The DEFTONES @ Festival Cabaret Vert – Charleville Mézières – 20 août 2026

Pas de pass-photo pour le set de DEFTONES… Mouais… Quatre médias accrédités seulement… Cette édition du Cabaret Vert est marquée par tellement de restrictions-photos (et ne parlons même pas de Nick CAVE demain…) que certains collègues habitués comme nous du pit et du crash-photo décident tout simplement de jeter l’éponge et de ne même plus revenir demain. Sans parler de ces artistes qui te demandent la signature préalable d’un contrat et/ou qui exigent de valider tes clichés avant toute diffusion. Il est passé où le rock’n’roll hein, il est passé où ce fuc*king de pu*ain de rock’n’roll ? Hein…?

On ne résiste à nouveau pas à l’envie de reprendre derechef la review de Fosse Commune pour agrémenter ces quelques clichés volés et pris à la sauvette depuis bien loin dans le public: « BREAKING FOSSE #4 – CABARET VERT – ON A VU DEFTONES. Vu mon état de fatigue ça va être télégraphique. Bref. J’ai vu Chino Moreno. Le seul type qui peut porter un pantalon cargo trop court avec des chaussettes blanches et être sexy as fuck. J’ai déjà écrit, à l’occasion du Mainsquare 2025, tout ce que j’ai à dire sur Deftones. J’enlève pas un ligne. Au Cabaret Vert. Ils ont joué 1h20. Ils sont rentrés sur Be Quiet and drive. Au milieu on a chanté Change…ah ah ahhh ah ah ahhhhh. J’ai perdu ma voix. Me suis engueulée avec la meuf de devant qui filmait tout. J’ai quand même fini avec un pied nu (une sale histoire). Le jeudi de l’enfer touche à sa fin. A cette heure je rêve d’un plaid et d’une camomille« .

Perso, The DEFTONES ne nous ont pas franchement transcendé – et sans doute sommes-nous parmi les seuls à rester sur notre faim à en écouter tous les dithyrambiques commentaires qui fusent sur la plaine du festival. Franchement, oui franchement, les Californiens n’ont pas inventé grand chose. Depuis 1988 que les gars sont à la manoeuvre, on pouvait espérer et attendre un peu plus de consistance, d’audace et de grandiloquence rock’n’rollesque. Mais non: un set d’une banale et affligeante banalité. Rien à jeter, non. Mais rien à en garder non plus. Dommage…

BODY COUNT feat. Ice-T @ Festival Cabaret Vert – Charleville Mézières – 20 aout 2026

Gangsta rap ! Une performance explosive mêlant rap et métal, on n’était pas chaud-boulette a priori, ce n’est pas notre truc à nous au départ – ni à l’arrivée d’ailleurs. Mais la claque fut magistrale, du départ à l’arrivée. Pas là pour faire dans la dentelle, l’indéboulonnable Ice-T et ses acolytes de BODY COUNT déversent sur les + 20.000 festivaliers de ce 1er jour de Cabaret Vert tubes de toujours et nouveautés issues de l’album Merciless. On est jeudi, et ça commence bougrement fort le Cabaret…

Depuis 1990 Ice-T a bousculé les codes en réunissant rap politique et métal furieux formant un groupe unique qui a marqué l’histoire de la musique. Avec Ernie C à la guitare et une série de musiciens iconiques BODY COUNT s’est imposé comme un phénomène scandaleux et visionnaire dès son premier album homonyme en 1992 et le célèbre titre controversé « Cop Killer ».

Trente ans plus tard le groupe continue de repousser les limites: des albums comme Bloodlust, Carnivore et Merciless, des collaborations avec Max Cavalera, Dave Mustaine ou Amy Lee et des reprises mythiques de Slayer, Motörhead ou Pink Floyd confirment leur statut de pionniers du crossover entre rap et métal. Déluge de riffs et de rage avec Ice-T au micro, mi-rappant, mi-chantant et un groupe prêt à enflammer chaque note…

Mais BODY COUNT feat. ICE-T n’est pas du goût de tout le monde et l’on ne résiste pas à partager le point de vue de Fosse Commune dont on reprend la review: « BREAKING FOSSE #2 – BODY COUNT EN CRISE IDENTITAIRE FULL TESTO. Body Count : on y était au Cabaret vert. Ice-T demande combien il y a de femmes dans le public. On lève les bras. Puis part dans un discours sur le fait qu’il y aurait trop de « vagins », qu’on émasculerait les hommes et qu’il n’y aurait plus de vrais bonhommes en se touchant les burnes. On a baissé les bras. Et on a fait un truc extrêmement féminin : on a pris toutes nos vagins et on s’est cassées. Perso. J’ai plus la patience pour ces conneries (…) ».

