Is all the World still a Stage… ?

From backstage to frontstage, from photo-pit to dressing-rooms, vintage rock’n’roll live pictures through time

NO Photoshop. NO Lightroom. NO Raw. NO bullshit. NO visual overdub

ONLY 100% pure one-shot live JPEG

All the World is still a Stage ! En attendant de vous fixer rendez-vous en 2021 (… 2022 ?) lorsque le rock’n’roll circus aura repris vie et retrouvé ses marques, conservons et entretenons les nôtres en nous replongeant de-ci de-là dans les plus belles pages du livre du Monde d’Avant

* Coronavirus Covid19 – World Tour Cancellations *

Coronavirus_StayHome.jpg

(Posté le 15 mars 2020 – mis à jour le 23 octobre 2020)

Jamais bien sûr n’aurions-nous cru l’oiseau de mauvais augure qui aurait annoncé que SAXON au Trix d’Antwerpen le 4 mars 2020 était notre dernier concert de l’année, mettant de facto ce site en léthargie… Une semaine plus tard, le secteur culturel et événementiel, sa myriade d’acteurs et tout le show-business régional, national et international subissent un dramatique coup d’arrêt. #SaveOurStages. Mais the show must go on et nous nous efforçons depuis lors d’y contribuer en enrichissant au quotidien nos deux galeries photographiques online @ FacebookInstagram.
Que faire d’autre ? Après les concerts de ce printemps 2020, les festivals d’été ont été annulés les uns après les autres. Les tournées reportées d’abord à l’automne 2020 puis annoncées pour 2021, commencent à être postposées à 2022. Triste réalité pour des millions d’acteurs directs ou victimes indirectes du secteur qui souffrent comme jamais. Triste réalité pour les millions d’amateurs et de spectateurs que nous sommes. Notre modeste contribution positive à soulager cette crise qui perdure depuis ce printemps 2020 sera d’entretenir le feu sacré du r’n’r circus en postant dans nos deux galeries un florilège de nos meilleurs clichés, jour après jour…

Coronavirus_World_Tour_2020__2_.png
C’est tout un monde d’intermittents du spectacle, d’artistes – des plus anonymes aux plus renommés – mais aussi d’organisateurs, de techniciens, de promoteurs, d’acteurs de tous bords du monde associatif, culturel et du show biz qui sont ainsi touchés de plein fouet par une crise inédite dont personne ne peut encore mesurer le désastre actuel humain, artistique, culturel et économique à venir – sans parler du désastre psycho-social qui perdure, qui empire mois après mois.
Sacré Russ BALLARD : clairvoyant, le gars, clairvoyant dès début mars 2020: son passage planifié le 16 du mois au Spirit of 66 fut notre premier show annulé, premier d’une longue, longue, trop longue série. Un moment reportée à l’automne puis en décembre, sa tournée a bien vite été définitivement annulée. Claivoyants et sages, ces seniors.

Russ BALLARD – 14 & 16 mars 2020 – annulé

14 mars 2020 @ Verviers. 16 mars 2020 @ Bremen: deux dates qui mettent fin à 40 ans d’attente. 40 ans que nous l’attendions, Russ BALLARD.
40 ans que nous le guettions dans notre radar, puis patatras: coronavirus et covid-19 nous tombent sur le râble.
J – 4 : le bonhomme (clairvoyant et/ou à risque) annule carrément sa tournée européenne, la plus touffue depuis 1976 avec pas moins de 18 dates prévues à l’affiche dont au moins 2 à notre agenda en Belgique et en Allemagne.
J – 2: ce sont toutes les activités culturelles, sociales, festives, sportives, événementielles qui sont annulées ; puis tout un pays, toute un continent, toute une planète quasi qui passe en lockdown pour une durée encore indéterminée…

Russ-Ballard_Tour2020_poster2.jpg Capture.JPG Russ-Ballard_UK-Tour2020_poster.jpg

Une tournée de 18 dates passe à la trappe. 18 dates prévues en ce printemps 2020 alors même que la biographie officielle de BALLARD ne recense que… 42 concerts en tout et pour tout depuis l’année 1977 !
42 concerts au compteur de Russ BALLARD depuis 1977, après une glorieuse et faste année 1976 qui l’avait vu monter 21 fois sur les planches en cette seule année. A 74 ans aujourd’hui, le pedigree de Russ BALLARD est donc riche de 63 dates, 63 concerts en tout et pour tout qui ont égrainé toute sa longue carrière et qui le rapprochent d’autant plus des étoiles. 63 dates, hormis sans doute quelques rares apparitions en guest de-ci de-là. Tout est dit. Et tout ce qui est rare et précieux. Priceless.

Tour_Cancelled.JPG
Reste maintenant à espérer que son compteur ne soit pas définitivement arrêté à 63, cette tournée printanière 2020 étant d’ores et déjà annoncée reportée à décembre. Pour autant, évidemment, que le Russ passe à travers les mailles de la pandémie Covid-19, et que celle-ci ne devienne plus qu’un mauvais souvenir. God save the Queen. And Russ BALLARD too, plize.

SAXON sold out @ Trix, Anvers – 04 mars 2020 – Preview

Saxon_Trix_04mars2020_0600__2_.JPG
Question du jour: combien d’adolescents encore à l’école aujourd’hui jouiront-ils du plaisir d’assister, lorsqu’ils approcheront de la soixantaine en 2060, à un nième concert de leurs idoles de 2020…?
Pour toute une génération – la nôtre – qui a eu le bon goût de tomber sous le charme de bands tels SAXON qui ont véritablement façonné un pan du rock’n’roll et qui a misé sur des valeurs sures sachant qu’elles allaient, c’est certain, traverser les âges, c’est en 2020 un rare privilège de fin gourmet que ne pas se poser la question par laquelle nous débutions ce billet.

Saxon_Trix_04mars2020_0198__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0206__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0212__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0217__2_.JPG

Et l’on ne parle pas de ces groupes, aussi honorables et aussi respectables soient-ils (… ou pas) qui n’arrêtent pas de soi-disant come-backer, ou qui se reforment pour de subtiles raisons qui n’échappent à personne et sous de ridicules faux-semblants – GENESIS, pour n’en citer qu’un, qui annonce cette semaine son 2020 Réunion Tour après plus de 15 ans d’absence et de silence radio.
On ne vise pas non plus d’autres tout aussi remarquables bands, dont les régulières mais peu fréquentes tournées ne sont que vénales guignolesqueries et divertissement de masse sans intérêt aucun (qui a parlé des ROLLING STONES, qui…?).

