Canicule à Bruxelles.
Etuve à Forest National.
Chaudron dans la fosse…
Maintenant en ligne (ainsi que comme toujours dans notre galerie), les triomphales 50 piges que fêtent nos barbus préférés sur les planches bruxelloises en ce 25 juin 2019. Mais un son pourrave et un set minimaliste ternissent une prestation pourtant de très haute tenue qu’ils nous ont offerte pas plus tard qu’il y a 3 jours au HELLFEST….
Auteur : Yves-Marie François

Aaaaaaah, le HELLFEST…! Avec l’historique Download, le mythique Wacken et notre Graspop national, nous voici face au quatrième mousquetaire – et non des moindres. En ce solstice d’été 2019, le vignoble nantais accueille la 14ème édition de cette grand-messe devenue incontournable au même titre que les trois premières nommées. Sold out depuis près d’un an en moins de deux petites heures, les 180.000 tickets pour ces 3 jours et ces 3 nuits d’Enfer sont à l’image de l’événement: dantesque, hallucinant, colossal, titanesque mais surtout magique…
Le site semi-permanent offre un décorum digne du meilleur Mad-Max, quand ce n’est pas plutôt Games of Throne ou Alien. Aucun festival – par définition éphémère – n’est en mesure de rivaliser avec des infrastructures ici permanentes. A moins que peut-être Tomorrowland dans un tout autre registre, mais sans les deux immenses mainstages dont peut se prévaloir le Hellfest, flanquées de pas moins de 5 écrans LED aussi démesurés et gigantesques que les scènes elles-mêmes.
Un premier écran à gauche de la scène gauche, un second à droite de la mainstage right, un troisième entre les deux scènes, et enfin deux écrans identiquement démesurés en toile de fond de chacune des deux scènes revenant latéralement sur leurs flancs. Un dispositif visuel qualitatif et quantitatif tout bonnement exceptionnel et unique pour ne manquer aucun rictus caché, aucun poil de barbe rebelle ou aucun ongle mal coupé. Redoutablement efficace, ou effroyablement intrusif c’est selon…
Trois immenses chapiteaux semi-ouverts hébergent 3 scènes supplémentaires tandis qu’un 6ème et dernier lieu de débauche sonore, en total open-air quant à lui, est lové dans l’amphitéâtre de la War-Zone au décor (permanent) apocalyptique, entre Mad-Max et… Auschwitz. 160 groupes et autant de concerts vont transformer le parc de Clisson en un enfer pavé de bonnes intentions 3 jours et 3 nuits durant, sous un soleil de plomb aussi implacable et redoutable qu’une sonorisation tout bonnement ex-cep-tion-nel-le et jamais – ô grand jamais – auparavant nulle part rencontrée.
3 jours et 3 nuits de peace & love, d’amour et d’amitié, de fête et de débauche sonore, de gastronomie et de divertissements, de déguisements et de wall of death, de pit-circle et de bières. Le Hellfest est devenu le plus gros vendeur de bières français avec 800.000 litres vendus en trois jours (pour 180.000 personnes, frêles femmes et jeunes enfants compris) sur 350 mètres de linéaires, alimentés par 15 citernes de 250 hectolitres, 40 tanks de 1.000 litres, huit semi-remorques et 4 km de tuyaux qui courent enterrés sous les pieds des festivaliers.
Mais notre HELLFET, c’est aussi près de 65 km parcourus en trois jours, entre parkings et site du festival, entre mainstages et espace-presse, entre scènes diverses et VIP area, entre bars, fronstage et conférences de presse. Ce sont 3 jours passés a faire inlassablement le pied-de-grue de midi à minuit dans l’accès des différents pits photos, sous un soleil de plomb, entre les hurlements de la foule dans le dos et le véritable mur de la scène qui se dresse devant nous – mainstage #2 à ce point haute que sont totalement éclipsés de nos objectifs le batteur ou les musicos se tenant quelque peu en retrait…
« Notre » HELLFEST, ce sont aussi 3 jours de stress et de tension, de peur de perdre une seule des 200 ou 250 précieuses secondes dont les photographes accrédités sont gratifiés pour tirer le meilleur cliché du set sur lequel ils ont jeté leur dévolu, sacrifiant par là d’autres prestations simultanées ou quasi. Notre HELLFEST dans le photo-pit est en définitive tout sauf une sinécure, et s’apparente davantage à un des douze travaux d’Hercule qu’à une promenade de santé ou à un moment festif de pur délire. Et dire qu’il y en a qui croient qu’on s’amuse…
Notre HELLFEST, ce sont donc aussi et surtout des moments puissants et uniques, magiques et épiques, entre belles surprises et grosses claques, entre émotions et passion(s), mais aussi entre frustrations et quelques rares déceptions. Si le HELLFEST a hébergé les adieux définitifs à la France de SLAYER, de KISS et de LYNYRD SKYNYRD – excusez du peu – c’est bel et bien la prestation de TOOL qui était très attendue de beaucoup. Le fondateur du HELLFEST, Ben Barbaud, avoue depuis longtemps que la venue des Américains faisait partie de ses objectifs prioritaires depuis des années…
