
Nous ne marchions pas encore que Jeff BECK intégrait les Yardbirds: toutes ces décennies, ça fait froid dans le dos ! Et comment dissocier le nom de Jeff BECK de ceux de Jimmy Page, Eric Clapton, Tim Bogert, Carmine Appice, Rod Stewart, Ron Wood, Cosy Powell…? Ca donne le vertige, ça fout le tournis d’avoir devant notre objectif, dans ce superbe Cirque Royal bruxellois, une légende vivante. Trois heures avant le début du concert, nous n’avions pas encore obtenu le feu vert du tour manager pour le précieux sésame: un pass-photo à H-3 (…et à 150 bornes de là), maintenant ça c’est fait.
Vous connaissez, vous aussi, de ces gens-là qui se pointent le matin au bureau (ou à l’usine) et qui n’ouvrent pas la bouche de la journée. Pas une blague, pas un bonjour, pas un merci, pas un pardon, pas un s’il vous plait. Rien, nada, niets, nothing, que dalle. A peine une sourire en arrivant, et au mieux un au revoir en partant. A se demander si ces gens-là ne seraient pas mieux en télé-travail. La légende Jeff BECK, c’est un peu la même chose.
Non pas que ces gens-là bossent mal ou peu, ou qu’ils n’en touchent pas une. Que du contraire: ce sont parfois eux qui font tourner la boutique et qui abattent un max de taf, comparativement à d’autres grandes gueules qui n’en touchent pas une tout en faisant croire le contraire, laissant entendre que sans eux rien n’existerait. Le mythe Jeff BECK, c’est un peu la même chose…
Jeff BECK, c’est donc un peu comme les croquettes Mc Cain: ce sont ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus. Mais bon, à quoi bon se déplacer à un concert si c’est pour n’avoir que le son et pas l’image…?! Mouais, Jeff BECK nous laisse donc quelque peu sur notre faim. Il nous attristerait presque: comme il doit être fatigué, ce si grand Monsieur hors-format, au point de ne plus brûler plus pour ce qu’il fait. Qu’il doit être usé, pour ne plus vibrer sur scène. Qu’il doit être éteint pour si peu rayonner…

Ce constat n’enlève rien, strictement rien au mythe, mais le grand maître des riffs, synonymes d’aventures musicales et d’improvisations grandioses avec sa Fender Stratocaster, est aujourd’hui fatigué. Ce doit être un jour sans. Pas le choix: ça doit… Le Jeff nous balance du BECK et du Yardbirds bien sûr, mais aussi du Jimi Hendrix ("Little Wing") , du Sam Cooke ("A change is gone come"), du Impressions ("People get ready"), du Stevie Wonder ("Superstition"), du Don Nix ("Going down") mais aussi du Beatles (avec l’intro de "A day in the life"). Tout le monde s’y retrouve donc. Nous, un peu moins.
Il est des personnages qu’il faut avoir vus, il y a des tronches qu’il faut avoir shootées, il est des légendes dont il faut avoir croisé le chemin, il y a des mythes qu’il faut avoir côtoyés, il est des guitaristes qu’il faut avoir vu live on stage: Jeff BECK en fait partie. Mais il fait aussi désormais partie de ces génies qu’il vaut mieux dorénavant écouter tout simplement, en se contentant de garder en mémoire, pour la grande Histoire, les images de leur splendeur passée. Car il est de ces bougies qu’il faut rallumer, de ces braises qu’il faut raviver. Ou définitivement laisser s’éteindre. Même si tout le monde ne peut pas être et avoir été, total respect Mister BECK.