Saxon_Trix_04mars2020_0228__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0231__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0239__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0243__2_.JPG

Non, nous parlons bien ici de quantité de ces bands à l’instar de SAXON qui n’ont jamais quitté le devant de la scène depuis quatre ou cinq décennies. S’ils ont parfois disparu du haut de l’affiche au gré des succès et insuccès commerciaux de la coulée continue de leur intarissable production, leur nom n’a cependant jamais – jamais – été éclipsé de ces mêmes affiches. Sans compromis, sans compromission non plus, SAXON est de ces groupes qui ont écrit et qui écrivent l’histoire du Rock’n’Roll depuis des décennies. Aux forceps d’ninombrables et interminables tournées.
Amen.

Saxon_Trix_04mars2020_0451__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0473__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0467__2_.JPG

SAXON est de la trempe de ces groupes dont on narre ici-même, depuis des années, l’épopée perpétuelle de ceux qui n’ont que faire des mouvements, modes, vagues et autres tendances tout aussi éphémères que futiles qui rythment l’actualité musicale mainstream. Suivi par des hordes de fidèles qui grossissent au même rythme qu’elles se rajeunissent au fil des décennies, SAXON est de ces groupes qui ont traversé, intacts et intègres, les âges et les époques, les modes et les courants.

Saxon_Trix_04mars2020_0472__2_.JPG
SAXON est de ceux qui jamais n’ont plié sous les diktats imposés par l’industrie musicale ou par ceux de la lucrative popularité à tous prix. SAXON est de ceux qui jamais n’ont succombé aux sirènes promettant le succès immédiat et éternel au prix de compromis musicaux. SAXON n’est pas non plus de ceux qui ont vendu leur âme au dieu Royalties ou sacrifié leur intégrité artistique sur l’autel de la déesse Cash-music.

Saxon_Trix_04mars2020_0491__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0504__2_.JPG Saxon_Trix_04mars2020_0507__2_.JPG

Mais on s’égare, on s’égare et on s’éloigne de notre propos: maintenant en ligne, le warm-up de SAXON ni plus ni moins sold out au Trix d’Anvers, ce 04 mars 2020. Et bien sûr également online dans notre galerie de portraits ici-même

Saxon_Trix_04mars2020_0289__2_.JPG

Upcoming shows : festivals été 2020

Où se croisera-t-on cet été, les p’tits graisseux ? Pour notre part, pass-photo déjà précieusement en poche, nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous @ Clisson (Fr.) pour le HELLFEST, @ Gierlé (Be) pour le SJOCK, @ Charleville-Mézières (Fr.) pour le CABARET VERT & @ Maidstone (UK) pour le RAMBLIN’ MAN FAIR
Toutes ces affiches ne sont encore que provisoires, Madness et LA Machina ne figurant pas encore sur le programme du Sjock, Slipknot n’apparaissant pas encore sur l’affiche du Cabaret Vert et Rival Sons ainsi que Black Star Riders n’étant pas encore incrustés dans celle disponible du Ramblin’ Man

Hellfest_2020_poster.jpg Sjock_2020_poster.jpg Sjock-2020-poster.jpg Cabaret_Vert_2020_poster.jpg RAmblinManFair2020.jpg

A tout saigneur tout honneur: regardons dans notre rétroviseur et replongeons-nous dans l’ambiance du HELLFEST 2019 avec le billet ci-dessous que nous postions l’été dernière.

FLASHBACK – Juin 2019 @ Clisson – FLASHBACK :

Aaaaaaah, le HELLFEST…! Avec l’historique Download, le mythique Wacken et notre Graspop national, nous voici face au quatrième mousquetaire – et non des moindres. En ce solstice d’été 2019, le vignoble nantais accueille la 14ème édition de cette grand-messe devenue incontournable au même titre que les trois premières nommées. Sold out depuis près d’un an en moins de deux petites heures, les 180.000 tickets pour ces 3 jours et ces 3 nuits d’Enfer sont à l’image de l’événement: dantesque, hallucinant, colossal, titanesque mais surtout magique…

Hellfest_2019_0149.JPG Hellfest_2019_0151.JPG Hellfest_2019_0015.JPG
Whitesnake_Hellfest2019_0103.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0133.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0109.JPG

Le site semi-permanent offre un décorum digne du meilleur Mad-Max, quand ce n’est pas plutôt Games of Throne ou Alien. Aucun festival – par définition éphémère – n’est en mesure de rivaliser avec des infrastructures ici permanentes. A moins que peut-être Tomorrowland dans un tout autre registre, mais sans les deux immenses mainstages dont peut se prévaloir le Hellfest, flanquées de pas moins de 5 écrans LED aussi démesurés et gigantesques que les scènes elles-mêmes.

Hellfest_2019_0050.JPG Hellfest_2019_0085.JPG Hellfest_2019_0251.JPG Hellfest_2019_0386.jpg
LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0049.JPG RichieKotzen_Hellfest2019_0083.JPG Slash_Hellfest2019_0287.JPG Kiss_Hellfest2019_0286.JPG

Un premier écran à gauche de la scène gauche, un second à droite de la mainstage right, un troisième entre les deux scènes, et enfin deux écrans identiquement démesurés en toile de fond de chacune des deux scènes revenant latéralement sur leurs flancs. Un dispositif visuel qualitatif et quantitatif tout bonnement exceptionnel et unique pour ne manquer aucun rictus caché, aucun poil de barbe rebelle ou aucun ongle mal coupé. Redoutablement efficace, ou effroyablement intrusif c’est selon…

Hellfest_2019_0039.JPG Hellfest_2019_0321.JPG Hellfest_2019_0257.jpg
Hellfest_2019_0390.JPG Hellfest_2019_0245.jpg Hellfest_2019_0158.JPG

Trois immenses chapiteaux semi-ouverts hébergent 3 scènes supplémentaires tandis qu’un 6ème et dernier lieu de débauche sonore, en total open-air quant à lui, est lové dans l’amphitéâtre de la War-Zone au décor (permanent) apocalyptique, entre Mad-Max et… Auschwitz. 160 groupes et autant de concerts vont transformer le parc de Clisson en un enfer pavé de bonnes intentions 3 jours et 3 nuits durant, sous un soleil de plomb aussi implacable et redoutable qu’une sonorisation tout bonnement ex-cep-tion-nel-le et jamais – ô grand jamais – auparavant nulle part rencontrée.

