Pas d’obsolescence programmée pour un des fleurons de la New Wave Of British Heavy Metal…! SAXON était au Garage, @ Saarbrücken : c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes, isn’t it.
Auteur : Yves-Marie François

Il y a de ces concerts où l’on sait, dès la première note, qu’on va se ramasser une claque. Que l’on va communier à un moment d’une intensité exceptionnelle, que l’on va prendre part à une expérience sensorielle hors du commun. Ce An Evening with Steven WILSON dans une mythique Ancienne Belgique sold out depuis des mois et des mois maintenant, fait partie de ces parenthèses temporelles qui vous transportent dans un autre espace-temps, qui vous téléportent dans une autre dimension…
Il y a des chanteurs, il y a des guitaristes, il y a des musiciens, il y a des song writers, et il y a des stars qui peuplent le rock’n’roll circus. Puis il y a quelques Artistes, une poignée de Génies de la trempe de WILSON, qui ramènent tous les autres à leur simple condition. Touche-à-tout de talent, hyperactif de génie, Steven WILSON est sans doute le dernier génie conceptuel enfanté par le 20ème siècle.
L’éclectisme et le génie de WILSON nous transportent à nouveau ce soir entre rock progressif, psychédélisme avant-gardiste, métal poli, jazz-fusion et intimisme feutré. Steven WILSON mixe nos émotions, les soumettant tantôt à la brûlure de la lave en fusion, tantôt les apaisant par la douce caresse d’une plume délicate dont il nous frôle l’épiderme. WILSON, c’est tout et son contraire. C’est l’alpha et l’oméga.
Oui, Steven WILSON, c’est l’alpha et l’oméga de la musique moderne: il a tout ingurgité, il a tout digéré, il a tout assimilé pour mixer ce brassin et nous en ressortir la quintessence moëlle sous la forme d’une expression musicale qui ne ressemble à nulle autre. Il pousse même l’audace de moderniser radicalement la pop indé, en étant le premier à s’amuser du scandale qu’a provoqué son dernier opus parmi sa fan base et parmi les spécialistes (sic) qui savent mieux que lui dans quel style musical le catégoriser (re-sic).
Car oui, le sorcier WILSON qualifie sans complexe de pop music son dernier bébé, dans la lignée des plus grands artistes pop(ulaires) dont il vante le génie et le côté pop(ulaire): The Beatles et Abba (sans oublier Tears for Fears, Talk-Talk ou Kajagoogoo – clin d’oeil second degré à son comparse stage right). Et de tenter de transformer le temps d’un morceau pop l’Ancienne Belgique en une piste de danse, se gaussant à l’avance de contempler barbus, tatoués et fans d’Opeth se fendre d’un petit pas de danse.
L’admiration sans borne qu’il voue à celui qu’il considère être le musicien le plus talentueux parmi tous (… Prince…), n’a de pareille que la dévotion qu’il témoigne à sa Fender Telecaster millésimée 1963 usée par les ans, meurtrie par les sévices qu’elle a dû subir et par les tortures endurées entre ses mains de génie.

Moment de suprême volupté que où cette Telecaster, branchée sur un ridicule Hugues & Kettner qu’il dépose à ses pieds, transporte 2000 et quelques âmes au 7ème ciel par le biais d’un Even Less d’anthologie. Seul sur scène dans cette version ô combien dépouillée, la vraie dimension de WILSON nous éclate à la figure, nous explose les mirettes, nous éclabousse la face, nous métamorphose les tympans et nous ravage les neurones.
Un moment de grâce. Un moment d’anthologie. Un moment d’éternité. A l’image d’une soirée sans nulle pareille…

SAXON ne perd jamais de temp – et ça dure depuis 1979. Leur 22ème album Thunderbolt sorti début de ce mois, les voilà 3 semaines plus tard déjà repartis sur la route. Ce first leg du "Thunderbolt 2018 European Tour" est une sorte de court échauffement en salles de taille modeste, manière de tester la machinerie avant de partir à l’assaut d’une tournée mondiale plus tard cette année via le haut de bien des affiches de festivals estivaux. Une routine vieille de plusieurs décennies donc…
Rejoint par DIAMOND HEAD et par les Brésiliens de ARMORED DAWN en opening act, SAXON est le fast and furious de la NWOBHM. Cela ne fait-il pas 40 ans que ça perdure, aux côtés de quelques autres étendards qui font encore et toujours bien mieux que de simplement conserver de beaux et de bons restes. Seule la mort de l’un ou l’autre titan de cette époque bénie d’entre les dieux a pu mettre un terme à des carrières qui reposent encore aujourd’hui sur une fidélité absolue à une ligne de conduite musicale, ainsi que sur une absence totale de compromission ou de soumissions aux modes et autres effets mainstream.
L’hommage de Biff BUFORD rendu ce soir à Lemmy n’en est à nouveau qu’une illustration parmi bien d’autres. Quel autre "mouvement" musical, quelle autre tendance artistique peut-elle se prévaloir d’être toujours au sommet des décennies après son apparition, dans un monde où tout va toujours plus vite, ou tout est démodé avant d’avoir vieilli, où tout est old-fashioned avant même d’avoir fait ses preuves, où l’obsolescence programmée est devenue le modus operandi de quantité de groupes d’opérette et d’artistes à la spontanéité d’un poulpe et à l’inspiration d’un mollusque…??
Si une part belle du show est consacrée à leur dernier bébé tout juste sorti dans les bacs (… pour ceux qui sont encore de la génération où le toucher de l’objet d’art demeure sans équivalent), il faut bien avouer que c’est lorsque SAXON débouchonne ses cuvées Wheels of Steel, Denim & Leather, Strong Arm of the Law et autres Crusader millésimés que la température monte encore d’un cran.

