TURBONEGRO – De Casino, Sint-Niklaas – 26 juin 2026

TURBONEGRO… voyons… euh… comment dire ? Comment dire autrement que TURBONEGRO transforme De Casino en « City of Satan » ? Car il y a des groupes qui jouent des concerts, et puis il y a TURBONEGRO, qui transforme chaque apparition en célébration du rock’n’roll le plus déjanté qui soit.

Dans le cadre de ses Great Gigs in the Park qu’organise le casino dans son parc – comme son nom l’indique – les Norvégiens offrent au public de Sint-Niklaas une démonstration de leur savoir-faire : un concentré de punk, de hard rock, de glam, d’autodérision, d’humour potache et de second degré sans jamais tomber dans la caricature, porté par une énergie qui ne semble jamais faiblir.

Tout parait excessif, outrancier, presqu’absurde… et pourtant tout fonctionne. Parce que derrière les poses et l’autodérision se cache un groupe redoutablement efficace qui maîtrise son sujet comme peu d’autres. La soirée est lancée par Sha-La-Lees, parfaits chauffeurs de salle – ou plutôt de parc – avec leur garage rock abrasif. Mais lorsque les Norvégiens investissent la scène ou plutôt le kiosque planté dans la touffeur tropicale du parc du casino, on change clairement de dimension.

Emmené par The Duke of Nothing, le groupe continue de faire vivre l’héritage laissé par Hank Von Hell, disparu en 2021, tout en affirmant sa propre identité. Aux côtés d’Euroboy, Rune Rebellion, Happy-Tom, Pål Pot Pamparius et Tommy Manboy, le chanteur mène un collectif parfaitement rodé, aussi spectaculaire qu’efficace. Le concert démarre pied au plancher avec « Hurry Up & Die », immédiatement suivi de « Back to Dungaree High » et « Part III: Rock N Roll Machine », annonçant la couleur : aucune baisse de régime n’est au programme. pas question de souffler.

TURBONEGRO enchaîne les classiques avec une insolente facilité et une facilité déconcertante, porté par un son massif et une mécanique parfaitement huilée entre « All My Friends Are Dead », « Sell Your Body (To the Night) », « Hot for Nietzsche » ou encore « Selfdestructo Bust », repris – hurlé – par les fidèles Turbojugend présents bien qu’en ordre dispersé. Puis la rock’n’roll machine s’emballe avec « City of Satan », « Do You Do You Dig Destruction », « Boys From Nowhere » et « Prince of the Rodeo » entretenant une tension permanente avant l’inévitable « Get It On », véritable hymne qui continue, près de trente ans après sa sortie, de provoquer la même folie à l’esprit irrévérencieux qui fait la réputation du groupe depuis plus de trois décennies.

55 petites minutes de riffs assassins plus tard, la machine de guerre aussi précise que dévastatrice met un terme à sa folle chevauchée dans la même énergie qui l’avait vu débuter. Le rappel est à l’image de tout ce qui a précédé : explosif. « Special Education », « Fuck the World (F.T.W.) », « I Got Erection » et l’incontournable « The Age of Pamparius » concluent une prestation sans temps mort, laissant le public sur une dernière décharge d’adrénaline mais aussi sur un goût de vraiment trop peu : ces 75 minutes de prestation, rappel compris, pèsent certes plus que la demi-heure du set délivré par les Norvégiens le 1er novembre dernier ici-même (concert écourté pour les raisons évoquées ici et reporté à ce jour, 26 juin 2026), mais une heure quart de démence jubilatoire c’est quand même un peu pingre.

Toujours est-il que dans le décor verdoyant du Casino Park, l’opposition entre le cadre bucolique et la déferlante sonore de TURBONEGRO a créé un contraste aussi insolite que réussi. Une nouvelle preuve que les Norvégiens demeurent une référence incontournable dès qu’il s’agit de transformer une scène en une gigantesque fête rock déjantée. Sans chercher à réinventer sa formule, TURBONEGRO continue de faire exactement ce qu’il sait faire de mieux : jouer fort, jouer vite et rappeler à tous les pisse-vinaigres que le rock’n’roll, lorsqu’il est exécuté avec autant de conviction, reste l’un des meilleurs remèdes contre la morosité. Canicule ou pas canicule.