Anthrax_Hellfest20190005__2_.JPG BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0055.JPG BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0040_.JPG
BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0002.JPG Clutch_Hellfest2019_0040.JPG Clutch_Hellfest2019_0060.JPG

3 jours et 3 nuits de peace & love, d’amour et d’amitié, de fête et de débauche sonore, de gastronomie et de divertissements, de déguisements et de wall of death, de pit-circle et de bières. Le Hellfest est devenu le plus gros vendeur de bières français avec 800.000 litres vendus en trois jours (pour 180.000 personnes, frêles femmes et jeunes enfants compris) sur 350 mètres de linéaires, alimentés par 15 citernes de 250 hectolitres, 40 tanks de 1.000 litres, huit semi-remorques et 4 km de tuyaux qui courent enterrés sous les pieds des festivaliers.

BohseOnkelz_Hellfest2019_0044.JPG BohseOnkelz_Hellfest2019_0026.JPG BohseOnkelz_Hellfest2019_0039.JPG
Candlemass_Hellfest2019_0004.JPG Candlemass_Hellfest2019_0043.JPG Candlemass_Hellfest2019_0059.JPG

Mais notre HELLFET, c’est aussi près de 65 km parcourus en trois jours, entre parkings et site du festival, entre mainstages et espace-presse, entre scènes diverses et VIP area, entre bars, fronstage et conférences de presse. Ce sont 3 jours passés a faire inlassablement le pied-de-grue de midi à minuit dans l’accès des différents pits photos, sous un soleil de plomb, entre les hurlements de la foule dans le dos et le véritable mur de la scène qui se dresse devant nous – mainstage #2 à ce point haute que sont totalement éclipsés de nos objectifs le batteur ou les musicos se tenant quelque peu en retrait…

Candlemass_Hellfest2019_0064.JPG Clutch_Hellfest2019_0027.JPG Clutch_Hellfest2019_0056.JPG Candlemass_Hellfest2019_0073.JPG
BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0026.JPG BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0053.JPG BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0060__2_.JPG BlackBerrySmoke_Hellfest2019_0044.JPG

« Notre » HELLFEST, ce sont aussi 3 jours de stress et de tension, de peur de perdre une seule des 200 ou 250 précieuses secondes dont les photographes accrédités sont gratifiés pour tirer le meilleur cliché du set sur lequel ils ont jeté leur dévolu, sacrifiant par là d’autres prestations simultanées ou quasi. Notre HELLFEST dans le photo-pit est en définitive tout sauf une sinécure, et s’apparente davantage à un des douze travaux d’Hercule qu’à une promenade de santé ou à un moment festif de pur délire. Et dire qu’il y en a qui croient qu’on s’amuse…

Dagoba_Hellfest2019_0027.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0107.JPG Dagoba_Hellfest2019_0040.JPG
DeadlandRitual_Hellfest2019_0053.JPG Candlemass_Hellfest2019_0060.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0095__2_.JPG

Notre HELLFEST, ce sont donc aussi et surtout des moments puissants et uniques, magiques et épiques, entre belles surprises et grosses claques, entre émotions et passion(s), mais aussi entre frustrations et quelques rares déceptions. Si le HELLFEST a hébergé les adieux définitifs à la France de SLAYER, de KISS et de LYNYRD SKYNYRD – excusez du peu – c’est bel et bien la prestation de TOOL qui était très attendue de beaucoup. Le fondateur du HELLFEST, Ben Barbaud, avoue depuis longtemps que la venue des Américains faisait partie de ses objectifs prioritaires depuis des années…

FM_Hellfest2019_0034.JPG EaglesOfDeathMetal_Hellfest2019_0003.jpg DefLeppard_Hellfest2019_0004.JPG
DeadlandRitual_Hellfest2019_0017.JPG Candlemass_Hellfest2019_0026.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0072.JPG

Ainsi, il est minuit et demi en ce dimanche, troisième et dernier soir, quand TOOL déboule sobrement, discrètement, sur scène en toute fin de festival et déstabilise une bonne partie du public. Comme à l’accoutumée, les Californiens restent dissimulés dans une semi-pénombre, laissant toute la place à leur musique. Se retranchant derrière leur musique. Tout pour leur musique. Même les écrans géants ne les montrent pas un seul instant, affichant au contraire les mêmes images expérimentales et anxiogènes que nous avions pu découvrir la semaine dernière à Amsterdam où nous avons eu la chance de les découvrir.

GloryHammer_Hellfest2019_0015.JPG Godsmack_Hellfest2019_0078.JPG GloryHammer_Hellfest2019_0020.JPG Godsmack_Hellfest2019_0012.JPG
Kiss_Hellfest2019_0149.JPG Kiss_Hellfest2019_0243.JPG Kiss_Hellfest2019_0340.JPG Kiss_Hellfest2019_0436.JPG

Pas un mot non plus, pas un bonsoir, pas un merci, mais une musique allant crescendo, déversée sur Clisson par le biais d’une sonorisation d’une perfection aussi apocalyptique et hallucinante que tout simplement… parfaite. N’en demeure pas moins que face à un parterre de 60.000 personnes, l’absence de tout visuel du band sur les immenses écrans LED est pour certain du foutage de gueule. D’autres y voient au contraire l’expression ultime que TOOL n’en a que pour sa musique et rien que pour sa musique, ses structures alambiquées secouées de déflagrations. Et quelles déflagrations…

LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0054.JPG Lofofora_Hellfest2019_0013.JPG Kvelertak_Hellfest2019_0048.JPG
LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0154.JPG Kvelertak_Hellfest2019_0012.JPG Godsmack_Hellfest2019_0045.JPG

Au préalable, ANTHRAX prépare sur la mainstage #2 l’arrivée de SLAYER avec un Tom Araya qui semble particulièrement ému de faire ses adieux au public français. Vétérans en tournée d’adieu, SLAYER ne faillit pas à sa réputation avec quasiment que des tempos rapides du début à la fin. On aime ou – comme nous – on n’aime pas vraiment. Toujours est-il qu’Araya n’a manifestement pas envie de partir, et restera longtemps à saluer un public en délire sous les flashs d’un gigantesque feu d’artifice qui salue ainsi les adieux français de SLAYER (… ou qui annonce l’arrivée de TOOL sur la mainstage #1 ?).