Nous étions adolescent lorsque Ballroom Blitz avait nos faveurs dans le juke-box de « chez Madeleine ». Ce titre phare de SWEET se la partageait à Baby Snake de Frank Zappa, que nous faisons alternativement et surtout indéfiniment tourner en boucle dans le bistro en monopolisant le mange-disque. C’est ainsi que nous avons découvert SWEET au tout, tout début des eighties alors que le band avait déjà pourtant une longue histoire derrière lui et un semi-remorque de hits à son actif.
C’était le temps de nos premiers bistrots, de nos premières bières, de nos premières amourettes sur les banquettes feutrées de rouge dans le coin sombre, à gauche au fond du café – quand on ne jouait pas au billard à l’étage. Entre un SWEET et un Frank Zappa, on payait notre chope avec une pièce de 20 francs qu’on claquait bruyamment sur le comptoir lustré de la Madeleine, pour faire comme dans les films de western… Car c’était aussi l’époque où coïncidait l’apparition des pièces de 20 francs belges et le passage de la chope à ce même prix.
C’est dire combien le concert de SWEET ce dimanche soir à la Rockhal revêt une saveur particulièrement nostalgique et dégage une senteur adolescente. Et nous n’étions de loin pas le seul de l’assemblée à vivre ce revival glam rock, même si sans doute ne sommes nous pas le plus jeune non plus de la salle – mais quasi. Trois photographes accrédités seulement, dont les deux autres couvraient également le show des Chippendales ( !) dans le mainhall voisin du club de la Rockhal.
Le délégué de Kultopolis, le promoteur du concert, nous accueille himself à l’entrée presse. Il ne nous délivre pas le traditionnel pass-photo à arborer en guise de laisser-passer, mais nous offre un service pour le moins personnalisé en nous conduisant jusqu’au cerbère de faction qui garde l’entrée du pit front stage. Un service d’autant plus personnalisé qu’il nous précise même qu’Andy SCOTT, seul membre originel de la formation époque fin sixties, se tient stage right (ou stage left, depuis le public), sous-entendant donc de braquer notre objectif sur ce côté de la scène…

Des concerts desquels on sort à 21h20’, de mémoire de rocker, ça n’est pas tous les soirs ! 1h20 sur scène pour les cinq revenants d’une époque révolue qui nous ont fait voyager dans le temps en nous déversant tous leurs hits – dont une partie non négligeable fait partie du patrimoine culturel et immatériel de l’humanité tant ils ont été repris… 20h00: back to the roots. 21h20: back to the future. Mission accomplie. SWEET memories…

C’est ambiance caribou et police montée à la sauce canadienne ce soir, et on se prend dans les gencives l’affluence des grands jours dès l’accès aux parkings de la Rockhal. Le bon peuple est venu pour se trémousser sur NICKELBACK, les rockeurs sont venus pour déguster du MONSTER TRUCK. Le grand public est venu pour se dandiner avec NICKELBACK, les connaisseurs ont fait le déplacement pour savourer MONSTER TRUCK.

En forçant le trait, tailleurs, talons aiguilles et coupes de bulles pour NICKELBACK; cuir, boots et chopes pour MONSTER TRUCK. Chacun son style – on n’a pas choisi le nôtre, on est né comme ça.
Il est comme ça des opening acts et des special guests qui valent à eux seuls le déplacement: MONSTER TRUCK en fait partie. Il est par contre aussi des groupes qui sont devenus guimauve et mainstream sans même avoir eu le temps ni surtout pris la peine de confirmer tout le bien qu’on pensait pourtant vraiment (oui, vraiment) d’eux à leurs débuts: NICKELBACK est de ceux-là. A l’instar de Greenday ou de Limp Bizkit qui drainent un public similaire ou quasi, NICKELBACK ne restera jamais qu’un groupe mainstream parmi d’autres. Et qu’y a-t-il de pire pour des rockers que d’être mainstream, on vous l’demande…?!
Soirée tout en contraste donc, tant sur scène que dans une Rockhal pleine comme un Polonais en fin de carême, avec néanmoins un point commun, et non des moindres: une sono aussi ahurissante qu’époustouflante qui crache des décibels d’une rare violence mais d’une pureté tout aussi rarement atteinte. Chapeau le crew, ou chapeau la Rockhal – ou probablement beaucoup des deux.

Après YES et DREAM THEATER ici-même, au tour des enfants gâtés de NICKELBACK de refuser aux photographes l’accès au pit du front stage. Sans doute est-ce symptomatique d’un rock’n’roll circus qui, avec certains groupes, n’a plus de rock’n’roll que le nom, et révélateur d’un band qui se la pète décidément plus haut que son trouduc et qui ferait mieux de repartir au charbon dans son Alberta natal.