Ceci dit, Biff demeure un tout grand gentleman qui allie humour, simplicité et convivialité lorsqu’il s’agit de maintenir la pression. Il fait en outre montre d’une surprenante humilité et d’une gentillesse peu courante à l’égard d’un public à qui il voue le plus grand respect.

Quand on n’a plus rien à prouver, sans doute cette attitude est-elle d’autant plus remarquable que peu courante dans ce monde de l’entertainment où le paraître et le superficiel demeurent les maîtres-mots (ou plutôt les traitres-maux…).

Il a été expérimentalement établi que les gaz suffisamment dilués satisfont l’équation des gaz parfaits qui exprime que le produit de la pression p par le volume V ne dépend que de la température. Ainsi, dans un cylindre (par exemple une salle de concert) dont le volume est réduit de moitié (par exemple l’Ancienne Belgique), la pression (dégagée par SIMPLE MINDS) est doublée à température constante (… et quelle température !).
Ceci s’effectue par des transferts de chaleur des zones chaudes (SIMPLE MINDS sur scène) vers les zones plus froides (l’audience de l’Ancienne Belgique en début de show) selon trois types de processus bien distincts: la conduction, la convection (forcée ou naturelle) et le rayonnement. La conduction, encore appelée diffusion thermique, est la transmission d’énergie thermique par les mouvements désordonnés des constituants de la matière (Jim Kerr, par exemple).
La convection est souvent le mécanisme dominant de transfert de chaleur. C’est la matière en mouvement qui transporte la chaleur qu’elle contient. La diffusion se limite alors au transfert de chaleur entre les parois (de l’Ancienne Belgique) et le fluide (la set-list) dans une fine zone de contact appelée couche limite thermique (autrement dit, le front stage).
Le rayonnement correspond à un troisième mode de transfert de chaleur. C’est ainsi que nous recevons la chaleur du soleil (le light show). La lumière est en général émise par un atome lors d’une transition d’un électron d’un niveau d’énergie excité (SIMPLE MINDS) vers un niveau plus bas (le public – ou vice-versa). Cette émission se fait à la fréquence ν reliée à la différence d’énergie E entre niveaux par la fameuse relation de E = hν, où h = 6,6 × 10-34 m2 kg/s est la constante de Kerr (Jim de son prénom).
En définitive, les gars, que vous a-t-il pris de jeter votre dévolu sur de petites salles pour cette tournée européenne, et de choisir ainsi l’Ancienne Belgique pour votre seule date belge ?! Vos derniers passages faisaient salle comble à Forest National… Non pas que nous n’apprécions pas l’AB – que du contraire, que du contraire ! – mais combien de milliers de déçu(e)s votre choix a-t-il pu occasionner ?!
Mais bon, vous avez fait le choix d’une tournée intimiste de petites salles à travers l’Europe, et c’est tout bénéfice pour les heureux élus. La toute relative intimité de cette soirée bruxelloise devant un parterre de 2.000 privilégiés est inversement proportionnelle à l’étuve survoltée dans laquelle se déroule ce nouveau face-à-face. Car SIMPLE MINDS et la Belgique (et Bruxelles en particulier), c’est une longue, longue histoire d’amour depuis que les petits Belges que nous sommes aient été les premiers à conférer une stature internationale et même mondiale à ce quintet d’Ecossais presqu’inconnus à une époque désormais révolue…
Avec cette nouvelle tournée, Jim et Charlie proposent ainsi une soirée en trois partie: quelques longs extraits de leur nouvel album suivis d’une séance d’interview live depuis la scène (euh… intermède tout à fait dispensable). Et pour terminer en beauté, un florilège d’absolument tous leurs plus grands classiques. Menu original s’il en est, mais peut-être un peu trop décousu en termes de rythmes et de cadence, avec cependant une dernière heure littéralement explosive.
Fidèle à sa réputation sans faille, SIMPLE MINDS fait de Bruxelles un danse floor rythmé de ses tubes indémodables, de son énergie communicatrice malgré le poids des ans et saupoudré de ses nouveaux standards – même si 99% de l’assistance avait cassé sa tirelire pour s’offrir un savoureux retour vers les déjà lointaines eighties.