« Et le plus beau, c’est qu’en repartant, on a recroisé le mec déguisé en vulve. Lui avait l’air parfaitement détendu. On n’a pas osé lui annoncer qu’il participait probablement à l’émasculation générale. Bonne continuation aux vrais bonhommes. Nous, on a Turnstile à aller voir « .

TURNSTILE @ Festival Cabaret Vert – Charleville Mézières, 20 août 2026

On l’avoue tout de go : on n’a pas kiffé TURNSTILE outre mesure. A peine du bout des lèvres. On n’a finalement guère apprécié TURNSTILE, tous comptes faits. On n’a pas compris l’engouement et la ferveur que le Cabert Vert a réservé Baltimoriens. On ne comprend pas. On n’a pas compris, on ne comprendra sans doute pas… Figure centrale du punk hardcore contemporain selon certains, le band de Baltimore revendique himself une approche expérimentale fusionnant l’énergie du hardcore mélodique (euh… c’est pas antinomique, ça ?) avec des éléments de pop, de funk et de rock alternatif – fin de citation. Soit. Mais nous, on n’a pas kiffé – ce qui n’est pas le cas de notre chère et adorable Fosse Commune dont on va à nouveau reprendre la prose. Car elle sait de quoi elle parle, elle… Elle.

A toi la parole, ma chère ! « BREAKING FOSSE #3 – CABARET VERT – TURNSTILE : J’AI TENU LA MOITIÉ DU SET… MAIS C’ETAIT OUF. En direct du Cabaret Vert. Bon. J’avais dit que je voulais faire TURNSTILE devant. J’ai fait Turnstile devant. J’ai tenu la moitié du set. Je considère que le contrat est rempli. Parce que Turnstile, sur scène, c’est exactement ce que j’espérais : du hardcore joyeux. Un énorme bordel euphorique. Ça saute. Ça groove. Ça cogne. Ça sourit. Le groupe envoie une énergie absolument phénoménale et la fosse lui rend immédiatement. Le problème, c’est que la fosse lui rend TOUT. CIRCLE PIT À GAUCHE, CIRCLE PIT A DROITE, SLAMMEURS AU-DESSUS. J’étais hyper bien placée. Vraiment. Assez près pour prendre une énorme claque et suffisamment au milieu pour comprendre rapidement que cette excellente place venait avec quelques conditions générales d’utilisation. J’étais cernée. Avec devant, derrière : des humains extrêmement heureux de se rentrer dedans. À partir de là, regarder un concert devient une activité secondaire. Tu regardes Turnstile. Tu regardes le ciel. Turnstile. DES PIEDS. Turnstile. Le circle pit vient de s’ouvrir. Turnstile. UN CUL. Et tu recommences « .

Et elle continue, notre adorable Coeur !  » Le tout dans une ambiance absolument géniale. C’est important de le dire : la fosse était hyper sympa à quelques bourrins près. Ça se relève. Ça s’aide. Ça rigole. Mais physiquement ? PUTAIN. J’ai donc procédé à une évaluation scientifique de la situation. Le groupe : incroyable. La fosse : incroyable. Mon envie de rester : très forte. Mes chances de terminer Deftones ce soir avec un squelette encore assemblé : en diminution rapide. Et surtout j’ai vu ce type en foulard en face qui était pas vraiment là pour autre chose que la bagarre. Et ça j’aime pas bien. Foulard intégral quand y’a pas de poussière. J’ai tendance à m’éloigner. Il fallait sortir. Petit problème : sortir d’une fosse de Turnstile ne consiste pas exactement à dire : « Excusez-moi, pardon, je voudrais passer. » J’ai donc attendu. Et soudain, j’ai vu un très grand monsieur qui sortait. Une opportunité. Je me suis accrochée à ses épaules et je l’ai suivi. Voilà. À cet instant précis, cet homme n’était plus un festivalier. C’était mon brise-glace. Il ouvrait la route. Je suivais dans son sillage. Extraction réussie. LE CONTRÔLE TECHNIQUE : je suis maintenant sur le côté et j’observe ceux qui sortent. C’est magnifique. Ça boite. Ca souffle. Ça ruisselle. Ça vérifie ses chaussures. Ça remonte son slip. Ça remet son soutif à sa position réglementaire. Et surtout, ça sourit. Parce que c’est ça, Turnstile. Personne n’a l’air malheureux. Tout le monde a simplement l’air d’avoir été passé quarante minutes dans une machine à laver avec 3000 copains « . Merci Copine ! Même si on n’a pas partagé pas le même vécu…

