dĂ©couverte coup-de-coeur de ce Sjock #50. Il paraĂ®t qu’un concert est censĂ© ĂŞtre un spectacle. Une scène, des lumières, quelques types qui jouent de la musique et un public qui applaudit poliment en fin de morceau. Mais OSEES n’en a manifestement rien Ă foutre: son set ressemble plutĂ´t Ă une tentative organisĂ©e de faire imploser le rock’n’roll depuis l’intĂ©rieur dans une crise de psychĂ©dĂ©lisme totalement maĂ®trisĂ©e sous les fausses apparences d’un joyeux bordel. Car non, tout est millimĂ©trĂ©, tout est pesĂ©, pensĂ©, organisĂ©, rĂ©parti, orchestrĂ©…






Et ça commence sans préliminaires. Pas de montée en température, pas de poignée de main avec le public: OSEES met directement le moteur dans le rouge. Deux batteries en frontstage cognent comme si elles avaient été condamnées aux travaux forcés, la basse graisse les fondations et Dwyer balance ses riffs avec la délicatesse d’un type qui aurait décidé de régler ses comptes avec l’humanité entière. Le résultat est obscène.






Le garage-rock devient punk, le punk vire au krautrock, le krautrock se fait dĂ©foncer par le psychĂ©dĂ©lisme et tout ce petit monde finit dans une centrifugeuse mĂ©tallique. Les morceaux sont catapultĂ©s dans la gueule du public. Dwyer est inquiĂ©tant, guitare vissĂ©e contre le bide, silhouette de prĂ©dicateur tatouĂ© sous acide. Les deux batteurs dĂ©roule une avalanche rythmique sur la plaine oĂą ça saute, ça pousse, ça pogote, ça se fracasse joyeusement les cĂ´tes pendant qu’OSEES, lui, continue son carnage avec une prĂ©cision clinique passĂ©e au broyeur industriel.



Le gĂ©nie d’OSEES est lĂ : faire passer le chaos pour quelque chose de parfaitement maĂ®trisĂ©. Ou l’inverse : derrière cette apparente sauvagerie servie par une rythmique meurtrière, chaque coup de caisse, chaque rupture, chaque riff est rĂ©glĂ© au millimètre. C’est bordĂ©lique comme une Ă©meute ou une crise d’Ă©pilepsie collective mais prĂ©cis comme une horloge suisse. OSEES ne se jauge Ă sa juste et dĂ©mesurĂ©e valeur que live on stage, parce qu’il y de ces phĂ©nomènes qui ne se conçoivent que lorsqu’ils surviennent, pas quand on les dĂ©crit…