MySleepingKarma_Hellfest2019_0026.JPG MyrkurFolkesange_Hellfest2019_0033.JPG Kiss_Hellfest2019_0279.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0073.JPG
Candlemass_Hellfest2019_0084.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0029.JPG MySleepingKarma_Hellfest2019_0041.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0048.JPG

Autres adieux réussis la veille, et le mot est faible: ceux de LYNYRD SKYNYRD avec ce véritable moment chaire-de-poule et cet intense et émouvant set. Au soleil couchant qui baigne d’une chaude lumière horizontale la mainstage #1, le rappel (tout à fait imprévu?) qu’entament les Sudistes avec leur magistral FreeBird à l’heure même de quitter la scène fait partie de ces rares et précieux moments qui comptent dans une vie. Ce morceau de bravoure sera par ailleurs la seule – la seule – entorse à un planning rigoureusement tenu à la seconde près sur les 6 scènes du HELLFEST les 3 jours durant. Remarquable, émouvant et poignant pied-de-nez de LYNYRD SKYNYRD au système en guise d’ultime révérence après 50 ans de bons, loyaux et fidèles services. Masterclass.

Hellfest_2019_0296.JPG Sabaton_Hellfest2019_0056.JPG RichieKotzen_Hellfest2019_0088.JPG
Slash_Hellfest2019_0044.JPG Sabaton_Hellfest2019_0011.JPG Slash_Hellfest2019_0018.JPG

Distingué et tout en élégance, cet ultime Freebird – et nous réalisons alors que plus jamais il ne nous sera donné de l’apprécier en live. Feu Ronnie Van Zant prendra même les commandes des lead vocals via une séquence filmée en noir et blanc: après nous avoir réservé sur Simple Man photos et vieux films de famille projetés sur les écrans, LYNYRD est tout simplement magique pour ses adieux. Tout simplement magique. Séquence émotions, avec un public qui le lui rend à l’unisson…

Slayer_Hellfest2019_0024.JPG StoneTemplePilots_Hellfest2019_0012.JPG Kiss_Hellfest2019_0309.JPG
LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0121.JPG Slash_Hellfest2019_0074.JPG Slayer_Hellfest2019_0026.JPG

Richie KOTZEN, bien loin de Poison et de Mr Big, nous déverse à l’heure de l’apéro son excellent blues-rock-hard-soul à la Rory Gallagher. Tout l’opposé d’une double cuvée germanique également présente à l’affiche: à EISBRECHER, totalement dans la lignée de Rammstein, nous préférons leurs excellentissimes compatriotes et vétérans de BÖHSE ONKELZ

RichieKotzen_Hellfest2019_0085.JPG Slayer_Hellfest2019_0010.JPG Slash_Hellfest2019_0331.JPG RichieKotzen_Hellfest2019_0070.JPG
Slayer_Hellfest2019_0020.JPG Sabaton_Hellfest2019_0020.JPG RichieKotzen_Hellfest2019_0053.JPG Slash_Hellfest2019_0062.JPG

Que du beau monde à mentionner dans le lineup de DEADLAND RITUAL, à commencer bien évidemment – à tout seigneur tout honneur – par son fondateur Geezer Butler en manque manifeste de Black Sabbath, rejoint par Steve Stevens (Billy Idol), Matt Sorum (Guns N’ Roses) et Franky Perez (Apocalyptica). Un set composé en grande partie de reprises de Sabbath, de Heaven & Hell, de Velvet Revolver et de Billy Idol: que du bonheur pour un supergroupe / tribute band (biffer la mention inutile).

Tesla_Hellfest2019_0099.JPG Uada_Hellfest2019_0005.JPG UncleAcid_Hellfest2019_0092__2_.JPG
UncleAcid_Hellfest2019_0076__2_.JPG Slayer_Hellfest2019_0064.JPG Tesla_Hellfest2019_0044.JPG

Un EAGLES of DEATH METAL malgré tout surprenant annonce l’arrivée d’un tout grand WHITESNAKE. Même si Coverdale n’a plus vraiment sa légendaire voix, le band est là pour assurer malgré de dispendieux et inutiles soli de guitares et de drums (quoique Aldridge demeure un batteur hors-pair). Ces démonstrations surannées n’ont définitivement pas (plus) leur place en festival dans le cadre d’un set d’une petite heure – si ce n’est en la présente circonstance pour permettre au beau David d’aller reposer ses cordes vocales. Et vu ce qu’il en fait encore, on ne peut que lui pardonner.

Whitesnake_Hellfest2019_0062.JPG Wolfheart_Hellfest2019_0029.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0076.JPG Wolfheart_Hellfest2019_0053.JPG
Wolfheart_Hellfest2019_0040.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0095.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0039.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0064.JPG

A bien vite oublier, malgré l’avoir évité depuis des décennies: DEF LEPPARD – l’erreur de casting, ou plutôt l’erreur tout court qui perdure et se maintient en haut des affiches de manière incompréhensible depuis des lustres, entre tubes US insipides et ballades sirupeuses d’une totale vacuité. Tout l’inverse d’un ZZ TOP qui fête en grandes pompes ses 50 ans de carrière, démontrant une forme olympique avec un set sans grande surprise si ce n’est une présence scénique et un enthousiasme communicatif qu’on ne leur connaît guère.

WithinTemptation_Hellfest2019_0011.JPG Yob_Hellfest2019_0014.JPG WithinTempatation_Hellfest2019_0008.JPG
Whitesnake_Hellfest2019_0012.JPG Slayer_Hellfest2019_0052.JPG UncleAcid_Hellfest2019_0140__2_.JPG

Pour ses adieux à la scène, KISS présente une mise en scène pharaonique, mais la démesure ne compense pas une prestation sans beaucoup d’âme malgré une set list plongeant loin dans le passé – et rappelant aux ignares que KISS a indéniablement fait partie des grands du rock’n’roll… avant de devenir une vulgaire arme de distraction massive. En 2019, KISS tire la langue – et pas que Gene Simmons – à l’occasion donc de ce qui est également leur dernier concert en France au terme de 45 années de carrière.

BohseOnkelz_Hellfest2019_0014.JPG Candlemass_Hellfest2019_0036__2_.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0087.JPG
Kiss_Hellfest2019_0433.JPG Kvelertak_Hellfest2019_0040.JPG MeFirstGimmeGimmes_0026.JPG

Les gars livrent une performance souvent poussive et trop rarement exaltante, malgré une setlist pourtant emplie de tubes et une débauche d’effets visuels et pyrotechniques. Mais le concept ou plutôt le produit-marketing s’essouffle, et sans doute n’est-il pas inopportun de ranger définitivement la clé sous le paillasson avant la prochaine tournée de trop. Quoique nous avions déjà assisté en 2000 – il y a 19 ans ! – à trois shows US de leur Farewell Tour 2000 !! Bon sang ne saurait mentir, dit-on.

