
… alors que certains ont fait leur temps, d’autres traversent les âges, plus charismatiques et plus flamboyants que jamais, sans que les années ne semblent avoir prise sur eux. C’est injustice que tout le monde ne soit pas égal face au temps qui passe…
Maintenant en ligne, full review & live coverage de SCORPIONS qui, le 04 avril 2018, foulaient derechef les planches de notre Forest National – un classique du genre, dont on ne se lasse décidément pas. Et ce n’est pas du haut de ses 70 balais que Rudolph SCHENKER nous démentira. C’est grave, Docteur…? Ou serait-ce par bonheur contagieux?


Les platoniciens croyaient que toutes les connaissances que nous acquérons ne sont que des réminiscences de ce que nous avons su avant notre naissance. Nos réminiscences, quant à elles, sont bien postérieures: elles remontent à la toute fin des seventies, puis au début de "nos" golden eighties durant lesquelles TOTO était l’une des composantes soft de la bande originale de notre folle jeunesse. Et plus particulièrement celle de nos blocus universitaires, quand la médiathèque suppléait les carences de la bande FM naissante pourtant pas avare en tubes estampillés TOTO. Ô tempora, ô mores…
Alors que bien des monstres plus ou moins sacrés tournent cette année à l’occasion de leur 50ème anniversaire (comme Barclay James Harvest il y a 3 jours ici-même), alors que quelques autres glorieuses formations ont déjà passé ce cap du demi-siècle, TOTO fait presque figure de petits jeunots à peine secs derrière les oreilles avec ce 40th Anniversary Tour.
Après l’hégémonie des trois frères Porcaro qui a tristement pris fin non sans laisser un indéniable et appréciable héritage, Steve Lukather demeure après quatre décennies sur la route le pivot central et le moteur de la formation. Et ce constat se confirme – du moins sur scène – au gré des shows de TOTO auxquels nous avons pu assister à raison d’au moins un par décennie – mais bien plus en réalité, sans plus aujourd’hui les compter. Dans la cuvette de Forest National il y a 2 ans encore, Lukather nous avait éclaboussé.

Mercenaire de première classe, la fine gachette Lukather continue de tirailler à gauche-à droite pour le compte des plus grands quand il n’est pas aux commandes de "son" vaisseau-amiral TOTO. Et entre tireurs que nous sommes, chacun dans nos domaines respectifs, le plaisir et l’honneur demeurent pour nous de (lui) tirer (le portrait) à bout-portant, ce soir encore en singulier duel.
Le sésame-photo dont nous crédite le tour management demeure comme à chaque fois la plus chaleureuse reconnaissance qu’un band – fusse-t-il TOTO ou un autre – puisse nous témoigner. Nombreux sont les appelés, mais toujours aussi peu d’élus peuvent-ils finalement arpenter le front stage tant que ces divas (de l’image aussi) auront décidé de ne pas confier leur sort entre les mains de n’importe quel objectif.
Une première heure dense, tonique et au rythme hyper soutenu – bref: quasi parfaite – nous donne à jouir du TOTO qu’on apprécie tout particulièrement: rock’n’roll à souhait et électrique à profusion pour qui aurait oublié que TOTO n’est pas qu’une machine à tubes mainstream de l’acabit de Rosanna ou de Hold the Line, mais aussi et surtout une machine de guerre quand on la désamorce. Cette pleine heure précède un passage à vide semi acoustique que nous qualifierons péjorativement de "mielleux et à la Steely Dan". Cette baisse de pression dans le turbo durera le temps que les 8 gars relancent la machine de plus belle pour une prestation de 02h10′ finalement, que clôture un puissant Africa en guise de bouquet final.
En définitive, bel exploit sur la durée pour cette bande de sexagénaires bien conservés pour la plupart, quoique leurs 5 minutes de rappel mollasson et peu enthousiasmant ne soit pas la meilleure option pour se quitter sur une bonne dernière impression. Celle-ci ne ternit cependant en rien cette soirée dans une Rockhal qu’on n’avait plus vue aussi remplie (sold out ?) depuis belle lurette. En guise d’au revoir, Lukhater nous fixe rendez-vous en 2028 pour les 50 ans du band: tout comme il le fait remarquer, on espère nous aussi en être. Et même plus d’une fois d’ici là…
Allez Steve, il te reste donc encore un peu de temps pour porter ton While My Guitar Gently Weeps – version Jeff Healey – à la cheville de celle d’Alain Pire. Oui, oui, on assume pleinement et on soutient la comparaison (Alain, pour nous ce sera un Orval – merci).
50th Anniversary Tour: soirée Xanax ou Prozac party ?
Maintenant en ligne, BARCLAY JAMES HARVEST (featuring Les HOLROYD) live @ Esch-sur-Alzette, 26 mars 2018.
Un cliché à l’image d’un set finalement peu contrasté (entendez: pas assez contrasté) et manquant de relief (entendez: pas assez de relief du tout…):