Ainsi, il est minuit et demi en ce dimanche, troisième et dernier soir, quand TOOL déboule sobrement, discrètement, sur scène en toute fin de festival et déstabilise une bonne partie du public. Comme à l’accoutumée, les Californiens restent dissimulés dans une semi-pénombre, laissant toute la place à leur musique. Se retranchant derrière leur musique. Tout pour leur musique. Même les écrans géants ne les montrent pas un seul instant, affichant au contraire les mêmes images expérimentales et anxiogènes que nous avions pu découvrir la semaine dernière à Amsterdam où nous avons eu la chance de les découvrir.
Pas un mot non plus, pas un bonsoir, pas un merci, mais une musique allant crescendo, déversée sur Clisson par le biais d’une sonorisation d’une perfection aussi apocalyptique et hallucinante que tout simplement… parfaite. N’en demeure pas moins que face à un parterre de 60.000 personnes, l’absence de tout visuel du band sur les immenses écrans LED est pour certain du foutage de gueule. D’autres y voient au contraire l’expression ultime que TOOL n’en a que pour sa musique et rien que pour sa musique, ses structures alambiquées secouées de déflagrations. Et quelles déflagrations…
Au préalable, ANTHRAX prépare sur la mainstage #2 l’arrivée de SLAYER avec un Tom Araya qui semble particulièrement ému de faire ses adieux au public français. Vétérans en tournée d’adieu, SLAYER ne faillit pas à sa réputation avec quasiment que des tempos rapides du début à la fin. On aime ou – comme nous – on n’aime pas vraiment. Toujours est-il qu’Araya n’a manifestement pas envie de partir, et restera longtemps à saluer un public en délire sous les flashs d’un gigantesque feu d’artifice qui salue ainsi les adieux français de SLAYER (… ou qui annonce l’arrivée de TOOL sur la mainstage #1 ?).
Autres adieux réussis la veille, et le mot est faible: ceux de LYNYRD SKYNYRD avec ce véritable moment chaire-de-poule et cet intense et émouvant set. Au soleil couchant qui baigne d’une chaude lumière horizontale la mainstage #1, le rappel (tout à fait imprévu?) qu’entament les Sudistes avec leur magistral FreeBird à l’heure même de quitter la scène fait partie de ces rares et précieux moments qui comptent dans une vie. Ce morceau de bravoure sera par ailleurs la seule – la seule – entorse à un planning rigoureusement tenu à la seconde près sur les 6 scènes du HELLFEST les 3 jours durant. Remarquable, émouvant et poignant pied-de-nez de LYNYRD SKYNYRD au système en guise d’ultime révérence après 50 ans de bons, loyaux et fidèles services. Masterclass.
Distingué et tout en élégance, cet ultime Freebird – et nous réalisons alors que plus jamais il ne nous sera donné de l’apprécier en live. Feu Ronnie Van Zant prendra même les commandes des lead vocals via une séquence filmée en noir et blanc: après nous avoir réservé sur Simple Man photos et vieux films de famille projetés sur les écrans, LYNYRD est tout simplement magique pour ses adieux. Tout simplement magique. Séquence émotions, avec un public qui le lui rend à l’unisson…
Richie KOTZEN, bien loin de Poison et de Mr Big, nous déverse à l’heure de l’apéro son excellent blues-rock-hard-soul à la Rory Gallagher. Tout l’opposé d’une double cuvée germanique également présente à l’affiche: à EISBRECHER, totalement dans la lignée de Rammstein, nous préférons leurs excellentissimes compatriotes et vétérans de BÖHSE ONKELZ
Que du beau monde à mentionner dans le lineup de DEADLAND RITUAL, à commencer bien évidemment – à tout seigneur tout honneur – par son fondateur Geezer Butler en manque manifeste de Black Sabbath, rejoint par Steve Stevens (Billy Idol), Matt Sorum (Guns N’ Roses) et Franky Perez (Apocalyptica). Un set composé en grande partie de reprises de Sabbath, de Heaven & Hell, de Velvet Revolver et de Billy Idol: que du bonheur pour un supergroupe / tribute band (biffer la mention inutile).
Un EAGLES of DEATH METAL malgré tout surprenant annonce l’arrivée d’un tout grand WHITESNAKE. Même si Coverdale n’a plus vraiment sa légendaire voix, le band est là pour assurer malgré de dispendieux et inutiles soli de guitares et de drums (quoique Aldridge demeure un batteur hors-pair). Ces démonstrations surannées n’ont définitivement pas (plus) leur place en festival dans le cadre d’un set d’une petite heure – si ce n’est en la présente circonstance pour permettre au beau David d’aller reposer ses cordes vocales. Et vu ce qu’il en fait encore, on ne peut que lui pardonner.
A bien vite oublier, malgré l’avoir évité depuis des décennies: DEF LEPPARD – l’erreur de casting, ou plutôt l’erreur tout court qui perdure et se maintient en haut des affiches de manière incompréhensible depuis des lustres, entre tubes US insipides et ballades sirupeuses d’une totale vacuité. Tout l’inverse d’un ZZ TOP qui fête en grandes pompes ses 50 ans de carrière, démontrant une forme olympique avec un set sans grande surprise si ce n’est une présence scénique et un enthousiasme communicatif qu’on ne leur connaît guère.
