Avec The TOY DOLLS, le punk est en mode cartoon : le trio déboule sur la mainstage avec leurs costumes tirés à quatre épingles et leur tronches de vieux garnement qui te font bien sentir qu’ils entendent te servir leur punk avec une poignée de confettis dans la gueule. Parce qu’avec Olga et ses complices, le punk n’a jamais vraiment eu besoin d’être menaçant. Il suffit qu’il soit rapide, débile, mélodique et suffisamment vicieux pour vous coller un refrain dans le crâne avant même que vous ayez eu le temps de protester.






Les guitares cavalent à fond de train, les rythmes mitraillent et les trois lascars sautillent sur scène avec l’énergie de gamins qui auraient remplacé le goûter par trois litres de bière. Pire que des kangourous. Pire. Les morceaux s’enchaînent à toute berzingue : du punk tout ce qu’il y a de plus britannique mais sous amphétamines, du ska passé dans une centrifugeuse et surtout cette incroyable capacité à transformer chaque chanson en gag musical.





Et puis arrive The Lambrusko Kid: une gigantesque bouteille de champagne gonflable fait son apparition. Elle est dégoupillée et le résultat ressemble moins à un concert qu’à une fête de fin d’année organisée par des hooligans imbibés: confettis partout, public hilare, The TOY DOLLS en roue libre, quoi.







Mais le véritable missile balistique reste évidemment Nellie the Elephant. Le morceau que tout le monde attend. Celui qui transforme instantanément la foule en chorale punk sous caféine. Et lorsque l’éléphant déboule, la prairie se réveille d’un coup. Il y a ceux qui reprocheront aux TOY DOLLS de ne plus avoir la fraîcheur de leurs débuts. Ceux qui chercheront le morceau capable de rivaliser avec leurs grands classiques et resteront sur leur faim. Et puis il y a ceux qui comprennent que The TOY DOLLS ne sont pas venus réinventer le punk. Ils sont venus le faire sourire.






Depuis près d’un demi-siècle, Olga et sa bande perfectionnent la même recette : des guitares qui filent à 200 à l’heure, des refrains idiots mais imparables, des costumes improbables, de l’autodérision et cette bonne vieille philosophie selon laquelle un concert peut parfaitement être une gigantesque connerie — pour autant qu’elle soit jouée à fond. Une opération de sabotage du sérieux. Et quand Nellie the Elephant finit de piétiner la mainstage, le constat est simple : certains groupes vieillissent. The TOY DOLLS, eux, ont simplement appris à devenir de meilleurs emmerdeurs.






