
Co-fondateur de SCORPIONS avec son frère Rudolf, Michael SCHENKER nous sert ce soir un best of de la plus riche époque des teutons, mâtiné d’un florilège de UFO et d’une sélection raffinée du MICHAEL SCHENKER GROUP. Que demander de plus?!
L’Allemand se pointe (comme les casques du même nom) bonnet vissé sur le crâne sur lequel semble rivées depuis des années ses lunettes de soleil pour (certainement) protéger la laine de la chaleur dégagée par les lustres. Accompagné de ses 6 Gibson Flying V dont 5 refroidissent alternativement dans leur box, Herr SCHENKER réunit derechef son line up exceptionnel « TEMPLE OF ROCK » identique à celui de 2013, ainsi flanqué de ses deux compères historiques de l’époque SCORPIONS, Herman "Ze German" RAREBELL et le flamboyant Francis Botox – pardon: BUCHHOLZ – qui n’a pas changé en 30 ans (mais comment est-ce Dieu possible?).
L’ex-Rainbow Doogie WHITE aux vocals est un peu à la traîne, avec un organe qui peine manifestement en fin de set à force de passer sans cesse du Klaus Meine à du Phil Mogg et vice-versa. Encore davantage que l’année passée au même endroit – et ce n’est pas peu dire – SCHENKER est jovial et rayonnant, enthousiaste même et d’un entrain plus que communicatif. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, il a l’air de s’amuser et de prendre son pied, le Teuton (son pied mari(teu)ton?). A moins que ce ne soit l’effet Gibson Flying bien coincée entre les jambes…?
L’époque semble presque lointaine où nous n’avions droit qu’à son faciès d’enterrement et à sa tronche d’une morbide froideur proche de l’antipathie et du dédain. Mais, comme nous le confie le patron des lieux à l’issue du set, "C’est que Michael SCHENKER a-do-re littéralement se produire au Spirit". Ce qui ne l’empêche cependant pas de prendre la poudre d’escampette et de se sauver en catimini, bien encadré, dès le set terminé. 1h40 plus tôt, "Doctor Doctor" ouvre comme l’avait fait UFO l’année dernière une copieuse set-list, comme pour laisser penser que ce qui est fait n’est plus à faire (ou plus vite fait plus vite quitte, peut-être ?).
Toujours est-il que ces 100 minutes de bonheur ravissent un public comblé composé d’une horde de fans du SCORPIONS de la première heure, à peine plus nombreux que les aficionados de l’ovni UFO et tous réunis par une même délectation pour les compos du MICHAEL SCHENKER GROUP. Et que dire lorsqu’il rend hommage à Ronnie James Dio?! Pour la petite histoire, restera cependant à préciser à Francis Buccholz que Verviers est situé en Belgique et non pas en France. Mais ne soyons pas mauvaise gueule: c’est vrai que nous sommes si loin de l’Allemagne, ici à Verviers…


(Concerts encore antérieurs de Michael SHENKER au Chapitre 1 "The Vintage Years 1978-2011")
… et déjà quelques extraits vidéos des sound checks et concerts de TRIGGERFINGER & BIG SUGAR :
(Sorry pour l’exécrable qualité de cette vidéo, inversement proportionnelle à celle des prestations. Enjoy !).

TAGADA JONES, ou quand rock enragé rime avec rock engagé, bien à gauche de l’échiquier rock hexagonal. Les Bretons ont repris il y a pas mal d’années maintenant comme qui dirait la relève d’un certain flambeau – ou plutôt d’un étendard – jadis tenu par les Berurriers Noirs notamment, voire Les Ramoneurs de Menhirs ou Lofofora qui continuent leur bonhomme de chemin, après l’intervalle Bal des Enragés. Dommage que le public n’ait pas capté cet essentiel – ce fondamental – et ne se soit pas déplacé en nombre dans un Entrepôt pourtant bien configuré pour contenir la rage boulimique de TAGADA JONES.
Si le band regrette cette affluence toute relative, il rend néanmoins un hommage appuyé à cette assistance certes clairsemée mais toutefois bien en phase semble-t-il avec les dissidents. Les slogans taillés dans le roc(k) sont scandés par des refrains qui leur donnent une consistance toute spéciale ; les lignes de guitares tout comme le mur de la rythmique leur assurent une caisse de résonance et une portée optimales pour devenir cri du cœur, cri de rage, cri de révolte. La puissance des mots et le choc des riffs en quelque sorte, loin d’un discours aseptisé et creux : la musique porte les lyrics, le discours vindicatif et intemporel colle à la hargne des Marshall.
TAGADA JONES revendique sa place dans le débat sociétal, et ceux qui ne l’entendent pas de la sorte doivent souffrir d’acouphènes. Ceux qui l’entendent aussi, d’ailleurs. Si avec Lavilliers la musique est un cri qui vient de l’intérieur, avec TAGADA JONES ce cri intérieur porte sacrément à l’extérieur. Et tant qu’à faire, c’est pas plus mal pour être entendu. No pasaran !

