Uli Jon ROTH – Zik-Zak de Ittre, 18 mai 2026

Tokyo Tapes, 1978 – premier album live de The SCORPIONS, à la fois fondateur et détonateur d’un parcours initiatique personnel. Tokyo Tapes, 1978 – mémoire ô combien toujours vivante de la tournée japonaise des Allemands qui s’avère être la dernière d’Ulrich ROTH au sein du combo avant de partir fonder son propre Electric Sun. 1978 : nous allions naïvement mais gaillardement sur nos 14 ans quand ce double live nous explose littéralement à la gu… à l’instar d’un Double Live Gonzo ! ou d’un autre If you want blood, you’ve got it. Des States jusqu’à l’Australie en passant par l’Europe, ces live estampillés 1978 ont façonné parmi d’autres en cette faste et glorieuse année ce que nous sommes aujourd’hui encore…

Près de 50 ans plus tard, c’est ce même Uli Jon ROTH qui nous téléporte dans notre juvénile passé seventies. Polar Nights, Hell Cat, Sun in my Hand, autant de titres où l’on retrouve ROTH aux vocals sur Tokyo Tapes et qu’il nous sert ce soir sur un plateau d’argent, performant l’intégrale de l’album Virgin Killer (1976) et une bonne partie de In Trance (1975). Manière de célébrer en grandes pompes le demi-siècle de ces deux albums fondateurs de The SCORPIONS à l’époque où le génial et prolifique ROTH en était encore une des têtes pensantes.

Virgin Killer est ainsi joué dans son intégralité pour la première fois – jamais les Teutons ne l’ont fait – et sans doute pour la dernière également dans le chef de ROTH. En apothéose, il nous gratifie d’un In the Park jamais performé par SCORPIONS en plus de 5 décennies de tournées intercontinentales mais que ROTH nous balance dans les gencives à l’occasion de sa tournée mondiale qui fait ce soir halte à Ittre. Il nous gâte, le coquin lutin qui semble être resté musicalement et vestimentairement coincé dans le labyrinthe du temps passé à l’instar d’un certain Ritchie qui lui y est retourné de son plein gré. Frissons… Les longs extraits de In Trance qu’il enchaîne par la suite clôturent en beauté un set explosif au parfum à la fois suranné, mélancolique et nostalgique. Comme pour nous rappeler que les Allemands, avant de virer guimauve et balades sirupeuses au prestige planétaire dans les années ’80 et ’90, ont contribué dans les seventies à consolider le pendant continental d’une NWOBHM encore naissante. Quatre décennies plus tard, The SCORPIONS sont quasi revenus à leur recette originelle en fêtant l’année dernière leur 60ème anniversaire – excusez du peu.

La soirée avait toutefois extrêêêêmement mal commencé avec un premier set des plus soporifiques voire des plus pathétiques qui soient – pour demeurer respectueux envers ce personnage au parcours hautement respectable lui aussi. Seul sur scène, sur fond d’une pitoyable bande-son téléchargée low-cost (cordes, claviers et percussions), Uli Jon ROTH nous bassine ses arpèges au travers d’une espèce de Rondo Veneziano du pire effet trois-quart d’heure durant, prétexte au guitariste pour nous exposer sa vision artistique entre rock atmosphérique, envolées lyriques et virtuosité néo-classique pour le moins dispensables. Avant la délivrance qu’apporte un intermède annonciateur d’un second set d’anthologie: entouré alors d’une efficace brochette de performers, le lascar se fait jubilatoirement pardonner tout en permettant à Virgin Killer et à In Trance de demeurer définitivement à dater de ce soir albums plus fondateurs que jamais…