SPEED + RISE OF THE NORTH STAR + LAST TRAIN + THEA @ Festival Cabaret Vert – Charleville Mézière, 20 août 2026

Du harcore australien qui débute à la flute traversière ? Cherchez pas plus loin, c’est SPEED qui ouvre les hostilités sur la scène Zansibar en ce jeudi 20 août : le Cabaret Vert débute en force. SPEED, c’est de la dynamite à l’heure du goûter – Ovomaline, c’est de la dynamite. Et THEA (prononcez Théa) va ajouter une couche de pogo dans la forêt sur la scène Greenfloor qui n’a pas pour habitude de se faire secouer les feuilles de la sorte.

La scène Razorback n’est pas en reste non plus bien plus tard dans la soirée avec les Alsaciens de LAST TRAIN qui, décidément, ne parviennent pas à nous séduire. Jamais deux sans trois ? Non, il n’y aura pas de troisième fois de sitôt, le droit à l’erreur ayant ses limites à l’issue d’un set stérile et creux, sans relief.

Comment jouer les stars quand on n’en a ni le talent ni l’étoffe? Demandez à RISE OF THE NORTHSTAR qui se la joue diva en exigeant des photographes une décharge et une validation des photos. Ou quand le ridicule ne tue pas. Si au moins ils en avaient l’étoffe et la carrure…

Mentions spéciale toutefois à THEA qui a littéralement enflamé le Greenfloor et nous a transporté dans son univers hyper-punk / emocore à la française. Une énergie communicative et une proximité intime avec son public, une communion générationnelle avec un public qui fait corps et coeur dans un exutoire musical. Son mélange d’énergie rave, de riffs pop-punk et ses éclats d’emocore dans une ambiance déjantée a fait notre après-midi.

A PERFECT CIRCLE – Rockhal, Esch-sur-Alzette, 4 juillet 2026

Il est où le rock’n’roll, il est où…? Celui qui transpire la testostérone, celui qui trempe le t-shirt, le rock’n’roll qui transcende et transfigure celles et ceux qui le martèlent à grands coups de basses, de riff endiablés et de hurlements ravageurs ou d’envolées lyriques ? Il est où le rock’n’roll qui, tout simplement, transporte les foules et les âmes bien loin de leur condition…? A PERFECT CIRCLE délivre ce soir un set impeccable, voire parfait.

Bien trop impeccable et de loin trop propre que pour encore prétendre porter haut et fort l’étendard du real rock’n’roll, du moins live – celui qui te prend par surprise, qui improvise, qui te prend à contre-pied et qui dérape, qui t’envoie une mandale dans les gencives sans que tu n’aies rien vu venir, celui qui te fait oublier tout simplement qui tu es le temps d’un set dont tu sors transcendé. A PERFECT CIRCLE, à force d’être trop propre, trop parfait, s’avère finalement presqu’ennuyeux.

Sans plus-value aucune par rapport aux studios où certes ils excellent, la scène plongée la plupart du temps dans la pénombre – et les performers en contre-jour permanent – n’apporte pas le grain de folie qui manque par ailleurs à ces derniers pour le moins statiques et peu expressifs. Maynard James KEENAN qui n’est pourtant pas le dernier des trublions reste à contre-jour sur son podium central comme à son habitude (TOOL évidemment, mais aussi PUSCIFER,…), dominant depuis l’arrière-scène ses petits compagnons de jeu.

Pas un mot de trop, ni même un mot si ce n’est pour faire l’auto-promotion de sa venue à Bruxelles l’automne prochain sous la bannière PUSCIFER. Soit. On l’adore, mais pas vraiment son « jeu » de scène. Il en est de même pour le reste du band, trop rangé et bien trop appliqué à reproduire fidèlement leur production-studio alors qu’on attend au contraire qu’ils s’en démarquent pour écarter les murs, défoncer la porte et décrocher les étoiles.