MySleepingKarma_Hellfest2019_0009.JPG Slash_Hellfest2019_0075.JPG Slayer_Hellfest2019_0042.JPG
Tesla_Hellfest2019_0087.JPG UncleAcid_Hellfest2019_0121__2_.JPG Wolfheart_Hellfest2019_0017.JPG

Les Sudistes de BLACKBERRY SMOKE nous réservent la surprise d’un savoureux « Come Together » en clôture de set, avant de laisser la place à un CLUTCH qui a davantage sa place dans de plus modestes salles que sur la mainstage #1 du HELLFEST. Après avoir déjà supporté la daube de Def Leppard, le grunge sans âme de STONE TEMPLE PILOTS nous assène le coup de grâce à travers une prestation commerciale expédiée sans relief aucun, jusqu’à ce qu’ANTHRAX réveille la plaine de Clisson avec e.a. leur inévitable mais très réussi et inévitable «Antisocial».

Whitesnake_Hellfest2019_0049.JPG UncleAcid_Hellfest2019_0053__2_.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0048.JPG Lofofora_Hellfest2019_0029.JPG

Pour qui apprécie le mariage entre Heroic Fantasy et Power Metal, les 5 guerriers de GLORYHAMMER partent à la guerre. On ne sait trop si la reine sera sauvée à la fin, mais on s’en tape royalement. Notre premier GODSMACK sur la mainstage #1 consiste en une bien appréciable surprise de métal alternatif US bien gentillet, à l’inverse de leurs compatriotes encapuchonnés de UADA qui nous plongent dans les ténèbres d’un black metal atmosphérique aux mélodies spectrales: sobre, brutal mais diablement somptueux.

Wolfheart_Hellfest2019_0022.JPG Candlemass_Hellfest2019_0012.JPG DeadlandRitual_Hellfest2019_0052.JPG
Godsmack_Hellfest2019_0062.JPG Kvelertak_Hellfest2019_0099.JPG Lofofora_Hellfest2019_0019_.JPG

La scène française du 1er jour déverse sur la plein de Clisson un peu de tout, à boire et à manger. Les prestations musclées de LOFOFORA, de NO ONE IS INNOCENT et de DAGOBA sur la mainstage #2 précèdent celle passablement dispensable d’ULTRA VOMIT. Avant que le charme et le magnétisme de MASS HYSTERIA nous réserve le thrill que ne parvient cependant pas à nous fourguer un prévisible et GOJIRA froidement technique.

LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0061.JPG MeFirstGimmeGimmes_0027.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0114.JPG
MySleepingKarma_Hellfest2019_0003.JPG Slayer_Hellfest2019_0091.JPG Tesla_Hellfest2019_0081.JPG

Le doom de nos chouchous d’UNCLE ACID & THE DEAD BEATS ravage la Valley Stage en ajoutant un brin de heavy et un soupçon de stoner à leur horrifique pseudo-psychedelisme. Les hypnotiques MY SLEEPING KARMA leur avaient solidement préparé le terrain un peu plus tôt sur la même scène, dénotant d’un KVERLERTAK éjaculant un concentré enthousiasmant de métal suintant le death, le rock, le punk et le black sur la Altar Stage. Tout l’anti-thèse de la rigidité d’un DREAM THEATER fidèle à lui-même qui ne nous exalte pas plus que la semaine dernière à la Rockhal de Luxembourg, mais sans non plus la verve d’un DROPKICK MURPHYS qui n’a pourtant guère sa place sur la mainstage #1 en prélude aux guerriers de SABATON. Les Suédois remplacent au pied-levé MANOWAR suite à un sombre et obscur forfait déclaré plus tôt dans la journée, et qui terminera sans doute devant les tribunaux.
SABATON réserve une place de choix à quelques extraits de leur dernière galette qu’ils nous avaient présentée en exclusivité il y a quelques semaines à Verdun, et sa dimension scénique achève de nous convaincre…

Sabaton_Hellfest2019_0020.JPG Kvelertak_Hellfest2019_0061.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0056.JPG RichieKotzen_Hellfest2019_0058.JPG

TESLA roule à l’électricité (ah ah ah) et sait faire parler les watts (hi hi hi), mais pas vraiment la poudre (boum !). Et à propos de poudre, notre vénéré et vénérable SLASH nous laisse sur notre faim – une fois n’est pas coutume. Non pas qu’il n’avait pas la gnac, le SLASH, mais corseté dans un format festival qui ne convient pas à son tempérament de feu, ce type de prestation chronométrée n’est manifestement guère compatible avec son explosivité naturelle et peu contrôlable. Et dire que son concert de début d’année au Cirque Royal à Bruxelles demeure – mais alors là sans discussion aucune – dans notre top 5 historique…

Slash_Hellfest2019_0113.JPG BohseOnkelz_Hellfest2019_0055.JPG Candlemass_Hellfest2019_0056.JPG

TRIVIUM ainsi que LAMB of GOD ne transcendent pas la mainstage #2, tout le contraire d’un excellentissime CANDLEMASS qui demeure une de nos plus belles claques prises de plein fouet au même titre que WOLFHEART. Un cran en-dessous, YOB ainsi que UADA demeurent au rang des belles découvertes, de même que les guignolesques ME FIRST AND THE GIMME GIMMES qui ont irradié toute la War Zone, cette fameuse zone déjantée un tantinet excentrée et comme hors de tout référentiel sur le festival…
Clisson 2019 est mort. Vive le HELLFEST 2020 !

DeadlandRitual_Hellfest2019_0033.JPG Kiss_Hellfest2019_0036.JPG LynyrdSkynyrd_Hellfest2019_0096.JPG Whitesnake_Hellfest2019_0057.JPG

** FIN DU FLASHBACK **

Now online : MONSTER MAGNET @ Trix, Antwerp – 12 février 2020

Maintenant en ligne, nos désormais vieux fourneaux de MONSTER MAGNET dans toutes leurs oeuvres et qui envoient sévère @ Anvers.
Et bien sûr en compagnie de quantité d’autres instantanés dans notre désormais fameuse galerie de portraits

Monster-Magnet_Trix_12fev2020_0036__2_.JPG

The ARISTOCRATS – Rockhal @ Esch – 16 janvier 2020

TheAristocrats_16janv2020_tix.jpg
Minuit bien sonné: GOVAN et MINNERMANN débarquent au bistrot voisin de la Rockhal, et s’installent à la table voisine de la nôtre pour écluser – comme nous – quelques Guinness jusqu’à la fermeture des lieux. Au moment de lever le camp, on leur serret la pince en leur adressant en guise d’au revoir: « Your Neil PEART tributes were much, very much appreciated: thank you from the bottom of our heart… »
Et de fait, Marco lui a dédié un peu plus tôt dans la soirée son remarquable et excellentissime solo d’inspiration fort peartienne, tandis que plus tard Beller rendait lui aussi un vibrant hommage à RUSH, ce groupe sans lequel beaucoup ne seraient tout simplement pas – pour reprendre ses termes.