Pour ses adieux à la scène, KISS présente une mise en scène pharaonique, mais la démesure ne compense pas une prestation sans beaucoup d’âme malgré une set list plongeant loin dans le passé – et rappelant aux ignares que KISS a indéniablement fait partie des grands du rock’n’roll… avant de devenir une vulgaire arme de distraction massive. En 2019, KISS tire la langue – et pas que Gene Simmons – à l’occasion donc de ce qui est également leur dernier concert en France au terme de 45 années de carrière.
Les gars livrent une performance souvent poussive et trop rarement exaltante, malgré une setlist pourtant emplie de tubes et une débauche d’effets visuels et pyrotechniques. Mais le concept ou plutôt le produit-marketing s’essouffle, et sans doute n’est-il pas inopportun de ranger définitivement la clé sous le paillasson avant la prochaine tournée de trop. Quoique nous avions déjà assisté en 2000 – il y a 19 ans ! – à trois shows US de leur Farewell Tour 2000 !! Bon sang ne saurait mentir, dit-on.
Les Sudistes de BLACKBERRY SMOKE nous réservent la surprise d’un savoureux « Come Together » en clôture de set, avant de laisser la place à un CLUTCH qui a davantage sa place dans de plus modestes salles que sur la mainstage #1 du HELLFEST. Après avoir déjà supporté la daube de Def Leppard, le grunge sans âme de STONE TEMPLE PILOTS nous assène le coup de grâce à travers une prestation commerciale expédiée sans relief aucun, jusqu’à ce qu’ANTHRAX réveille la plaine de Clisson avec e.a. leur inévitable mais très réussi et inévitable «Antisocial».
Pour qui apprécie le mariage entre Heroic Fantasy et Power Metal, les 5 guerriers de GLORYHAMMER partent à la guerre. On ne sait trop si la reine sera sauvée à la fin, mais on s’en tape royalement. Notre premier GODSMACK sur la mainstage #1 consiste en une bien appréciable surprise de métal alternatif US bien gentillet, à l’inverse de leurs compatriotes encapuchonnés de UADA qui nous plongent dans les ténèbres d’un black metal atmosphérique aux mélodies spectrales: sobre, brutal mais diablement somptueux.
La scène française du 1er jour déverse sur la plein de Clisson un peu de tout, à boire et à manger. Les prestations musclées de LOFOFORA, de NO ONE IS INNOCENT et de DAGOBA sur la mainstage #2 précèdent celle passablement dispensable d’ULTRA VOMIT. Avant que le charme et le magnétisme de MASS HYSTERIA nous réserve le thrill que ne parvient cependant pas à nous fourguer un prévisible et GOJIRA froidement technique.
Le doom de nos chouchous d’UNCLE ACID & THE DEAD BEATS ravage la Valley Stage en ajoutant un brin de heavy et un soupçon de stoner à leur horrifique pseudo-psychedelisme. Les hypnotiques MY SLEEPING KARMA leur avaient solidement préparé le terrain un peu plus tôt sur la même scène, dénotant d’un KVERLERTAK éjaculant un concentré enthousiasmant de métal suintant le death, le rock, le punk et le black sur la Altar Stage. Tout l’anti-thèse de la rigidité d’un DREAM THEATER fidèle à lui-même qui ne nous exalte pas plus que la semaine dernière à la Rockhal de Luxembourg, mais sans non plus la verve d’un DROPKICK MURPHYS qui n’a pourtant guère sa place sur la mainstage #1 en prélude aux guerriers de SABATON. Les Suédois remplacent au pied-levé MANOWAR suite à un sombre et obscur forfait déclaré plus tôt dans la journée, et qui terminera sans doute devant les tribunaux.
SABATON réserve une place de choix à quelques extraits de leur dernière galette qu’ils nous avaient présentée en exclusivité il y a quelques semaines à Verdun, et sa dimension scénique achève de nous convaincre…
TESLA roule à l’électricité (ah ah ah) et sait faire parler les watts (hi hi hi), mais pas vraiment la poudre (boum !). Et à propos de poudre, notre vénéré et vénérable SLASH nous laisse sur notre faim – une fois n’est pas coutume. Non pas qu’il n’avait pas la gnac, le SLASH, mais corseté dans un format festival qui ne convient pas à son tempérament de feu, ce type de prestation chronométrée n’est manifestement guère compatible avec son explosivité naturelle et peu contrôlable. Et dire que son concert de début d’année au Cirque Royal à Bruxelles demeure – mais alors là sans discussion aucune – dans notre top 5 historique…
TRIVIUM ainsi que LAMB of GOD ne transcendent pas la mainstage #2, tout le contraire d’un excellentissime CANDLEMASS qui demeure une de nos plus belles claques prises de plein fouet au même titre que WOLFHEART. Un cran en-dessous, YOB ainsi que UADA demeurent au rang des belles découvertes, de même que les guignolesques ME FIRST AND THE GIMME GIMMES qui ont irradié toute la War Zone, cette fameuse zone déjantée un tantinet excentrée et comme hors de tout référentiel sur le festival…
Clisson 2019 est mort. Vive le HELLFEST 2020 !