Billy HOWERDEL n’apporte pas non plus cette r’n’r touch brute de décoffrage dont il connait pourtant pertinemment bien les effets (Smashing Pumpkins, Nine Inch Nails, G’n’R,…). Reste Josh FREESE aux drums (et au CV aussi long qu’un jour sans bière), le seul à vraiment dépoter. Un son et une sonorisation frisant la perfection servent toutefois indéniablement des morceaux qui se tissent et se dessinent dans la longueur mais sans néanmoins récupérer la sauce à l’issue d’un set qui s’interrompt soudainement à la 65ème minute pour 10 minutes de pause avant de faire ensuite place à un second service 20 minutes durant. Décidément bizarre et plus qu’étrange de bout en bout, cette prestation. A l’image de KEENAN qui autorise le public à sortir son GSM pour le dernier morceau – on aurait préféré un autre final… Mention spéciale à l’explosive française Jehnny BETH qui officie en première partie au sein de son groupe américain éponyme.

Now online : TURBONEGRO @ Sint-Niklaas, 26 juin 2026

Rock’n’Roll Machine… Le rock’n’roll, c’est cette espèce d’intrusion acoustique qui te pénètre par l’oreille droite, qui parcourt ton coeur pour l’en trémousser de stimuli jouissifs puis qui continue son infernale descente vers ton bas-ventre pour te procurer d’humides sensations érectiles avant de remonter à nouveau par ton palpitant pour lui en remettre une couche et te parcourir l’échine. Et enfin ressortir par l’oreille gauche pour recommencer encore, encore et encore cet infernal cycle jusqu’à la jubilation extrême (c’est grave, Docteur…?).

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

TURBONEGRO – De Casino, Sint-Niklaas – 26 juin 2026

TURBONEGRO… voyons… euh… comment dire ? Comment dire autrement que TURBONEGRO transforme De Casino en « City of Satan » ? Car il y a des groupes qui jouent des concerts, et puis il y a TURBONEGRO, qui transforme chaque apparition en célébration du rock’n’roll le plus déjanté qui soit.

Dans le cadre de ses Great Gigs in the Park qu’organise le casino dans son parc – comme son nom l’indique – les Norvégiens offrent au public de Sint-Niklaas une démonstration de leur savoir-faire : un concentré de punk, de hard rock, de glam, d’autodérision, d’humour potache et de second degré sans jamais tomber dans la caricature, porté par une énergie qui ne semble jamais faiblir.

Tout parait excessif, outrancier, presqu’absurde… et pourtant tout fonctionne. Parce que derrière les poses et l’autodérision se cache un groupe redoutablement efficace qui maîtrise son sujet comme peu d’autres. La soirée est lancée par Sha-La-Lees, parfaits chauffeurs de salle – ou plutôt de parc – avec leur garage rock abrasif. Mais lorsque les Norvégiens investissent la scène ou plutôt le kiosque planté dans la touffeur tropicale du parc du casino, on change clairement de dimension.

Emmené par The Duke of Nothing, le groupe continue de faire vivre l’héritage laissé par Hank Von Hell, disparu en 2021, tout en affirmant sa propre identité. Aux côtés d’Euroboy, Rune Rebellion, Happy-Tom, Pål Pot Pamparius et Tommy Manboy, le chanteur mène un collectif parfaitement rodé, aussi spectaculaire qu’efficace. Le concert démarre pied au plancher avec « Hurry Up & Die », immédiatement suivi de « Back to Dungaree High » et « Part III: Rock N Roll Machine », annonçant la couleur : aucune baisse de régime n’est au programme. pas question de souffler.

TURBONEGRO enchaîne les classiques avec une insolente facilité et une facilité déconcertante, porté par un son massif et une mécanique parfaitement huilée entre « All My Friends Are Dead », « Sell Your Body (To the Night) », « Hot for Nietzsche » ou encore « Selfdestructo Bust », repris – hurlé – par les fidèles Turbojugend présents bien qu’en ordre dispersé. Puis la rock’n’roll machine s’emballe avec « City of Satan », « Do You Do You Dig Destruction », « Boys From Nowhere » et « Prince of the Rodeo » entretenant une tension permanente avant l’inévitable « Get It On », véritable hymne qui continue, près de trente ans après sa sortie, de provoquer la même folie à l’esprit irrévérencieux qui fait la réputation du groupe depuis plus de trois décennies.