TheAristocrats_Rockhal_16janv2020_0019.jpg TheAristocrats_Rockhal_16janv2020_0022.JPG TheAristocrats_Rockhal_16janv20202_0015.jpg

Ceci dit, Nous poser un lapin à quelques heures de l’ouverture des portes, ça on ne nous l’avais jamais fait. Bingo…
Mais soit: les cartes sont entre les mains du management, souverain en matière d’accréditations-photos, et c’est ainsi. Une fois n’est pas coutume, nous assisterons dès lors au show sans nous préoccuper de cadrer correctement notre cliché ni de choisir la bonne vitesse, la bonne ouverture et la bonne exposition de nos shoots.

TheAristocrats_16janv2020_photo-pass.JPG
Pour reprendre les termes du band, « What do you call an act who blends elements of dirty rock, folk, jazz, and explosions of esoterica into one mind-melding album? » The ARISTOCRATS of course ! Avec Guthrie Govan aux guitares, Bryan Beller à la basse et l’extraordinaire – mais pas plus que ses deux compères – Marco Minnemann aux drums, probablement sommes-nous en présence d’une des meilleures alchimies de rock-fusion instrumentale et exploratoire du circuit.

TheAristocrats_Rockhal_16janv2020_0001.jpg Aristocrats_YKW_Europe_Full_Dates-Online-e1562347625717.png TheAristocrats_Rockhal_16janv2020_0018.jpg

Une discipline exemplaire doublée d’une liberté bien cadrée, une classe folle servie par une rare virtuosité, le tour de force du trio débouche sur une production exclusive que le band précise répondre à une règle de base non-négociable: the music must be pleasurable for the listener and it most definitely has to be fun to play. Et le fun est bien au programme de ces deux grosses heures de démonstration, un peu trop même avec un humour qui n’aurait pas déplu aux Monty Python entre tous les morceaux, mais au risque à la longue de casser le rythme de la soirée.
L’excès nuit en tout, mais on leur pardonne – comme on excuse l’incartade du premier de classe boutoneux et à lunettes…

TheAristocrats_Rockhal_16janv2020_0033.jpg

Neil PEART – R.I.P. – The Ghost Rider, 1952 – 2020

« S’il y a des morts obscures qui dévastent un petit cercle d’initiés et des disparus à la notoriété telle qu’elle met en émoi un pays, voire la planète entière, il existe des artistes adulés par leurs très nombreux fans mais totalement ignorés du reste de l’humanité. C’est dire si RUSH méritait amplement son titre de « plus gros groupe culte au monde. Un groupe dont les qualités valent mieux que le dédain ou l’ignorance dont il peut faire l’objet. » (Télérama, 17 janvier 2020).

Rush_Manheim_10.2007_208bis.jpg

A-t-on perdu en ce funeste début d’année 2020 le batteur reconnu par ses pairs comme l’un des plus flamboyants, l’un des plus prolixes, l’un des plus talentueux, des plus virtuoses et surtout des plus créatifs que la profession ait jamais connue et reconnue ? – The Professor qui a influencé, inspiré et motivé des générations entières de batteurs avec ses arrangements complexes et ses désynchronisations totales…
Ou a-t-on perdu un des paroliers-écrivains-poètes-lyricists-philosophe comme le rock’n’roll n’en a jamais engendré d’autre et comme il n’en enfantera sans doute plus jamais d’un second avant bien longtemps…?
Neil PEART, désormais entré au Panthéon, est maintenant devenu définitivement et irrémédiablement le Ghost Rider qu’il a toujours été depuis les tragédies qui l’ont frappé.
Rest in Peace, Bro.
Rest in Beats, Sir.

Capture0050.jpg Capture0051.jpg Capture0052.jpg Capture0053.jpg

Sans doute RUSH est-il le band – et Neil PEART le batteur – que nous avons le plus chéri depuis notre adolescence, et qui nous a le plus coûté : quasi une trentaine de shows à travers l’hémisphère Nord au cours de ces 40 dernières années. Mais au final, soit même pas un concert par an – ce qui est finalement insignifiant eu regard de la vie d’un homme…
Amie des moments joyeux, compagnon des moments tristes aussi, la poésie de RUSH était avant tout celle de PEART, conjuguée à des rythmes d’une complexité alambiquée qui venaient enrichir et porter des mélodies à la construction si ésotérique parfois….

Capture1.JPG Capture2.JPG Capture3.JPG Capture4.JPG
Capture43.jpg Capture44.jpg Capture45.jpg Capture46.jpg

Lorsque RUSH met la clé sous le paillasson le 1er août 2015 à l’issue de la dernière date de la tournée R40 qui marque son 40ème anniversaire (41ème, en fait), nous savions que le livre se refermait – honneur aux combattants qui décident de remiser les armes au faîte de leur gloire. Ce n’était pas un “farewell tour,” c’était un « goodbye trek » qui n’en portait pas le nom mais que tout le monde suspectait. Neil PEART avouait être fatigué par le niveau d’exigence requise tant physiquement que mentalement par ses inégalables performances, et ne voulait plus de cette vie sur la route qui l’éloignait – pourtant pas si souvent – des siens. Il voulait profiter pleinement de ses proches sans plus aucune contrainte, sachant le prix de leur présence et surtout le coût de leur absence. We will pay the price but we will not count the cost

Capture5.JPG Capture6.JPG Capture7.JPG Capture8.JPG Capture34__2_.jpg Capture35__2_.jpg
Capture0054.jpg Capture0055.jpg Capture0056.jpg Capture0057.jpg Capture41__2_.jpg

RUSH – the timeline of our live, the soundtrack of our times…
A l’issue de 40 ans de vie commune avec cette bande-son qui nous a laissé tant de stigmates indélébiles. à l’issue de ces 4 décennies de poésie et de rythmes syncopés en arrière-fond sonore qui impriment le décor de notre vie, que conservons-nous de cet homme ? Nous garderons de Neil PEART deux souvenirs particuliers parmi d’autres. Celui tout d’abord d’un homme que nous avons rencontré, affable, courtois, distingué, élégant, délicat, cultivé, charmant et irradiant – un gentleman comme pas deux et aux antipodes de certains spécimens du r’n’r circus qu’il fuyait tant.