2h10 plus tard, deux rappels convenus compris, le bon peuple de cinquas fifty male bedonnant / fifty female fardée de ressortir jovial d’une Ancienne Belgique sold out depuis des mois et des mois. Pas de surprise à la clé, si ce n’est l’incontestable constat que nos Ecossais de malheur ont quand même indélébilement et à tout jamais marqué de leur empreinte la bande son des eighties, côté Western World. Don’t you forget (about me)…
(PS: un concert sans pit front-stage, ça change ! Que du bonheur pour le premier rang qui peut déposer ses chopes sur la moquette de la scène. Mais nettement, nettement moins top pour les photographes…).
J’aime les chattes.
Petite bite.
Montrez vos nichons…
Zoomer sur la main gauche de Satchel aidera à comprendre les progrès fulgurants qu’il a pu accomplir ces dernières heures dans la langue de Voltaire et de Molière (qui est aussi malheureusement celle Maitre Gims et de Renaud). Un français phonétique léché et distingué bien sûr, tout en finesse et en raffinement. La totale classe. La méthode Berlitz, en accéléré et en un tantinet plus trash…
Comme le glamme – pardon: le clame – l’adage bien connu: qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. L’affiche de ce soir est du même parfum, ou plutôt du même tonneau / fond de barrique: Get ready for the hottest band out of Hollywood since Mötley Crüe, Guns ‘n’ Roses and Poison ruled the Sunset Strip. Get your GLAM on for STEEL PANTHER… !
STEEL PANTHER, ou comment le rock’n’roll circus n’a jamais aussi bien porté son nom. Concert? Show? Entertainement? Spectacle? Exhibition? Démonstration? Cabaret…? Comment décrire au mieux ces 90 minutes d’extravagance(s), que nous ne pourrions pas mieux qualifier de "cirque" en ce qui nous concerne?!
Une tablette disposée près de la console backstage, visible par les seuls STEEL PANTHER (et par votre serviteur), affiche le compte à rebours digital de 01h30 de show. A se demander si leur objectif n’est pas tout simplement de "tenir" 90 minutes sur scène, peu importe le manière de meubler, qu’importe le contenu et la forme de leur prestation. Ponctuée de Show your tits ! qu’ils font scander à répétition par l’assistance entre deux Let me f**k you et autres harangues raffinées, ce "show" ne restera pas dans les an(n)ales – du moins musicalement parlant.
D’ ya know why we love Luxembourg? Because pussies are easy to fuck !… Certes, certes, à voir maintenant si l’avis est partagé par toute la gent féminine, et surtout par les mâles frustrés présents dans l’assemblée. Toute chose ayant du bon, avec ce show où la tchatche prend le dessus sur la musique, la traditionnelle plage-horaire accordée aux photographes pour officier (càd durant les 3 premiers morceaux) ne dure pas moins de… 25 minutes. Un régal donc pour l’objectif, mais c’est aussi dire combien le répertoire de STEEL PANTHER est au centre de leurs préoccupations scéniques…
Entre un (une?) Lexxi Foxxx qui passe la soirée à se refaire une beauté miroir en main, et un Michael Starr dont on se demande si les lèvres et les pommettes botoxées vont tenir la distance, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas matière à mâter. Quand à l’ouïe, entre reprise e.a. de Black Sabbath et cover d’Ozzy qui ponctuent la set list, le répertoire de STEEL PANTHER demeure on ne sait trop où.
Entertainment, entertainment qu’ils disaient… Mouais: on s’est bien entertainé, certes, mais on ne peut pas dire que ça rassasie son homo rock’n’rollus.
Il y a un peu plus, je vous l’ mets…? Allez, oui, c’est carnaval aujourd’hui :

Les Belgian Giants – comme les médias internationaux les qualifient – nous ont amplement rassuré ce jeudi soir lors de leur sold out au Reflektor de Liège. Faut-il rappeler que nous restions sur une impression pour le moins mitigée après leur prestation bruxelloise de décembre dernier à l’Ancienne Belgique (sold out deux soirs d’affilée)?