Il y a quand même des choses peu commodes qui nous arrivent par la grâce du dieu Rock’n’Roll: sans nouvelle du management de ZZ TOP quant à notre demande d’accréditation-photo, nous nous présentons néanmoins à tout hasard au guichet-presse de Forest National en expliquant innocemment mais en toute sincérité la situation, appareils photos toutefois ostensiblement en bandoulière. Et les officiels de la prod de nous accréditer fissa sans autre forme de procès, si ce n’est en nous demandant de leur décliner notre identité. Allez comprendre ! Puis zou, direction le pit-photo d’une salle dont les rideaux du second étage ont été tirés – mauvais présage…

Un son pourrave et une prestation en demi-teinte altèrent le souvenir encore tout frais d’un set de Dieu le Père il y a trois jours seulement au HELLFEST. Le "Juge de Paix" que demeure ce vieillissant Forest National a encore une fois fait son office de bourreau pour les ingénieurs du son à la manoeuvre ce soir. Ils se sont pris une mauvaise tatane dans les gencives, notre mythique Forest leur rendant la tâche toujours aussi rude.
La sonorisation est à l’image du mercure dans le thermomètre: peu acceptable, voire à la limite du supportable. Le Texas peut avoir du bon, mais il y a des limites à la décence tant en termes de température ambiante que d’acoustique…
Ainsi donc, nos Tres Ombres – established in 1969 – n’ont pas marqué d’un sceau indélébile leur 50ème anniversaire sur les planches bruxelloises. Cette tournée mondiale jubilaire se solde sur le sol belge par un show (trop) propret et sans surprise (aucune), qui laisse même un goût de trop peu: 60 minutes d’un set millimétré et pas spontané pour un sou, suivi d’un modeste rappel de 10 minutes avec un – quand même – inégalable La Grange tempéré d’un tristounet Tush pour clore sans panache un show sans relief.
Il y a 38 ans, nous assistions à l’un de nos tous premiers "vrais" concerts lors de la tournée de 1981. Près de 40 ans plus tard, le plaisir de retrouver le trio reste identique et intact, mais modéré par une longue séries d’autres shows plus marquants et plus mémorables que les Texans nous ont dans ce laps de temps réservés. Et en fait partie la prestation de ZZ TOP pas plus tard qu’il y a trois jours sur la mainstage du Hellfest, où le trio a infligé une véritable raclée aux 60.000 festivaliers présents dans la fournaise de Clisson. Comme quoi il y a des jours avec et des jours sans (… d’ailleurs, qui parmi nous arrive guilleret et joyeux tous les matins au taf, hein ?!).
N’est toutefois pas donné aux premiers rockeux venus le luxe de fêter 50 années non-stop sur les routes. Et soyons magnanimes: dans une configuration inchangée depuis 5 décennies (un record à faire figurer au Guinness Book?), les barbus continuent quand même de nous balancer leur intemporel rock tantôt bluesy, tantôt redneck ou boogie à faire sauter la prothèse de hanche de mamie. ZZ TOP fait aussi encore chauffer dans les caleçons, avec ces quelques pièces d’anthologie qui ramènent immédiatement à notre souvenir les images de filles aux jambes élancées, de belles bagnoles et autres pépées. C’était l’âge d’or des clips musicaux, c’était l’âge d’or de MTV, c’était nos golden eighties.
Allez, soyons bons princes…