55 petites minutes de riffs assassins plus tard, la machine de guerre aussi précise que dévastatrice met un terme à sa folle chevauchée dans la même énergie qui l’avait vu débuter. Le rappel est à l’image de tout ce qui a précédé : explosif. « Special Education », « Fuck the World (F.T.W.) », « I Got Erection » et l’incontournable « The Age of Pamparius » concluent une prestation sans temps mort, laissant le public sur une dernière décharge d’adrénaline mais aussi sur un goût de vraiment trop peu : ces 75 minutes de prestation, rappel compris, pèsent certes plus que la demi-heure du set délivré par les Norvégiens le 1er novembre dernier ici-même (concert écourté pour les raisons évoquées ici et reporté à ce jour, 26 juin 2026), mais une heure quart de démence jubilatoire c’est quand même un peu pingre.

Toujours est-il que dans le décor verdoyant du Casino Park, l’opposition entre le cadre bucolique et la déferlante sonore de TURBONEGRO a créé un contraste aussi insolite que réussi. Une nouvelle preuve que les Norvégiens demeurent une référence incontournable dès qu’il s’agit de transformer une scène en une gigantesque fête rock déjantée. Sans chercher à réinventer sa formule, TURBONEGRO continue de faire exactement ce qu’il sait faire de mieux : jouer fort, jouer vite et rappeler à tous les pisse-vinaigres que le rock’n’roll, lorsqu’il est exécuté avec autant de conviction, reste l’un des meilleurs remèdes contre la morosité. Canicule ou pas canicule.

Now online : The ARISTOCRATS – Rockhal – 29 mai 2026

Masterclass… What else ?! The ARISTOCRATS ont fait étalage de leur génie, de leur humour, de leur inventivité et de leur virtuosité avec un Marco MIMMEMANN définitivement au Panthéon des martyriseurs de fûts…

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

The ARISTOCRATS – Rockhal de Esch-sur-Alzette, 29 mai 2026

Après deux concerts exceptionnels à la Rockhal, annonce la salle (… alors que nous vous en avons déjà narrés trois ici-même et non pas deux: en 2018, 2020 et 2023 !!), le trio instrumental rock/fusion le plus déjanté au monde est de retour pour conclure sa tournée mondiale DUCK TOUR. The ARISTOCRATSGuthrie GOVAN (guitare), Bryan BELLER (basse) et le génialissime Marco MINNEMANN (batterie) – déploient à nouveau leur virtuosité musicale et leur humour décalé habituels en interprétant une grande partie de leur nouvel album concept DUCK, ainsi que des classiques issus de leurs cinq précédents albums.

« L’Europe a toujours occupé une place très spéciale dans notre cœur », a déclaré le groupe d’une seule voix, « et c’est sur ce continent que nous avons véritablement tourné, en 2012. Dès le début, nous avons ressenti l’amour et le soutien du public. Treize ans et de nombreuses tournées plus tard, cette place reste particulière. Et aujourd’hui, nous présentons enfin notre spectacle DUCK à ceux qui l’attendent depuis plus d’un an». DUCK est, de façon assez improbable, un album-concept instrumental racontant l’histoire d’un canard antarctique fuyant un pingouin policier jusqu’à New York, où l’attendent de nouvelles mésaventures et de nouveaux dangers. No comment !

Au cours des 14 dernières années, The ARISTOCRATS – le guitariste Guthrie GOVAN (Steven WILSON, Hans ZIMMER, Asia/GPS), le bassiste Bryan BELLER (Joe SATRIANI, Steve VAI, DETHKLOK) et le batteur Marco MINNEMANN (Steven WILSON, Joe SATRIANI, Steve HACKETT) [excusez du peu !] – se sont imposés comme l’un des groupes de rock-fusion instrumental les plus originaux, les plus irrévérencieux et les plus divertissants de la planète. Les médias du monde entier se sont enthousiasmés pour le groupe, les qualifiant de « plus divertissants que la fusion n’a le droit de l’être… » et affirmant : « S’il existe un trio instrumental rock plus accompli, empathique et polyvalent que The ARISTOCRATS, je ne l’ai pas encore entendu…»

L’engouement suscité par leur premier concert, initialement prévu comme unique, au salon NAMM d’Anaheim en 2011 a conduit à la sortie de leur premier album éponyme. Enregistré en seulement huit jours, The ARISTOCRATS (2011) a été salué comme un classique instantané par les plus grandes publications musicales du monde, figurant dans de nombreux top 10 de l’année. The ARISTOCRATS ont ensuite sorti quatre autres albums studio acclamés par la critique au cours de la décennie suivante, dont deux se sont classés dans le top 10 jazz du Billboard. Avec quatre tournées mondiales et trois albums live à leur actif, le groupe est reconnu sur les cinq continents comme une expérience musicale incontournable et explosive.

