La puissance du métal, le pouvoir de l’absurde – c’est ULTRA VOMIT tout craché (ou vomi, c’est selon) avec une formule que le groupe perfectionne depuis plus de vingt ans : une combinaison apparemment improbable de métal rigoureusement exécuté, de références musicales immédiatement reconnaissables et d’humour volontairement régressif. Évier Métal a tout juste le temps de s’installer que le programme se précise : riffs puissants, changements de registre et détournement méthodique des conventions du métal dans une ambiance festive et une joyeuse rigolade sans jamais se prendre au sérieux. ULTRA VOMIT ne commence pas par ménager son public, mais par lui fournir immédiatement le mode d’emploi de la soirée.






« Doigts de Metal » en début de la setlist confirme sa fonction : établir rapidement un langage commun entre la scène et le public, traduisant la méthode ULTRA VOMIT où le comique repose sur les sujets absurdes, les associations de mots improbables et des références populaires. L’écriture musicale reste toutefois suffisamment précise pour que chaque pastiche soit reconnaissable, avec l’aisance de passer d’une famille du métal à l’autre, sans que la qualité instrumentale ne soit sacrifiée à la plaisanterie. Le band passe avec un étrange sérieux des codes du black métal, notamment dans le traitement vocal, tout en conservant des thématiques qui relèvent de l’absurde. Le contraste résume parfaitement l’identité d’ULTRA VOMIT : plus l’objet paraît dérisoire, plus l’habillage musical est travaillé.






Cerise sur le gâteau, « Mouss 2 Mass » interprété avec la participation du chanteur de Mass Hysteria, renforçant le lien entre la parodie et la scène métal française que le groupe célèbre autant qu’il la détourne entre hymne métal surdimensionné et hommage parodique décalé à cette esthétique presque solennelle interdisant toute gravité durable. ULTRA VOMIT ne se réduit ni à un groupe humoristique jouant du métal, ni à un groupe de métal ajoutant quelques plaisanteries entre ses morceaux: toute la magie repose sur l’équilibre entre ces deux dimensions. Les références ne fonctionnent que parce que les musiciens sont capables de reproduire et de transformer les codes qu’ils caricaturent. Inversement, la virtuosité ne devient jamais démonstrative, puisqu’elle reste constamment placée au service du gag, du jeu collectif et de l’autodérision – alliance entre maîtrise musicale et humour potache. Une prestation à la fois régressive et rigoureuse, absurde et parfaitement maîtrisée, qui confirme qu’avec ULTRA VOMIT, on peut rire des codes du métal sans jamais rire de sa musique.