Capture31.jpg Capture33.jpg Capture32.jpg

Neil PEART a toujours fuit les médias et le show business, pouvant rester des mois – voire des années – hors des signaux radar et sans la moindre apparition publique. Dans son troisième ouvrage, à la fois biographie et road-book intitulé Traveling Music: The Soundtrack of My Life and Times, PEART confie parmi moultes anecdotes qu’il n’a accordé que deux interviews lors de la tournée européenne de RUSH Roll The Bones Tour 1992. Il raconte que c’était l’après-midi de la dernière date, en Hollande, la veille de reprendre le « Queen Mary 2 » en compagnie de sa femme pour traverser l’Atlantique et rentrer chez lui. Faut-il qu’il s’en souvienne ! Et nous donc: des deux seuls interviews qu’il a accordés cette année-là, nous étions le premier…
Priceless. Totaly priceless.

Neil_Interview_1992.JPG
Capture0058.jpg Capture0059.jpg Capture0060.jpg Capture0061.jpg

03 mai 1992, Hôtel Pullitzer, Amsterdam. Sous le prénom d’emprunt de Mick, nous avons rendez-vous avec The Professor pour une rencontre-interview sous le couvert du nom de ce journaliste qui a négocié pour son magazine – mais surtout pour nous – ce rendez-vous. Jusqu’au matin même de ce 03 mai 1992, jour béni des dieux, nous ne savions pas lequel des trois membres de RUSH nous allions rencontrer: Alex, Geddy ou – pour qui connaît le personnage – l’improbable Neil PEART.

Capture0062.jpg Capture0063.jpg Capture0064.jpg Capture0065.jpg
Capture0066.jpg Capture0067.jpg Capture0068.jpg Capture0069.jpg

Connaissant l’aversion de Neil PEART pour ces exercices médiatiques qu’il fuit particulièrement, jamais n’imaginions-nous que ses deux compères allaient lui laisser accomplir la besogne en ce dernier jour de tournée européenne. Savoir quelques heures avant notre rendez-vous que nous allions avoir l’honneur mais surtout le privilège d’une demi-heure de face-à-face avec The Professor ne rendait l’approche de l »heure du rendez-vous que plus excitante et… stressante.

Capture0070.jpg Capture0071.jpg Capture0072.jpg Capture0073.jpg

Arrivé bien à l’avance en ce palace d’Amsterdam, nous nous installons confortablement dans les luxueux salons qui garnissent le hall de l’hôtel. Au milieu des allées-venues feutrées des clients, nous attendons discrètement l’heure de nous manifester à la réception, annoncer notre présence et solliciter notre rendez-vous. Quelques instants plus tard, un grand et mince gaillard vêtu d’un jeans foncé et d’un t-shirt estampillé « Pearl Jam » traverse au loin, nonchalamment, le lobby de l’hôtel – Neil PEART himself.

Capture36__2_.jpg Capture9.JPG Capture11.JPG Capture12.JPG

Jetant fortuitement un oeil en notre direction, le plus grand misanthrope (ou le plus grand timide ?) que le r’n’r ait jamais connu change tout à coup de trajectoire et se dirige soudainement dans notre direction. Sans doute a-t-il aperçu quelqu’un ou quelque chose à proximité…? Au fur et à mesure que ses pas le rapprochent du confortable fauteuil dans lequel nous sommes installé incognito, son regard se fait de plus en plus précis. Jusqu’au chaleureux « Hi ! » qu’il nous adresse de sa voix grave à notre plus grande surprise en nous tendant la main…

Capture13.JPG Capture14.JPG Capture15.JPG Capture16.JPG

La micro-seconde de surprise et d’émotion – surtout – évacuée, salutations respectives, en lui précisant presqu’en nous excusant que nous sommes un peu à l’avance et qu’il n’est pas encore l’heure de notre rendez-vous. Ce qu’il confirme avec un large sourire en tournant les talons après nous avoir derechef gratifié d’une virile poignée de main, et nous fixant rendez-vous comme prévu dans une demi-heure. Cette séquence aussi improbable que surréaliste restera à jamais gravée en notre mémoire, et demeure encore un mystère.
Comment ce gars, aussi agoraphobe que timide, pudique à l’extrême et qui fuit le monde des humains quand il est configuration « boulot », a-t-il tout à coup eu l’idée ou la pulsion contre-nature de venir saluer l’illustre inconnu que nous sommes, au milieu de tant d’autres insignifiants quidams dans le hall d’entrée d’un palace hollandais ?!

Capture17.JPG Capture18.JPG Capture19.JPG Capture20.JPG

Le mystère demeure total et incompréhensible à ce jour encore, et nous n’avons même pas souhaité l’éclaircir durant la demi-heure de discussion avec l’intéressé qui s’en est suivie dans une alcôve calfeutrée d’un salon. Une discussion – non: un échange – riche, intense, direct et interactif en tête-à-tête avec – pour lui – la présence d’un pseudo journaliste qui devait sans doute dénoter parmi ceux qu’il avait pour rare habitude de rencontrer: rencontrant quelques difficultés à enclencher en début de conversation le dictaphone emprunté pour l’occasion à une amie, Neil PEART de se proposer pour prendre les choses en main et de résoudre lui-même ce petit problème technique- et de fait. Tout un symbole…

Capture21.JPG Capture22.JPG Capture23.JPG Capture24.jpg

Quelques heures plus tard, muni du précieux sésame-photo mais pas du tout aguerri à l’exercice, nous tirerons en amateur depuis le pit-photo du Ahoy quelques clichés argentiques sans grande qualité du show de ce 03 mai 1992 à Rotterdam. Time flies

Neil_autographe_1992.JPG Rush_Ahoy_1992.JPG Neil_Ahoy_1992__2_.jpg
Capture47.jpg Capture48.jpg Capture49.jpg Capture0074.jpg
Capture0075.jpg Capture0076.jpg Capture0077.jpg

Notre seconde anecdote relative à Neil PEART s’incrit 10 ans plus tard dans notre ligne du temps, et est quelque peu moins glorieuse
Octobre 2002 – Tournée nord-américaine Vapor Trails de RUSH. Avec un peu de chance mais aussi beaucoup d’opiniâtreté, nous profitons du jour off entre le concert de Montréal et celui de Québec pour débusquer le célébrissime « Le Studio ». Lové dans les montagnes des Laurentides à Morin Heights, planté en bord d’un lac au milieu des forêts québécoises, ce célèbre studio d’enregistrement fait partie intégrande de l’histoire de RUSH et est indissociable de sa discographie. La chance ne souriant qu’aux audacieux, c’est à notre plus grande surprise que le propriétaire des lieux (qui se présente: Stacy Le Galllée) nous ouvre la porte et – plus improbable encore – nous invite à visiter les lieux quand il apprend d’où nous venons et comme pour nous récompenser d’avoir réussi à débusquer le repaire.
La chance ne sourit qu’aux audacieux..

