COSMIC PSYCHOS @ Sjock Festival # 50 – Gierle-Lille – 09 juillet 2026

Ils nous l’on salopé, ce concert. Ah ça, ils nous l’ont bien salopé ce concert ! Un set ? Plutôt une bouillie sonore. Une débauche inaudible de décibels et une soupe à la puissance à qui mieux mieux. Un son sale comme c’est Dieu pas possible – ils nous auraient vomi leur prestation dans une décharge publique de punk rock qu’on aurait pas vu la différence. Mais COSMIC PSYCHOS n’aurait pas pu davantage nous plaire, car COSMIC PSYCHOS est intouchable, souverain et plénipotentiaire sur scène. Point à la ligne. On ne touche pas à COSMIC PSYCHOS.

Hilares. Ils sont hilares, nos Australiens, savourant la bonne blague qu’ils nous balancent dans la tronche. COSMIC PSYCHOS est d’ailleurs une vaste blague: ils ne se prennent pas au sérieux, comment pourrait-on les prendre au sérieux ? COSMIC PSYCHOS est une farce, une grasse et grosse farce mais pas plus finalement que leur I Really Like Beer UK/EU Tour 2026. Car plus houblonnés que COSMIC PSYCHOS on ne fait pas. On ne peut pas faire…

Le rock’n’roll a-t-il vraiment besoin d’un permis ? Il y a des concerts qui élèvent l’âme. Ceux de COSMIC PSYCHOS préfèrent manifestement lui rouler dessus avec un tracteur. Le trio ravage le Sjock comme trois routiers ayant raté la sortie vers le bistrot et décidé de transformer leur erreur en carrière. Pas de mise en scène, pas de philosophe sous kétamine derrière les consoles : juste une guitare, une basse, une batterie et suffisamment de décibels pour faire fuir le commun des mortels. I Really Like Beer Tour 2026 : le message est limpide, la subtilité est officiellement portée disparue.

COSMIC PSYCHOS prouve qu’on peut écrire du punk pendant qu’on semble intellectuellement occupé à chercher son ouvre-bouteille. Et ça marche même tellement bien qu’on finit par soupçonner le trio d’avoir découvert la formule secrète du rock : trois accords, une bière et surtout aucune envie de faire évoluer le concept. Ils arrivent comme le Messie, sauf que le Messie porte un marcel et sent probablement la sueur, la bière tiède et l’huile moteur.

Leur son est gras, brutal, parfois aussi élégant qu’un coup de boule dans une porte de garage. On pourrait leur reprocher une absence totale de finesse, mais ce serait comme reprocher à un bulldozer de ne pas être un violon. Le trio ne cherche ni la révolution musicale ni la rédemption artistique : il veut faire du bruit, faire rire et faire boire. Ils ne donnent pas un concert : ils organisent une panne générale du cerveau. C’est vulgaire, répétitif, bruyant, gras, parfaitement assumé et délicieusement débile. Bref, du rock’n’roll comme on l’aime quand on a cessé de croire qu’il devait sauver le monde. Il lui suffit parfois de nous empêcher de penser pendant une heure et demie. Mission accomplie, bande de psychopathes.