Relégués soit bien haut au plafond, sur la galerie, ou quasi moins pire à la table de mixage (notre choix), la tâche des photographes n’a pas plus de saveur que les ritournelles faciles d’un band qui se la joue désormais bien trop à l’aise également. Et à vaincre avec des rengaines sans péril, on triomphe sur scène mais sans gloire…
Ce soir, d’un point de vue strictement rock’n’rollesque, MONSTER TRUCK a dévoré NICKELBACK: le grizzli a bouffé du caribou tout cru et n’en a fait qu’une seule bouchée. Si NICKELBACK récolte certes les fleurs de la part d’une assistance qui leur est toute dévolue, leurs roses sont décidément mièvres et fanées quand on hume la senteur épicée et corsée des ronces déversées par MONSTER TRUCK. N’avoir été finalement accrédité-photo par NICKELBACK que sur l’invitation de MONSTER TRUCK n’en a pour nous que plus de saveur: être rock’n’roll et non pas mainstream, chacun son style. SLASH ne s’y était d’ailleurs pas trompé en 2014 en leur confiant la lourde tâche de chauffer les corps et les esprits…
The TRAMPS : mélangez les caprices hardcore du batteur et ses tempos rapidos, un bassiste qui porte sa quatre-cordes plus bas que la décence nous y autorise, un guitariste sans ego surdimensionné préférant balancer énergie et bonne humeur plutôt que de titiller inutilement le manche à délire, et pour finir un chanteur et ses prétendues références aux sixties ainsi que ses influences expérimentales et psychés.
Agrémentez le tout d’une énergie ex-plo-si-ve qui relègue au second plan quelques anodins cafouillages, et vous obtenez la bombe H luxembourgeoise: The TRAMPS. La saison 2016-2017 du Centre Culturel de Bastogne commence fort, TRES fort: mets ton slip de bain, ta casquette porte-bière et rejoint-le !

(The rise and fall of) FRANKENOTTERS : rien qu’avec un nom pareil, vous faites déjà peur au plus aguerris des braves. Que dire alors lorsque le face-à-face se produit?! Frappez les tambours de guerre, secouez les arbres et fendez les murs: les FRANKENOTTERS débarquent en Ardenne pour réécrire la bataille du meme nom. Bim bam boum, les loutres explosent en dolby surround.
Une offensive d’un son brutal et massif, vivant et dégageant la sueur, la rage: la horde sauvage formée de fines gâchettes fransquillonnes venant des Deadlocks, 7 weeks, Baconhead, Off Track met à sac le Centre Culturel sur fond de nuits blanches et de gueules de bois.

Reste que le public bastognard, un brin conventionnel dirons-nous (pour rester délicat), n’est sans doute pas (encore ?) prêt pour un big bang sonique de cette trempe, entre cette fusion charnelle hors-nature du son massif des QOTSA et due swamp reptilien des Beasts of Bourbon portée par une rythmique basse-batterie dépassant toute raison. FRANKENOTTERS est hors catégorie: The Rise & Fall of FRANKENOTTERS, c’est le Chuck Norris du mur du son qui mesure son pouls sur l’échelle de Richter ..
Quand quatre Louviérois issus de communautés immigrées se retrouvent sur scène autour de Romano NERVOSO, c’est pour délivrer un rock’n roll qui transpire les senteurs d’acier en fusion et les cannellonis à la ricotta. Avec des compos solides qui tiennent admirablement la route, un goût hors du commun pour l’entertainment et une cohésion de tous les instants qui laminent la sono et transperce le mur du son, ROMANO NERVOSO c’est le bonheur à l’état pur.
Ces Louviérois sont à l’image d’un bulldozer qui écrase tout, mais avec doigté, touché, sensualité et douceur. Pas un bull de chez Caterpillar mais un bulldozer de Barbie, modèle Cicciolina et série spéciale Rocco Siffredi. Le genre de truc qui te fait avoir des frissons que tu ne sais pas pourquoi. ROMANO NERVOSO, band of brothers: rien que le rappel de ce soir est un monument d’anthologie. Honte et malheur aux absents…