Rush_Morin_Heights_2002__2_.JPG Rush_Morin_Heights_interieur_2002__2_.JPG Capture29.JPG

A l’issue de cette rencontre-visite guidée pour le moins surréaliste et encore plus irréelle qu’inimaginable, notre hôte nous confirme que la résidence d’été (ou d’hiver, c’est selon) de Neil PEART se situe bien – comme nous l’avions investigué préalablement à notre voyage – à quelques miles d’ici: une bâtisse tout aussi perdue dans la forêt des Laurentides, en bordure d’un lac dénommé St-Victor. Pour qui connait la topographie de la région, cette seule indication n’est que de peu d’utilité pratique – autant chercher une aiguille dans une botte de foin…

Capture37__2_.jpg Capture38__2_.jpg Capture39__2_.jpg Capture40__2_.jpg

Quelques bières plus tard dans le seul bistrot du coin, et par le plus grand des hasards à nouveau (la chance ne souriant qu’aux audacieux…) la tenancière nous dessine au coin du bar, sur un carton de bière, une esquisse de tracé pour rejoindre les abords du repaire de Neil PEART. Elle nous confie cependant que les chemins et pistes de terre battue pour l’atteindre ensuite forment un véritable labyrinthe forestier. Qu’importe, la direction nous est maintenant connue. « Si vous entendez Robert Charlebois qui joue quelques notes de piano, c’est qu’il a ouvert la baie vitrée de son living et que vous n’êtes pas loin…! » nous confie-t-elle..

Capture25.JPG Capture26.JPG Capture27.JPG Capture28.JPG

Quelques heures et dizaines de kilomètres d’essais-erreurs plus tard, nous arrivons devant l’enceinte de la supposée propriété – lovée au milieu de la forêt, en bord d’un lac que nous supposons être le bien nommé Lac St-Victor. La barrière nous sépare de la bâtisse de quelques dizaines de mètres seulement, et l’on devine les contours du repaire. Sans doute son hôte s’y repait-il, entre le show de la veille à Montréal et celui du lendemain à Québec ? Près d’un rocher où est arrimée la barrière, est plantée l’inscription: « Les Roches » – a la fois spirituel jeu de mot et, pour les novices, allusion aux seuls deux rochers entourant la grille d’accès

Rush_Les_Roches_2002__2_.JPG
A notre retour en Europe quelques jours plus tard, contact est pris par mail avec le maire de la commune afin de disposer de l’adresse postale précise de « Les Roches ». Ce n’est pas moins qu’un mail incendiaire d’un certain Neil PEART qui arrive cependant rapidement en guise de réponse dans notre boite de réception. Outré et scandalisé par notre démarche intrusive dont le maire l’avait donc informé, l’homme nous renvoie aussi sec à nous-mêmes.
Mais quoi de plus normal et de plus compréhensible de la part d’une célébrité qui place sa privacy et la protection de sa vie privée au-dessus de toute autre valeur et de toute autre considération, alors même qu’il est venu chercher ici au coeur perdu des Laurentides l’isolement et le salutaire repaire pour lui et les siens…?!

Alex_Ahoy_1992.jpg Capture30.JPG Geddy_London_1992.JPG Capture0078.png capture0079.png Capture0080.png Capture42__2_.jpg

Dans le secret le plus absolu de la maladie qui le rongeait depuis trois ans et demi (apprend-on aujourd’hui seulement), Le Professeur s’est éteint après avoir fermé à clé la porte de la classe derrière lui il y a 4 ans. Sa disparition, mardi 07 janvier 2020, n’a été annoncée que ce vendredi 10. Sans doute a-t-il déjà été inhumé dans la plus stricte intimité entouré de ses band mates et des siens, et dans la solitude des grands espaces qu’il a toujours recherchée – mais que de petits cons de notre trempe ont toujours tenté de percer…

Rush_Manheim_10.2007_208bis.jpg
Quel plaisir, quel bonheur mais surtout quelle satisfaction, en ce triste jour de la disparition d’un Géant (comme tous les médias le titrent aujourd’hui), de savoir que nous ne nous étions pas trompé il y a 40 ans lorsque nous avons jeté notre dévolu sur ce power-trio hors du commun.
Quelle plaisir, quelle chance voire quel honneur avons-nous eu de nous choisir une telle bande-son pour la timeline de notre vie.
L’onglet de votre navigateur affiche « All the World is a Stage », que Neil PEART avait emprunté à Shakespeare. Aujourd’hui, All the World was a Stage.
RIP, Bro – We are only immortal for a limited time

Screenshot_20200201_145441_com.facebook.katana__3_.jpg Screenshot_20200201_145408_com.facebook.katana__2_.jpg Screenshot_20200201_145351_com.facebook.katana.jpg
unnamed2.png

Now online : MOONSPELL @ KulturFabrik – 10 décembre 2019

Pochette-surprise de la setlist pour votre Saint-Nicolas, voire à déposer sous le sapin de Noël… A vous de voir !

IMG_20191210_225536_BURST001_COVER-ANIMATION.gif
Le Luxembourg était encore un peu plus portugais que d’habitude, ce 10 décembre 2019… Pix & review now online for sure, et autres clichés en ligne sur notre galerie. Just enjoy !

Now online : MOTORPSYCHO @ Les Rotondes, Luxembourg

Un cliché à l’image d’un show tout bonnement extraordinaire, exceptionnellement extraordinaire.
Un show comme on n’en fait plus.
Un band qui compose comme on ne compose plus. Un groupe qui joue comme on ne joue plus.
Now online, en différé des Rotondes par un beau soir d’octobre 2019: MOTORPSYCHO

IMG_20191003_194435-ANIMATION.gif