Nous mettrons dès lors notre relative déception bruxelloise sur le compte d’un soir "sans", comme il y a des soirs "avec". Tout comme à l’AB, HONK KONG DONG ouvre à nouveau les hostilités en déployant une sono d’une puissance inouïe alliée à un son cristallin comme rarement atteint. A moins que ce ne soit l’acoustique de cette salle – que nous découvrons – qui en soit un des facteurs de succès.
Tout cela est-il de très bon augure pour TRIGGERFINGER? Hé bien non, catastrophe. Tout comme à l‘AB il y a quelques semaines, le son des Anversois est saturé, mâché, brouillon. Bâclé? Il en résulte une bouillie sonore qui ne s’améliorera que progressivement en cours de soirée, mais sans jamais atteindre le standard minimum qu’on est en droit d’exiger d’un band à l’envergure internationale et même mondiale.
Ce gâchis est d’autant plus flagrant et regrettable que HONK KONG DONG avait prouvé en première partie que ni la salle, ni la sono n’était à blâmer – que du contraire ! Hormis ce regrettable bémol, la prestation du power-trio (devenu quatuor pour les besoins de la scène) nous réconcilie totalement avec la substantifique moëlle de leur rock aux sonorités et aux rythmes si caractérstiques qui en sont la marque de fabrique. Et qui drainent ce soir encore la foule des grands jours.
Belgian Giants…
L’étroitesse de la scène, bien trop exigüe pour contenir toute l’énergie dégagée, rend d’autant plus explosif leur "Colossus" qui clôture le set avant un rappel en guise de deuxième service. Ruben s’arme alors d’une basse pour démultiplier encore la puissance destructrice de la Rickenbacker de Mr. Paul: pour peu, avec sa 4 cordes aux poings, sa rock’n’roll attitude tout autant que sa physionomie nous rappelleraient presqu’un certain Lemmy (qui aurait certes viré dandy). Bouquet final. Orgasmatron…

Red Skies Over Amsterdam…! FISCHER Z y débute son "Building Bridges Tour 2018" par un mérité et méritoire sold out au Paradiso: un superbe temple désacralisé garni d’une galerie sur deux étages, salle de moyenne contenance en plein centre-ville entre émanations des canaux et senteurs de cannabis (à moins que ce ne soit l’inverse).
Back to the eighties, quand John WATTS et sa clique arpentait les planches de l‘Ancienne Belgique un beau soir de… 1982 à Bruxelles. Horreur: il y a plus de 35 ans ! Nous écrivions alors:
"Avec les new-yorkais de FLESHSTONES en première partie, l’ex-leader de FISCHER-Z nous réserve un bien beau set aussi propret que propre sur lui. L’Ancienne Belgique est encore cette salle de spectacle vieillotte et ringarde qui sent bon la poussière et le vieux, le moisi et le rance – comme dans un vieux cinéma – quand pas la veille chope et la cigarette. Nous sommes en rhéto, et débarquons à la capitale pour FISCHER-Z. Ce n’est pas vraiment FISCHER-Z mais John WATTS, mais finalement où est la différence…?! Non pas Vieille France mais plutôt Vieille Angleterre, Salute to you, Sir John WATTS".
2017 a été un nouveau jalon important dans l’histoire de FISCHER-Z qui a superbement fêté les quarante ans de son premier concert en sortant un tout nouvel album studio éponyme de cette tournée 2018 ("Building Bridges"). Cet écrin est sans doute l’album le plus abouti et le plus mature de FISCHER Z, et contient quelques perles qui sont probablement les plus plus rock’n’roll du band. La production s’affranchit définitivement d’une étiquette électro-pop-new wave anglaise gentillette et fait entrer FISCHER Z en pleine crise de la quarantaine ! Testostérone, testostérone…
John WATTS continue comme toujours de construire des ponts entre les religions, la droite et la gauche, les riches et les pauvres et des points de vue opposés sur les migrations mondiales, en prenant aussi plaisir à nous raconter de petites histoires de gens ordinaires. Cette tournée "Building Bridges" concilie le passé et le présent avec les nouveaux morceaux mais aussi un "greatest hits" des trois premiers albums de FISCHER-Z.
A 20h30 pétantes, John WATTS débarque sur la scène. Seul… Seul ? Oui, seul, pour annoncer que le concert débutera avec très exactement une demi-heure de retard, par respect pour les retardataires qui n’ont pu rejoindre à temps le Paradiso suite aux retards encourus par les trains hollandais secoués par la tempête de ces dernières heures.

Total respect Mister WATTS, vous êtes un grand Monsieur et le respect que vous témoignez à votre public est à la hauteur de celui que vous méritez. Et les 105 minutes de pur bonheur qui s’en suivront n’en seront que la musicale et nirvanesque traduction, "Building Bridges" entre nostalgie et passéisme, entre madeleine de Proust et pure modernité. Votre voix est demeurée intacte, et si votre corps a comme les nôtres subi les affres des années, il n’en est rien à côté du poids des ans qui nous accable quand on regarde dans le rétroviseur: nous ne nous étions plus vus depuis 36 ans, Monsieur WATTS, mais c’est comme si nous nous étions quittés hier…





























































































































































