Cure cérébrale, labyrinthique et énochéenne.
Retraite puissante, émotionnelle, pleine et hypnotique.
Invitation ésotérique à un douloureux et oppressant voyage onirique,
Expérience insensée mais fascinante, envoûtante et entêtante – expansion de l’esprit…
Ô hermétique, étouffant et suffocant opium
Ô stupéfiant onguent addictif, destructeur et rédempteur à la fois.
Poursuis en moi ton oeuvre de synchronicité,
Fibonnaci. Fibonnaci.
Lacrymologie, transperce ma cuirasse.
Lacrymologie, dépèce ma carcasse…

Le Ziggo Dome d’Amsterdam: un des seuls concerts indoor de la courte tournée européenne du combo californien – car il est des choses dans la vie qu’il ne faut pour rien au monde rater. Et qu’il y a des endroits où il faut être car il y a des moments qu’il faut vivre. A fortiori après 12 ans d’absence sur le Vieux Continent, et alors que leur dernier opus remonte quant à lui à 13 ans déjà, excusez du peu.
Il y a de ces groupes qui sont, qui demeurent et qui resteront toujours au-dessus de la mêlée – et TOOL fait partie de ce carré d’as. Inclassable et imparable, inimitable et inimité, mythique et mystique, aussi ésotérique qu’énigmatique, plus initiatique encore que cabalistique, l’impénétrable et nébuleux TOOL demeure hors-catégorie, hors-référentiel. La lacrymologie de TOOL s’avère une expérience traumatisante – et l’impact produit par la blessure de notre premier TOOL ce soir à Amsterdam laissera des stigmates. Notre premier TOOL, c’était notre premier TOOL…

Avec son métal progressif d’une complexité à vous faire retourner le cerveau, les Californiens se donnent juste à savourer, à admirer et à se laisser transporter loin, très loin, dans l’univers tortueux et torturé de leur énigmatique Maynard James Keenan. Organique et orgasmique, il y un avant TOOL et un après TOOL, un avant 18 juin 2019 et un après 18 juin 2019. Dans 6 jours, notre prochaine rencontre du 3ème type avec cet OVNI se tiendra en pleine nuit en clôture du Hellfest, mais encore faudra-t-il (re)trouver le sommeil d’ici-là…

L’art de se faire attendre: 12 ans que Tool n’a plus mis les pieds sur le Vieux Continent. 13 ans se sont écoulés depuis leur dernier "10,000 Days". Depuis lors, de rares et sporadiques apparitions scéniques outre Atlantique avant la surprise de cette courte tournée européenne concrétisant enfin de nombreux retours tant annoncés mais jamais concrétisés. Et puis, comme tout arrive à point pour qui sait attendre, deux nouveaux morceaux (‘Descending’ et ‘Invincible’) viennent confirmer la rumeur qu’un sixième album de TOOL est bel et bien à l’agenda. De quoi s’emparer de la mainstage de plusieurs festivals européens avec une seule date en indoor, que nous ne pouvions pas rater ce soir au Ziggo Dome d’Amsterdam. Discret dans la vie, effacé sur scène, TOOL est l’antithèse du star-système et préfère – très exactement comme RUSH – se concentrer à déployer toute sa puissance musicale que de jouer les divas ou de truster les premières pages.

Et de fait, le quatuor perfore le Ziggo Dome de ses salves électriques, musclées, chirurgicales et d’une puissance inouïe. Les 2 nouvelles compos, lentes et sombres – de plus de 12 minutes chacune – intègrent parfaitement une set list s’assimilant à un best of. TOOL, emblématique, intègre, est totalement focalisé sur l’essentiel: sa musique. Avec un résultat hypnotique servi par une ligne de basse écrasante et des riffs trainants. Pas de bavardage inutile: un seul mot lâché en guise de dialogue: "Amsterdam…!. Un seul mot qui atomise le Ziggo Dome et rend l’hystérie ambiante plus prégnante encore. TOOL, une arme de précision massive qui nous délivre ici une prestation époustouflante, d’une rare intensité et d’une précision inouïe. On est proche de la perfection, de l’extase.

Si TOOL ne fait pas et n’a jamais fait dans l’innovation scénique ou dans le spectacle hollywoodien, c’est pour se concentrer sur l’essentiel et livrer avec une précision et une puissance presque surhumaine un rouleau compresseur de montées rythmiques et progressives qui se métamorphosent progressivement en déferlantes frénétiques, mi-hypnotiques, mi-explosives… Le mur du son de TOOL– d’une pureté et d’une puissance rarement rencontrées – nous contraint même de quitter les premiers rangs pour nous réfugier plus au fond du Dome dans l’espoir de sauvegarder nos tympans. Mais Cette force de frappe n’empêche nullement un son cristallin, servi par une rythmique est aussi fine que complexe. Une maitrise absolue. Une puissance absolue.