Alleï, une fois n’est pas coutume, inspirons-nous de l’excellente review du dernier album de NASHVILLE PUSSY parue dans l’édition de septembre 2014 de "Classic Rock Magazine" afin de partager l’ambiance de ce 13 octobre 2014 dans la fournaise du Spirit of 66.
Let’s go !
"Unashamed party animals, NASHVILLE PUSSY haven’t sounded this strong since debut album Let Them Eat Pussy in 1998. Atlanta’s fiery four-piece clearly don’t give a damn, they’re just doing what comes naturally – and that means pulling together references from Motorhead, Ted Nugent, Aerosmith and Skynyrd, alongside a huge dose of redneck attitude, while never losing their ribald sense of humour".
"It’s obvious on Everybody’s Fault But Mine, which owes something to Mountain, and carries on through the Motorhead-fuelled Rub It To Death and Spent. They then hook up the trailer to the ZZ Top snout for Beginning Of The End before getting countrified for Tray For Cocaine, Hooray For Tennessee. This is Skynyrd with tongues in cheek, while Pillbilly Blues hitches a ride to an AC/DC groove circa Let There Be Rock, and Pussy‘s Not A Dirty Word could belong in the Aerosmith box. Yep, this is loud American rock’n’roll, with no frills, no regrets".

Que dire de plus ?! Qu’ajouter, puisque tout est dit, bien dit et si bien écrit qu’en rajouter ferait tache et caisse de résonance. Et avec d’entrée de jeu Keep on Fucking, la messe était dite dès la première note – même pas besoin d’attendre la consécration, d’autant plus qu’on communiait au Jack Danniels et à la Jupiler sur la scène. NASHVILLE PUSSY reste un band à part, et comme José, a le râble tanné. Ca doit être ça, notre version bien de chez nous du redneck. Le Spirit of 66 n’a jamais si bien porté son nom, avec ces effluves de Jack Danniels qu’on pouvait humer à des lieues.
Est-il besoin de rappeler que NASHVILLE PUSSY fait référence à une phrase que Ted Nugent éructa un beau soir sur scène dans le Tennessee? L’occasion de se passer et repasser ce morceau d’anthologie qu’est Wang Dang Sweet Poontang sur l’abum Double Live Gonzo ! où, tout en délicatesse et en finesse comme à l’accoutumée, le Nuge de dédier de la sorte ce morceau à la gente féminine locale. Ite missa est: allez en paix et ne péchez plus Brothers & Sisters…
(Deux précédentes reviews de NASHVILLE PUSSY en texte & photos : 2002 et 2009)

Etrange, tous ces groupes anglo-saxons qui scindent leur UK de leur European Tour, à l’instar d’ ANATHEMA tout fier d’annoncer au public que cette date à la Kufa de Esch est leur première date européenne alors qu’ils viennent de terminer leur UK Tour. Mais soit, nous ne serons jamais des insulaires. Encore tout auréolés de leur 3 nominations au Progressive Music Award 2014 et d’une récompense effectivement décrochée, ANATHEMA nous balance la crème de leur crème près de deux heures durant.
Pour les amateurs de guitare qui gratte, il manquera toujours ce petit quelque chose, ce dérapage, ce délire, cet envolée, cette explosion, ce clash qui fait qu’un ANATHEMA ne sera effectivement jamais qu’un Porcupine Tree de seconde catégorie. Et c’est sans doute mieux ainsi, vu qu’avec Steven Wilson à la production déjà, il ne manquerait alors plus que lui et sa gratte sur les planches pour que le tableau passe d’un Chagall à un Van Gogh.
De projet doom metal initialement, ANATHEMA est devenu au fil du temps plus atmosphérique, plus progressif, plus aérien – un peu trop peut-être, du moins sur la durée d’un set complet. La formule semble cependant tenir manifestement la route alors que le band reste a contrario un habitué des programmations et scènes disons plus couillues et plus graisseuses (Hellfest & Cie). La démonstration de ce soir reste donc quant à elle empreinte de toute la douceur qui sied, face à un public en phase mais qu’il restera cependant difficile de catégoriser entre doux, amorphe et inerte. Ou subjugué peut-être? Le "Are you still there ?!" lancé par Calaghan en milieu de set pour sortir le public de sa torpeur lève néanmoins un coin du voile…
MOTHERS’CAKE fait office de parfaite mise en bouche, ici à Esch comme pour toute la tournée européenne d’ANATHEMA. Enfantés de Grand Funk Railroad, ils ont dû téter du Primus à la maternité avant d’avoir les Red Hot comme nurse. Si ce n’est pas ça, c’est néanmoins une excellente maladie.