Où – ailleurs qu’au Cabaret Vert bien entendu – pourrait-on apprécier le même jour sur la même scène MASTODON qui ouvre les hostilités dès 16h15 et Louise Attaque qui les prolonge en soirée – sans parler de Nekfeu qui clôture les festivités?! Nulle part ailleurs…

Le thermomètre affiche très exactement 35° à l’ombre lorsque nous arrivons sur les lieux – presqu’un record pour la saison, ce qui n’empêchera nullement MASTODON, en plein soleil, de rentrer dans le lard de la grande scène.
La chaleur qui écrase le Square Bayard ralentit simplement les mouvements mais en rien le tempo de leur sludge ravageur. Une heure d’efforts sous un soleil de plomb déshydrate les corps et échauffe les esprits tant sur scène que dans l’herbe: les boss nord-américains remercieront d’ailleurs chaudement un public qu’ils qualifient de best audience qu’ils n’aient jamais eue en ouverture de festival. Normal, quand on donne tout, on reçoit tout…
Si MASTODON fait parler la poudre, le quatuor donne néanmoins davantage l’impression de cohabiter et de partager la scène plutôt que de l’investir comme un seul homme. La chaleur étouffante n’est pas propice aux performances hors normes (ni aux attouchements ou accolades, si ce n’est sur l’herbe…), et sans doute faut-il trouver là une probable explication à ce constat bien vite oublié de par la phénoménale puissance de feu du band.

Le fer de lance du New Wave of American Heavy Metal mérite bien mieux que cette plage horaire, ingrate, de début de journée – mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. MASTODON, alors, est glorieux. Jubilatoirement glorieux – gloria in excelsis deo.
Cela faisait des plombes que nous attendions de prendre en pleine tronche la claque WOLFMOTHER, et le trio nous en a effectivement mise une solide dans les gencives. Sa puissance lourde et stoner en droite ligne des 70’s, envolées psychées comprises, tient toutes ses promesses avec autant de charisme au cm² que de décibels aux cm³: ça situe…?!
Les australopithèques nous balancent un pur r’n’r show, costaud et authentique, qui nous renvoie dans les cordes d’un grand ring époque seventies. Andrew STOKCDALE et ses deux comparses semblent en effet tout droit sortis d’une machine à remonter le temps, mettant au goût et aux sonorités du jour des compos qui auraient – comme qui dirait – traversé les décennies, décongelées aujourd’hui à la sauce Hibernatus. Orgasmique, punt aan de lijn.
WOLFMOTHER, c’est danse avec les loups – mais plutôt version loups garous. Ses relents de Grand Funk Railroad nous en mettent une sérieuse dans les camouilles. Ô extase divine, c’est splendeur et splendosité comme un oiseau tissé en fil de paradis. Comme un nectar argenté coulant dans une cabine spatiale, et la pesanteur devenue une simple plaisanterie…
WOLFMOTHER a le look des seventies, WOLFMOTHER a le goût des 70’s, WOLFMOTHER a la saveur des années septante, WOLFMOTHER c’est back to the future de chez les kangourous, croisement improbable de Black Box Revelation et de Marty McFly. Un régal. Une purge. Un lavement et un trépanage à la fois… Merci docteur.