Pas un mot, pas de rappel – si ce n’est un second set d’une demi-heure qui prolonge un "entracte" de 10′ après 1h20′ de concert. Deux heures d’une prestation époustouflante et dévastatrice, avant que le quatuor ne quitte furtivement la scène, sans un merci, sans un au revoir, sans le moindre mot… TOOL demeure un ovni., et nous avons assisté ce soir à une rencontre du 3ème type.
Maintenant en ligne, DREAM THEATER qui retrouve ce 17 juin 2019 la Rockhal de Esch-sur-Alzette pour un concert en configuration (enfin !) debout, il était temps. Parce qu’en 2016, lors de leur dernier passage, c’était plutôt goûter 3×20 avec bobonne assise le tricot sur les genoux…

Now online ci-dessous… et autres clichés en ligne sur notre Galerie
Bis repetita placent…
On a vu MONSTER TRUCK ouvrir à Forest National pour SLASH. On a vu MONSTER TRUCK ouvrir pour NICKELBACK à la Rockhal. On a vu MONSTER TRUCK ouvrir pour DEEP PURPLE dans l’immense Lanxess Arena de Cologne. On a vu MONSTER TRUCK ouvrir pour BLACK STONE CHERRY au Trix, ici à Anvers déjà, il y a quelques mois seulement.
Mais ce soir – tout comme hier au Luxembourg – MONSTER TRUCK n’ouvre pour personne et n’a que faire de ces immenses arenas: Don’t fuck with the Truck…, il ne roule cette fois que pour une toute petite poignée de connoisseurs.

Planté en plein centre-ville d’Anvers, le Kavka est un mix entre un club des jeunes, un centre culturel, une maison de quartier et… et allez savoir quoi ! Dotée d’un bar bien garni au fond, c’est le genre de minuscule salle où les artistes doivent fendre le public pour accéder aux 4 marches qui mènent à la scène, et qui empeste bon la bière de la veille qui colle encore au sol comme dans un cercle d’étudiants. Le genre de club où Don’t tell me how to live…. A suivre.
Review & photos now online – et autres clichés en ligne sur notre GALERIE…

Qui mieux que ROYAL TUSK pouvait ouvrir pour MONSTER TRUCK ?! Leur approche est identiquement épurée et spontanée. Leurs compos relèvent du même instinct jouissif et basique – et donc efficace. Le style de zique qui te procure un bonheur brut et immédiat que tu ne dois pas aller chercher dans une quelconque arrière-boutique cérébrale ou dans ton grenier des références et des analogies…

"Hey, guys, where do you come from… ?" hurle un quidam depuis le fond de la salle (soit à 15 mètres de la scène). Et le brave Carrière de ROYAL TUSK de répondre dans un français balbutiant qu’il s’applique à articuler de son mieux pour plaire à l’audience qu’il pense francophone: "Nous… venons de… du… Canada". Comme quoi n’est pas franchement récompensé de son effort l’étranger qui pense baragouiner la langue du pays hôte en se fourvoyant quant à l’idiome pratiqué !
Gloire à ceux qui s’efforcent de parler un français intelligible dans le fief de Bart, waar Vlamingen thijs zijn, qu’ils s’appellent ROYAL TUSK ou MONSTER TRUCK – qui, comme hier au Luxembourg – font montre de leurs bases en la langue de Voltaire et non pas de Vondel…
MONSTER TRUCK partage donc avec les TUSK la même énergie et la même authenticité, celles de ceux issus de familles de cols bleus. D’Ontario ou d’Alberta peu importe leurs prénoms, Canadien est leur nom. Des gars profondément honnêtes, intègres et entiers, qui ne comptent pas mais ne font que donner. Des p’tits gars humbles, qui savent d’où ils viennent et qui savent qu’ils ne sont pas encore arrivés. Et qu’il ne sont ici que par la grâce du riff et par la force du poignet.
Groove stoner, mélodies classic rock, énergie toute nord-américaine teintée de blues, de country rock, de soul, de funk, de hard-rock…on ne sait trop à quoi se raccrocher, avant de finalement laisser le lâcher-prise prendre le dessus et nous emporter dans un tourbillon tout ce qu’il y a de plus percutant et entraînant.
On ne sait pas trop pourquoi tout le monde sourit au sortir d’un concert de MONSTER TRUCK. Ou plutôt si: parce que le bonheur est fait de plaisirs simples, parce qu’il consiste à continuer à désirer ce qu’on possède déjà. Et MONSTER TRUCK, c’est une partie de nous, une parcelle qui demeure enfouie au plus profond de chacun de nous. Le stigmate du cri primal: aaaah, le rock’n’roll, cet état émotif qui vous fait battre la mesure ou le sang plus fort que nécessaire…