Seul concert du Nuge sur le Vieux Continent en 2014, nous avons eu le privilège d’être backstage à ses côtés lors du Sweden Rock Festival cet été (more pix & reviews here online). En sus, trois clichés supplémentaires de médiocre qualité certes car tirés d’une vidéo (… diffusion restreinte…) que nous avons tournée backstage lors de l’arrivée de Gonzo sur scène. Oui, le rock’n’roll peut demeurer flamboyant par la grâce du panache que conservent certains, même s’ils ne vivent probablement que sur leurs acquis. Mais n’est-ce d’ailleurs pas la définition d’une icône…?! (just click to enlarge !)

Quand on entend des réflexions du style « Les ruraux sont de sortie, les bouseux font la fête » (sic), on sait directement à qui on à affaire. En l’occurrence, à des citadins pour le moins boursoufflés de préjugés ringards, à l’image de leur 4×4 qui n’a jamais sans doute affronté la moindre once de boue ni jamais quitté les bouchons de l’Avenue Louise. A l’instar de leurs conducteurs demeurés tout aussi englués dans leur snobisme pédant de fin de lignée, de fin de race. Car, oui Môssier, on sait s’amuser sur le Plateau Ardennais. La preuve en est: le Ward’in Rock Festival, 18ème du nom et donc bien rodé, reste une bien belle fête champêtre agrémentée de bien beaux noms – basta.

Les cuivres survoltés de BABYLON CIRCUS sont la première des deux têtes d’affiche du vendredi soir, dans un marquee où la condensation qui suinte de la toile du chapiteau résume à elle seule la densité du show et la sueur qui s’en dégage. GIRLS IN HAWAI clôture l’affiche de ce premier soir en offrant l’avant-dernier concert d’une série de près de cent dates – excusez du peu.

Le groupe ayant sérieusement gagné en maturité et en assurance depuis leur dernière prestation ici-même il y a quelques années, notre souvenir d’un groupe gentillet de pop-rock sans beaucoup de relief en a pris pour son grade. GIRLS IN HAWAI, quand il se lâche, peut en effet sortir les griffes, et de gentil Garfield se muer en vilain matou qui renoue avec son instinct de félin et de prédateur. Pas assez souvent à notre goût certes, mais là n’est pas non plus la destinée de GIRLS IN HAWAI…

Que penser des Français de F.M.B. ? Nous les appellerons en effet de la sorte: FUCKING MYSTERY BAND, par sarcastique respect de leur droit à la non-image qu’ils revendiquent. Après le « Pas de bras? Pas de chocolat…« , inaugurons le « Pas d’image? Pas de nom…« . Ce collectif dont nous tairons donc le nom – puisqu’il s’agit d’un collectif – clôture le festival le lendemain samedi en offrant une prestation entachée de trois coupures électriques en début de set. Pas l’idéal alors que le band n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière – au propre comme au figuré. Et c’est en ces circonstances que la bouteille et l’expérience parlent, lorsqu’il faut occuper l’espace, remplir et meubler les temps morts en affrontant les sifflements de mécontentement du public. Ils auraient affoné leurs chopes comme les y invitait l’assistance au lieu de les siroter, certain qu’ils auraient gagné des points les jeunots!
Mais ces points perdus, Fucking Mystery Band les récupère bien vite, prestant finalement une démonstration de force bien plus convaincante pour nous qu’il y a 2 semaines au Cabaret Vert. Ce FMB clôture de la sorte en bouquet final une tournée qui s’achève, elle aussi, sur les hauteurs du plus haut festival du Royaume. Si aucun photographe n’était autorisé à officier frontstage au Cabaret Vert, ce n’est plus le cas ici – mais c’est du pareil au même puisqu’aucun de nos clichés n’a été validé par le management du groupe. Sous prétexte soi-disant de ne pas éclipser la musique et le message au profit d’images d’un collectif à géométrie variable. Décidément, coup sur coup, tout fout l’camp au pays du Camembert – quels que soient les motivations, arguments et prétextes avancés. Si ce Fucking Mystery Band craint tant que son image éclipse son message, sans doute celui-ci ne vaut-il pas plus? Quand on craint que le contenant déprécie ou altére le contenu, faut-il en déduire que celui-ci est de bien petite facture…?
VISMETS, en after sur la grande scène, nous réconcilie par un show parfait et sans faille : notre découverte coup de coeur du weekend assurément, retrouvant par la même occasion à la basse le guitariste de CHATEAU qui officiait ici-même l’année passée. Bon sang ne sait mentir, et ce n’est pas KIDNOIZE qui pointe son museau sur scène qui nous contredira…































































































































