Qu’apprécie-t-on le plus au Cabaret Vert: sa carte des bières (… 21 !) et de mets liquides et solides semi-artisanaux plus délicieux les uns que les autres, ou l’affiche de ces 4 jours multi-culturels à quasi 100.000 personnes ?! A nouveau, l’éco-festival des Ardennes frappe fort et bien (et bien fort). Le Cabaret Vert, c’est surtout une belle réussite territoriale et un éco-projet multi-culturel, reflet de toute une région et de la dynamique de ses habitants-acteurs dans un grand élan sociétal de mixité sociale et de mélange des disciplines: BD, arts de rue, débats, cinéma, théâtre forain, gastronomie, éco-développement, etc.
Le Cabaret Vert a l’accent aussi associatif qu’humain et présente de solides penchants aussi festifs que gustatifs. C’est un ovni dans le paysage des festivals de l’été. Economie durable et locale côtoient rock’n’roll et techno, mais aussi solidarité(s) en tous genres et rencontres alternatives et créatives. C’est pour cela qu’on y revient au Wild Wild Fest : son esprit sauvage et indomptable continue d’écrire son histoire, sans renier ses valeurs. 94.000 festivaliers l’ont encore bien compris cette année…
L’an dernier, les riot grrrl de L7 ont fait leur grand comeback après quinze ans d’absence. Le Hellfest s’en rappelle encore et c’est maintenant au tour du Cabaret Vert d’être secoué par les riffs du quatuor. L’Angleterre a Girlschool, les Etats-Unis ont L7 ! Les grunge ladies ne sont plus de première fraîcheur, mais sont également loin d’être périmées: la date de péremption ne semble d’ailleurs même pas être pour demain non plus.
Pur produit féminin de la grunge generation, aussi dingo sur scène qu’enragées et engagées, les quatre de L7 c’est du pur rock sans compromission et sans fard. L7, c’est comme des jambonneaux dont on aurait ôté le filet pour ne garder que la couenne; c’est bien gras mais relevé à la fois, et finalement très fin même si elle ne font pas dans la dentelle. Ce serait d’ailleurs plutôt corset et cuir…
L7, c’est un peu comme si Kurt Cobain s’était réincarné en pin-up défraîchie. Ca balance ferme et ça secoue grave, avec une saveur surannée fin eighties. A l’époque, Nirvana explosait; L7 également. A la différence près que L7, c’est un peu comme le big bang: il est vieux comme le monde, mais on peut encore l’entendre.
Chapeau bas, les filles: le culot se les dispute au panache, et la cellulite à la peau de pêche. Et quelle pêche, L7 !