MONSTER TRUCK, c’est tout l’inverse de Greta Van Fleet et ce n’est donc que pur bonheur, pur jus et pur rock’n’roll. Car c’est au prix de leur sueur et de leurs nuits sur la route que les Canadiens se sont fait un nom, qu’ils se sont forgé un caractère, qu’ils se sont modelé un style, qu’ils se sont construit une réputation, qu’ils ont imposé leur talent – et quel talent !
Greta Van Fleet, on n’a rien contre: on a tout contre, a fortiori quand on est face à des gars de la trempe de MONSTER TRUCK. Alors que les frangins Van Fleet ne sont guère moins secs derrière les oreilles, les voilà commercialement propulsés au firmament de la gloire – aussi éphémère que fragile quand elle ne repose sur rien – par la magie d’une campagne marketing digne du meilleur produit de lessive: un véritable panneau dans lequel sont tombés les ménagères du rock’n’roll adeptes des medias mainstream.
Le succès de Greta Van Fleet est celui des mouches agglutinées sur un ruban adhésif. La force de MONSTER TRUCK, c’est la puissance de l’expérience, la solidité des compositions, la force scénique et plus simplement encore la simplicité, l’efficacité, l’authenticité et la robustesse du concept, depuis les hommes jusqu’à leur production. MONSTER TRUCK, ce n’est pas avec un attrape-mouche qu’on les encadrera. 10 ans on the road, 10 ans d’innombrables et interminables tournées, 10 ans de travail mis et remis sur l’ouvrage, 10 ans à ouvrir pour les plus grands de la scène mondiale, ca forge un tempérament. Ca donne de la consistance. Ca fait de vous quelqu’un, autre chose qu’un pantin médiatique à la solde des majors. Autre chose qu’une façade qui peine à cacher la vacuité d’un logis sans intérêt. Don’t fuck with the Truck !
Après donc nombre de tournées européennes en tant qu‘opening act, MONSTER TRUCK est de retour pour enfin – enfin ! – briller en tête d’affiche. Et ce n’est là que juste récompense amplement méritée qui a le goût de toute la sueur qu’ils ont laissée sur les scènes et sur les routes européennes toutes ces dernières années. Ce n’est là que juste salaire d’un travail de forçats effectué soir après soir en première partie, job souvent ingrat mais ô combien fondateur et rémunérateur en termes d’expérience et de bouteille.
Cette expérience et cette bouteille paient ce soir sur la scène de la Rockhal, sans devoir cette fois expédier leur set en vue de faire rapidement place nette pour la tête d’affiche. Devenus headliners, les quatre de MONSTER TRUCK ont embarqué dans leurs bagages des gars d’Edmonton tout aussi remarquables, de la même veine et qui partagent le même bon sens des gens terre-à-terre, la tête sur les épaules, et qui ne se la pètent pas: ROYAL TUSK. En définitive, deux remarquables prestations de gars de là-bas, au fin fond du Canada, qu’aura chaudement apprécié un public qui n’a cependant pas répondu en masse à l’appel. Les absents ont toujours tort et n’en ont qu’à s’en mordre les onglets.
Après tant et tant de premières parties, nos chouchous de l’Ontario profond sont encore de retour en Europe pour enfin – enfin ! – une seconde tournée en tête d’affiche, statut digne de leur talent et de leur popularité outre-Atlantique !
MONSTER TRUCK débarque donc pour la ènième fois sur le Vieux Continent, et déboule dans nos contrées comme on laboure un champ là-bas: tout soc dehors ! Ou plutôt profond, bien profond le soc. Et ô combien Rock’n’Roll.

Autres clichés disponibles dans notre galerie…

Il y a des groupes qui se donnent une image, et il y en a qui sont cette image. SABATON fait indéniablement partie de la seconde catégorie…
SABATON, c’est cinq gars passionnants et passionnés, cinq gars intègres et entiers. Cinq gars d’une extraordinaire simplicité, d’une incroyable gentillesse et d’une sympathie hors du commun. Cinq gars tout ce qu’il y a de plus normal mais qui mènent a contrario une vie qui n’a rien d’anodin ni de banal. Pause. Retour sur deux journées passées en leur si chaleureuse et agréable compagnie.
Entrés symboliquement en studio le 11 novembre 2018, très exactement le jour du 100ème anniversaire de l’Armistice, SABATON verra son 9ème et dernier album "The Great War" sortir cet été, le 19 juillet 2019. C’est cependant en cette mi-avril déjà que les Suédois décident de frapper fort en présentant à la presse internationale en avant-première leur dernier né. Et pas n’importe où: sur les champs de bataille de Verdun, au cœur même de cette sanglante boucherie, fil conducteur de leur album-concept "The Great War".