Il y a des concerts pour lesquels on nourrit comme un drôle de pressentiment bien avant d’en pousser les portes d’entrée. BARCLAY JAMES HARVEST fait partie de ceux-là, et nos mauvais pressentiments ne nous trompent malheureusement que rarement.
Non pas que Les HOLROYD et sa bande loupent le coche, non non non. Mais quand on ne brûle plus pour sa musique, à quoi bon encore en jouer si ce n’est pour arrondir ses fins de mois ou pour meubler ses longues soirées ?! Quand on n’a plus le feu sacré – ou qu’on le dissimule sacrément bien, comme peut-être ce soir – à quoi bon encore arpenter les routes du rock’n’roll circus ? Et c’est comme qui dirait l’impression que BARCLAY JAMES HARVEST nous laisse.
Avec un Club de la Rockhal chichement garni ce soir de bedonnants dégarnis et de ménopausées sur le retour, nous sommes en 2018 loin, bien loin du firmament de BJH dans les eighties notamment. Qui présentement ne se souvient pas de ce point d’orgue des Anglais par un beau 30 août 1980, offrant une prestation folle-dingue devant le Mur de Berlin, mais surtout devant plus de 175 000 fans ?!
Ainsi donc, entre Prozac et Xanax, BARCLAY JAMES HARVEST est sur les routes pour célébrer cette année son 50th Anniversary Tour – à l’instar d’autres vieilles gloires plus ou moins formolisées qui croiseront Les Holroyd en 2018 pour la tournée de leur 50ème également – YES et JETHRO TULL pour ne citer qu’eux (Jet Rotule – comme disait ma Maman). Manière de nous rappeler que l’Angleterre d’il y a un demi siècle n’a pas engendré que des dames de fer (et nous ne visons pas particulièrement Iron Maiden).

Cher Les HOLROYD, ne vous méprenez pas à notre sujet: loin, très loin de nous l’idée de dénigrer BARCLAY JAMES HARVEST. Nous sommes simplement attristé de constater qu’il n’est pas donné à tout le monde de vieillir comme il a vécu. Après tout, nous aussi on a des jours où on bande mou. Mais à notre décharge – façon de parler – disons qu’il y a moins de monde pour en jouir – façon de parler toujours.
The Monkey Family était de retour à Bruxelles ce samedi 24 mars 2018, pour enflammer la cuvette de Forest National avec cet ébouriffant MonkaDelic Tour 2018. Un truc de ouf, cette tournée d’anthologie…!

Un premier cliché ci-dessus, juste le temps que le tour management valide nos autres polaroïds – comme à chaque fois que SHAKA PONK nous gratifie d’un précieux pass photo, même règle pour tout le monde.
Et tant qu’à faire, trois autres extraits (validés !) de notre précédente séance de shooting @ Cabaret Vert, 2014. Que du bonheur pour l’objectif…:
… et même – soyons fous ! – un petit flash-back @ Ward’in Rock 2010 :

SHAKA PONK doit être ce que l’Hexagone a enfanté de plus ouf sur scène, et l’énergie fracassante qui caractérise ce The MonkAdelic Tour 2018 aboutit à un live spectaculaire, entre prouesses technologiques et performance scénique. Survitaminés, les six geeks de SHAKA PONK créent en quelque sorte le show du futur avec un punk numérique où la technologie vient sublimer la frénésie rock du band.
SHAKA PONK, c’est une centrifugeuse, un gros mixer dont Sam est comme la lame fixée en son centre. Juché sur un petit podium de fortune qu’il rejoint au milieu de la fosse de Forest National, il commence à tourner, tourner sur lui-même, lentement, puis de plus en plus vite, brassant la foule de ses bras et faisant mouliner les spectateurs-acteurs autour de lui par centaine et par centaine dans le sens inverse des aiguilles d’une montre…
De plus haut dans les gradins, le spectacle de ce pétrin est saisissant: cette immense masse sombre et informe en rotation donne le tournis, comme un tapis humain circulaire qui entamerait une lente ronde à l’instar d’une grosse toupie fatiguée.
Tantôt au milieu du public jusque dans les gradins, tantôt porté(s) à bout de bras par celui-ci, Sam et Frah se répartissent le show ainsi que le contact direct, physique et tactile avec les 3-4 mille spectateurs bruxellois. Le reste de la machinerie garantit le groove et le beat sur une scène devenue à la fois piste de cirque, exhibition-show et écran de console numérique.
SHAKA PONK n’a pas inventé le fil à couper le beurre mais a de manière certaine apporté sa contribution à l’entertainment fransquillon. Entre bains de foule d’anthologie, pogos à la pelle et un visuel venu d’une autre planète, la bande en forme comme jamais a trituré Forest National plus de deux heures durant avec toutes ses singeries. Avec ce Monkadelic Tour, SHK PNK a mis en branle une sacré machinerie qui leur sera difficile de surpasser.
Pour le reste, dommage que le management ne nous autorise pas à publier certains clichés qu’il n’a ainsi pas souhaité valider. D’autant plus dommage que certains sont, pour nous, les plus spectaculaires et les plus touchy tirés du pied de la scène. Mais il en est ainsi: dura lex sed lex. La loi du show biz. L’univers impitoyable du droit souverain à l’image. All the World is a Stage…
WILSON aura-t-il été en capacité d’atteindre au Luxembourg le même degré de perfection musicale et scénique que la veille à Bruxelles ?
Et si poser la question était en quelque sorte y répondre…?!