Une review signée Hervé PICART parue dans le magazine BEST n°236 en 1981:
C’est bien connu, la guitare de Ted Nugent vaut tous les bâtons de dynamite du monde. Mais si les albums studio de Guitarzan sont de bien régénérants feux d’artifice, il est certain que c’est sur scène que le hard de l’enragé de Detroit prend toute son explosive valeur. D’où ce prestige de "Gonzo" par rapport aux autres albums. "Gonzo" a aujourd’hui un petit frère digne de lui en la personne de cette boule de nitroglycérine au titre inénarrable : "INTENSITIES IN TEN CITIES". Mais ce nouvel album, qui est sans doute un des plus fameux de Ted, et un monument de hard, se singularise définitivement, car Ted y tient une gageure tout à l’image de cet inépuisable et généreux vantard. Il n’y a sur cet album live que des nouveaux morceaux. Vous vous souvenez que, lors de sa dernière interview dans Best, Nugent vous avait raconté qu’il écrivait la majorité de ses morceaux sur la route, les répétait en sound-check, et les jouait souvent le soir même de leur création. Ted aime tout ce qui va vite, c’est son mode d’exister. Chez lui, tout arrive à fond de train, il n’est pas nécessaire de fastidieuses manoeuvres préparatoires. Or, puisque ses bulldozers sonores ne prennent toute leur valeur que dans la catalyse vrombissante du live, pourquoi aurait-il été reclure l’énergie de ses nouveaux morceaux dans l’intimité besogneuse d’un studio ? Il suffisait de les saisir encore tout chauds, à peine sortis de son cerveau gargantuesque, et c’est ce qu’il a fait.
Inutile de dire que l’on a alors avec ce disque un sommet dans l’énergie, la spontanéité et la fureur de vivre. Regardez-moi ces titres qui sentent la chair fraiche et la poudre, tout y est dit. Nugent ayant l’art du slogan hard : "Spontaneous Combustion", "I am a Predator", "TNT Overture", "I Take no Prisoners". Voilà des titres qui condensent en eux cette barbarie fondamentale du rock de Nugent. Et la musique fournie est à leur image : une série de galops effrénés, une énergie en tourbillon. Nugent est ici au point culminant de son identification avec le hard dans sa perfection. Et sa personnalité est telle qu’alors que tout ici est réservé à sa pleine et seule expression (les autres n’étant que des comparses interchangeables), ce disque parait encore trop étroit pour contenir toute sa rage boulimique. Chaque morceau est ici un événement, un crête. A chaque solo, Nugent découvre d’autres facettes de son jeu de titan, aligne des performances toutes différentes. Ce démon hilare semble avoir transformé son manche en un générateur d’infini, tant il semble repousser à chaque intervention les limites de l’hystérie et du brio. A tous égards, tant par l’audace de son projet que par l’exceptionnelle densité de sa réalisation, "INTENSITIES IN TEN CITIES" est réellement un des chefs d’oeuvre du hard-rock. Plus qu’indispensable, voilà un disque franchement vital pour tous les affamés du genre.
PS: Et avez-vous remarqué quel sigle forment les initiales du Ted Nugent Tour ? Tout porte décidément la marque du cataclysme.
© Hervé PICART, magazine BEST – 1981
(Verse one)
I’ve got no inhibitions, so keep your keys out of your ignition.
I steal a car like I got the curse, I can’t resist the old lady’s purse.
(Chorus)
Jailbait, you look so good to me,
Jailbait, won’t ya set me free.
Jailbait, you look fine, fine, fine. And I know I got ta have ya in a matter of time…
(Verse two)
Well, I don’t care if you’re just thirteen, you look too good to be true.
I just know that you’re probably clean, there’s one little thing I got ta do to you.
(Verse three)
So, tell your mama that I am back in town, she likes us boys when it’s time to get down.
She’s got this cravin’ for the underage, I just might be your mama’s brand new rage.
(Chorus two)
Jailbait, you look so good to me.
Jailbait, won’t ya set me free.
Jailbait you look fine, fine, fine – I know I’ve got ta have ya in a matter of time.
(Out chorus)
Oh baby. My baby, honney, you look so nice. She’s young, she’s tender, won’t you please surrender.
She’s so fine, she’s mine, all the time, I’ve lost my mind.
Oh, it’s all right baby, it’s quite all right I ask your mama.
Wait, wait, wait a minute, Officer. Wait a minute, Officer: don’t put those handcuffs on me.
Put ’em on her and I’ll share her with ya, hey, hey, hey.
Baby, baby, baby, Jailbait – Well I need ya Jailbait – Well I need ya, gotta have ya…"
© Ted Nugent – Magicland Music, 1981
… a apprécier en live à Paris en 1981 : "Jailbait"

Quand on décide de porter aussi fièrement un nom si sensuellement éructé sur un "Double Live Gonzo !" d’anthologie à l’attention des gentes dames de Nashville, on peut se permettre beaucoup, beaucoup de choses. Heavy & dirty rock’n’roll show : l’affiche hurle également le programme de ces 75 minutes hot, hot, hot dans le chaudron de l‘Entrepôt.

Avec NASHVILLE PUSSY, on sait à quoi s’attendre et l’on n’est jamais déçu. Si elles en avaient, on les appellerait sans doute Airburnes – pardon: Airbourne – tant le quatuor dégage. Ce quatuor, c’est 100% rock’n’roll, 200% attitude, 300% énergie, 400% show et 500% heavy & dirty r’n’r show – comme l’annonce l’affiche. NASHVILLE PUSSY on en redemande: des bands intègres et sincères qui continuent à faire inlassablement le grand écart entre le Vieux et le Nouveau Continent avec autant de spontanéité, d’énergie et de simplicité, ça ne court plus les scènes.

NASVHILLE PUSSY: le poids des Wonderbra, le choc des cuirs et la puissance de feu des chattes du Tennessee. NASHVILLE PUSSY n’a rien inventé mais le crie haut et fort, et le montre bien mieux encore en alliant le panache et le show à l’énergie brute et primale du real rock’n’roll. Ils/elles s’appelleraient "Triple Live Gonzo!" qu’ils/elles le mériteraient, c’est dire. Garces, va: venez chercher votre fessée près de papa…





































































































































































































