Alternant devoir de mémoire sur les lieux mêmes, listening-sessions de leur nouvel album, visites de hauts-lieux commémoratifs mais aussi autres moments foncièrement plus festifs, SABATON emmène la quarantaine de journalistes que nous sommes autour et aux alentours de Verdun.
Les quelques historiens chevronnés qui orchestrent leur chaine YouTube « Sabaton History Channel » sont nos guides de 1er choix, pour mieux encore contextualiser et décrire les faits tragiques ou héroïques qui charpentent les 11 morceaux de ce nouvel album. De quoi conférer à ces deux journées et deux soirées passées en compagnie de SABATON le cachet de l’authenticité historique combiné à une expérience conviviale, émotionnelle et musicale sans pareille.
La passion historique de SABATON pour les hauts-faits d’armes qui ont égrené les différents conflits de l’Histoire n’est pas plus nouvelle que feinte. Pas plus les événements contés dans leurs précédents albums que la scénographie de leurs shows ne sont une démarche marketing camouflant une coquille plus ou moins vide, un corps creux. Non : SABATON, ce sont cinq gars passionnés d’histoire et de conflits, passion qu’ils traduisent en une discographie qui a (aussi) vocation pédagogique – pas uniquement visuelle ni faussement sincère ou hypocritement intéressée.

Ainsi, deux jours durant, nous avons arpenté en compagnie de SABATON les lieux mêmes qui charpentent leur dernier « The Great War » – dont le morceau « Verdun » n’est pas le moindre – comme si nous déambulions au sein même des coursives de leur album. Faisant œuvre historique en témoignant de l’ignominie et de la folie humaine, les gars de SABATON ont mis en musique les 300 jours de la bataille qui s’est tenue ici-même à Verdun, à raison de 1.000 morts par jour dans les deux camps.
Parcourir ces sites historiques empreints de tant de souffrance et de drames ne laisse personne de marbre. Recueillement, silences et émotions ponctuent la visite de l’ossuaire de Douaumont, de la Citadelle de Verdun, du Memorial Museum également.
Puis du village détruit de Ornes, où les flocons de neige s’invitent pour le shooting-photo du samedi fin de journée, mais également quelques fans alertés via réseaux sociaux de la présence de SABATON. Un weekend tout en contraste(s) donc entre pélerinage, visites historiques, listening-session et caractère joyeusement festif d’autres moments passés avec le band.
Joakim nous confiera qu’en tournée, ils ne manquent jamais de vérifier si leur itinéraire entre deux shows ne passe pas à proximité d’un haut-lieu historique. C’est ainsi qu’ils ont précédemment visité Bastogne – dont Screaming Eagle est un vibrant hommage à tous ceux tombés lors de cette Batte of the Bulge – l’Offensive des Ardennes. Quant au frigo qui trône dans la cuisine de Pär, il commence à devenir sérieusement trop petit pour accueillir tous les magnets qu’il achète au fur et à mesure de ses visites de par le monde – nous confie-t-il un brin amusé en achetant à la Citadelle de Verdun un aimant des lieux qui va venir agrandir sa collection et compliquer son problème…
Chris joint quant à lui l’utile à l’agréable, nous confiant que parcourir le monde en alternant de la sorte moments graves mais aussi séquences foncièrement festives et rock’n’roll est une vie rêvée, même si éprouvante et probablement pas éternelle… Hannes, amateur passionné de bonnes bières, n’est pas le dernier à troquer la Carslberg du bar de l’hôtel contre une Grimbergen blonde qu’on partage ensemble, nous avouant apprécier particulièrement la belgian beer connection. Tommy, enfin, nous livre qu’il attend avec impatience de fouler un jour les planches du Sweden Rock Festival – ce qui sera la moindre des choses.
Ceci dit, "The Great War" est bien né, très bien né et maintenant dans la boîte – ne (vous) reste plus qu’à attendre le 19 juillet pour le découvrir, ou les premiers concerts de la tournée (f)estivale de SABATON.
Total respect au label Nuclear Blast (Markus Wosgien) et chapeau bas à Replica Promotion (Olivier Garnier, Roger Wessier & Pascale Lacquehay) pour la parfaite et excellentissime organisation d’un remarquable weekend axé autour d’une action promotionnelle comme on n’en fait plus guère en ces temps numériques et dématérialisés…

Maintenant en ligne, le récit d’un weekend sur les champs de bataille de Verdun ces 12 et 13 avril 2019 avec SABATON qui célèbre non seulement 20 ans d’existence, mais aussi et surtout la promotion de leur nouvel et 9ème album "The Great War" (sortie prévue le 19 juillet 2019).
Clichés complémentaires de ces deux journées avec SABATON dans notre GALERIE























































































































































































































































