Ce soir à la Rockhal, pas de grande surprise. Comment d’ailleurs pourrait-on mettre la barre plus haut que ce que le trio nous a habitué ? Près de deux heures durant, une démonstration humoristico-virtuoso-acrobatique ponctuée d’un solo de Minnemann qui restera dans les mémoires. Un regret, s’il fallait en formuler un ? Une basse bien trop absente qui jouait profil bas sans qu’on ne comprenne trop pourquoi…

Uli Jon ROTH – Zik-Zak de Ittre, 18 mai 2026

Tokyo Tapes, 1978 – premier album live de The SCORPIONS, à la fois fondateur et détonateur d’un parcours initiatique personnel. Tokyo Tapes, 1978 – mémoire ô combien toujours vivante de la tournée japonaise des Allemands qui s’avère être la dernière d’Ulrich ROTH au sein du combo avant de partir fonder son propre Electric Sun. 1978 : nous allions naïvement mais gaillardement sur nos 14 ans quand ce double live nous explose littéralement à la gu… à l’instar d’un Double Live Gonzo ! ou d’un autre If you want blood, you’ve got it. Des States jusqu’à l’Australie en passant par l’Europe, ces live estampillés 1978 ont façonné parmi d’autres en cette faste et glorieuse année ce que nous sommes aujourd’hui encore…

Près de 50 ans plus tard, c’est ce même Uli Jon ROTH qui nous téléporte dans notre juvénile passé seventies. Polar Nights, Hell Cat, Sun in my Hand, autant de titres où l’on retrouve ROTH aux vocals sur Tokyo Tapes et qu’il nous sert ce soir sur un plateau d’argent, performant l’intégrale de l’album Virgin Killer (1976) et une bonne partie de In Trance (1975). Manière de célébrer en grandes pompes le demi-siècle de ces deux albums fondateurs de The SCORPIONS à l’époque où le génial et prolifique ROTH en était encore une des têtes pensantes.

Virgin Killer est ainsi joué dans son intégralité pour la première fois – jamais les Teutons ne l’ont fait – et sans doute pour la dernière également dans le chef de ROTH. En apothéose, il nous gratifie d’un In the Park jamais performé par SCORPIONS en plus de 5 décennies de tournées intercontinentales mais que ROTH nous balance dans les gencives à l’occasion de sa tournée mondiale qui fait ce soir halte à Ittre. Il nous gâte, le coquin lutin qui semble être resté musicalement et vestimentairement coincé dans le labyrinthe du temps passé à l’instar d’un certain Ritchie qui lui y est retourné de son plein gré. Frissons… Les longs extraits de In Trance qu’il enchaîne par la suite clôturent en beauté un set explosif au parfum à la fois suranné, mélancolique et nostalgique. Comme pour nous rappeler que les Allemands, avant de virer guimauve et balades sirupeuses au prestige planétaire dans les années ’80 et ’90, ont contribué dans les seventies à consolider le pendant continental d’une NWOBHM encore naissante. Quatre décennies plus tard, The SCORPIONS sont quasi revenus à leur recette originelle en fêtant l’année dernière leur 60ème anniversaire – excusez du peu.