Le dernier génie conceptuel du 20ème siècle entouré de sa brochette fétiche de musiciens hors-pair.
Ou comment An Evening With Steven WILSON peut être synonyme d’intemporalité sensorielle, comme un moment de plénitude intégrale, ou un échantillon de nirvana terrestre dont nous gratifieraient les dieux…

Backstage, ce sont dans leurs racks toujours estampillés PORCUPINE TREE que guitares et basses fourbissent leurs effets en attendant leurs maîtres. A la fois le signe que WILSON revendique toujours fièrement le glorieux passé de sa première vie, et pour qui en douterait encore la confirmation que sa set list fait toujours la part plus que très belle à ces pièces-maîtresses d’une époque maintenant révolue. Qu’importe, pour les fins gourmets, Steven WILSON et PORCUPINE TREE c’est chou vert et vert chou.
Hier à Bruxelles, WILSON nous contait les péripéties de ses dernières dates allemandes – dont celle de Essen où il eut l’impression de jouer dans un cimetière (sic). Ce soir au Luxembourg, il nous narre sa toute aussi récente expérience finlandaise, se produisant face à des parterres assis peu enthousiasmants (re-sic), avec bobonne qui se morfond dans son fauteuil à côté de môsieur qui, lui, ne trouve pas du tout le temps aussi long qu’elle (re-re-sic). Bah ! ce n’est pas qu’Allemands et Finlandais n’appréciaient pas, c’est simplement qu’ils ont selon lui quelques difficultés à l’exprimer. Ah ah ah, british humour welcome…
Certains intellectuels culs-serrés en manque de bonnes phrases décrivent l’actuelle production de WILSON comme un chaos paranoïaque en provenance directe de l’ère post-vérité (hein ?! càd ?!). Nous nous contenterons pour notre part d’assimiler ce An Evening With Steven WILSON à un cliché en haute définition des temps déconcertants dans lesquels nous vivons: Steven Wilson nous les dépeint depuis l’horreur rampante de la technologie omniprésente à l’observation humanoïde de notre quotidien, de sa dramatique actualité à la déconcertante résilience dont la race humaine peut faire preuve en ces temps chamboulés (hein ?!). Pause.
Pour la bonne bouche, WILSON reste fidèle à lui-même d’une tournée à l’autre, continuant de fustiger les manchots qui brandissent à bout de bras leur smartphone pour poster sur YouTube une minable vidéo de m… (sic) qui n’intéressera en définitive strictement personne vu la quantité de vidéo de shit (re-sic) déjà présentes. Enjoy the show, les gars, plutôt que d’emm… ceux qui tentent d’en profiter derrière vous.

Steven WILSON, c’est comme le bouchon jeté à la mer: les plus grosses vagues (musicales) et les plus puissants courants (des modes) n’auront jamais raison de lui, qui restera toujours bien au-dessus de tous ces insignifiants remous ou de ces redoutables vagues de fonds.
Deux Steven WILSON d’affilée – hier à Bruxelles, ce soir au Luxembourg – c’est comme se resservir de dessert après le plateau de fromages. C’est comme s’offrir le vol retour en 1ère classe après avoir voyagé en economy à l’aller. C’est dans cette volupté non nécessaire qu’on découvre finalement le plaisir superflu et coupable qui rend le moment présent d’autant plus jouissif que fondamentalement essentiel. Rétrospectivement s’entend (hein ?!).





























































