La soirée avait toutefois extrêêêêmement mal commencé avec un premier set des plus soporifiques voire des plus pathétiques qui soient – pour demeurer respectueux envers ce personnage au parcours hautement respectable lui aussi. Seul sur scène, sur fond d’une pitoyable bande-son téléchargée low-cost (cordes, claviers et percussions), Uli Jon ROTH nous bassine ses arpèges au travers d’une espèce de Rondo Veneziano du pire effet trois-quart d’heure durant, prétexte au guitariste pour nous exposer sa vision artistique entre rock atmosphérique, envolées lyriques et virtuosité néo-classique pour le moins dispensables. Avant la délivrance qu’apporte un intermède annonciateur d’un second set d’anthologie: entouré alors d’une efficace brochette de performers, le lascar se fait jubilatoirement pardonner tout en permettant à Virgin Killer et à In Trance de demeurer définitivement à dater de ce soir albums plus fondateurs que jamais…

WHEEL + STONED JESUS @ Le Botanique, Bruxelles – 1er avril 2026

Expédions sans la moindre pitié le cas Ice Sealed Eyes, propulsé on ne sait trop comment en ouverture avec ce qui, paraît-il, relève de la musique. On leur abandonne volontiers la pleine responsabilité de cette affirmation pour nous tourner fissa et sans demander notre reste vers choses sérieuses. Les vraies. Parce que les power trios, eux, ne trichent pas. Jamais. Et STONED JESUS ne se contente pas de confirmer la règle : il la martèle, la sculpte, la grave dans le marbre à coups de riffs massifs.

Entre stoner et doom, les Ukrainiens — qui se décrivent eux-mêmes avec une savoureuse désinvolture comme un « prog doom grunge something band from Ukraine » — nous balancent en rafale des déflagrations sonores d’une lourdeur et d’une fine brutalité rare. Des coups de butoir et des impacts à l’instar de ceux – bien plus tragiques – qui résonnent d’autant plus fort qu’ils font écho à ceux qu’ils se ramassent quotidiennement sur la tronche à Kyiv, leur ville d’origine. Slava Ukraini !

Et en matière de puissance de feu, STONED JESUS savent de quoi ils parlent. Sur scène, ils déploient une intensité quasi militaire, à l’instar de celle de leurs compatriotes sur le front Est : 70 minutes d’un assaut sonore ininterrompu, un véritable tapis de feu déroulé à travers toute leur discographie. Certes, quelques respirations — parfois un peu trop longues — viennent relâcher la pression, mais elles ne font que mieux préparer la prochaine salve, encore plus écrasante. Le drapeau ukrainien, posé avec une fausse nonchalance sur un ampli Marshall, vibre et ondule sous les fréquences de la Gibson, tandis que la section rythmique, implacable, forge une déferlante sonore d’une lourdeur abyssale. Le rouleau compresseur STONED JESUS est lancé — et rien ne lui résiste. Seul bémol : un son parfois brouillon, presque étouffé, qui écrase les nuances et ne rend pas pleinement justice à la performance du trio — à moins que l’expérience front stage n’en soit la cause.

Un constat qui, malheureusement, pèse encore plus lourd sur la prestation de WHEEL, leurs co-headliners du soir. Alternant chaque soir l’ordre de passage tout au long de cette tournée avec une rigueur mathématique, les deux groupes partagent un temps de jeu identique. Mais ce soir, une question persiste : n’aurait-il pas été plus judicieux de laisser WHEEL conclure ?

Car si WHEEL peut parfaitement servir d’amuse-bouche raffiné pour les palais délicats, STONED JESUS, lui, incarne le festin pantagruélique et gargantuesque pour amateurs rabelaisiens de sensations fortes. Mais l’ordre inverse aurait tout aussi bien fonctionné et nous aurait même davantage séduit : un uppercut massif signé STONED JESUS en ouverture de soirée, suivi d’un baume faussement apaisant appliqué en trompe-l’oeil par WHEEL.

Les Norvégiens, fidèles à leur réputation, déconstruisent les codes avec une précision chirurgicale. Leur prestation est un véritable tour de force où la complexité épouse la virtuosité avec une élégance redoutable. Leurs compositions, longues, ciselées, presque obsessionnelles, prennent sur scène une ampleur décuplée — comme une muscle car figée en showroom qui ne révèle sa vraie nature qu’une fois lancée à pleine vitesse sur l’asphalte.

Les deux groupes se rejoignent d’ailleurs dans cette propension à étirer leurs morceaux, la prestation live venant creuser et amplifier davantage encore leur profondeur et leur densité. Si STONED JESUS remporte ce soir la bataille à l’applaudimètre, WHEEL talonne les Ukrainiens et leur tient tête sans faiblir au sonomètre, flirtant dangereusement avec la zone rouge. Et en ce soir de poisson d’avril, aucun doute : au Botanique, on a pêché au gros, pas à la ligne fine. Et on a sorti du gros, du lourd et même du très lourd.