En ligne, ci-dessous : The PIXIES au "Ex Theater Roppongi " @ Tokyo – 27 février 2017.

L’ombre de l’archange Steven WILSON plane sur l‘Ancienne Belgique, et ses ailes auréolent son comparse de BLACKFIELD, Aviv GEFFEN, qui assure la surprenante mais surtout dé-lec-ta-ble première partie de BIFFY CLYRO. Egratignant Trump et le sort de la planète entre deux morceaux, il perpétue ainsi au travers de ses textes socialement engagés et politiquement vindicatifs un esprit de famille rebelle qui ne doit pas être pour déplaire aux yeux (ou plutôt à l’oeil) de feu son oncle Moshe Dayan…

GEFFEN alterne compos personnelles, plus confidentielles, et extraits du répertoire de BLACKFIELD, que le public accueille bien plus chaleureusement que sa production propre: l’assistance de ce soir est – tout comme nous – manifestement plus sous le charme et coutumière de ses hauts-faits commis avec WILSON que des tendances musicales israéliennes stricto sensu.

Si GEFFEN est comme les hirondelles, annonciateur du printemps, gageons que sa présence @ Bruxelles et le dernier BLACKFIELD tout juste sorti soient donc également synonymes du retour ici-même de la bête WILSON: son odyssée du son à l’envergure démesurée ne lassera jamais, ô grand jamais, de (nous) séduire… O tempora! O mores! En attendant donc le retour du fils prodig(u)e, est venue l’heure pour Aviv GEFFEN de faire place nette à BIFFY CLYRO comme on passe du coq à l’âne, ou plutôt du kippa au kilt:
Ouragan sur l‘AB ? Scottish storm ? Tsunami sauce Highlander…? Le sold-out bruxellois de BIFFY CLYRO constitue notre baptême du feu, et l’on peut dire qu’on a en dégusté jusqu’à la moëlle. Ce n’est même plus un baptême, c’est le passage de la Mer Rouge. Un déluge qui s’abat, un barrage qui cède, une coulée de lave, un mur du son: c’est en configuration live que les influences dont se revendiquent les Ecossais prennent de fait toute leur pleine dimension. Eux qui parait-il n’hésitaient pas à s’auto-proclamer naguère le Nirvana britannique balayent un registre aussi vaste qu’indéfinissable, oscillant d’un post-hardcore finement inspiré jusqu’à un rock plus simplement alternatif mais ciselé comme de l’orfèvrerie.
BIFFY CLYRO est à la limite de toutes les tendances, comme s’ils les avaient toutes ingérées puis digérées avant de nous les régurgiter en pleine figure dans une gerbe polyphonique multicolore, ne serrant même pas les dents pour nous épargner les gros morceaux. Parfois à la limite d’une pop toute british mais suramplifiée et aux hymnes populaires ou aux rengaines faciles, le trio nous prend l’instant d’après à contre-pieds en nous assénant une espèce de hardcore romantique avant de nous surprendre par une pseudo-ballade métallique, mais plutôt version Orange Mécanique.
Inclassable et imprévisible, le trio ignore les styles, transgresse les genres et transcende les courants pour aboutir ce soir sur scène à une fusion intelligente des extrêmes. Cette manifeste réussite de BIFFY CLYRO à travers la force et la puissance du live nous a littéralement scotché tant elle vaut bien toutes les boules de nitroglycérine de la terre (… mais administrées à la vaseline, manière de ne pas déchirer un nouveau trou duc au monde). F*****g brillant bastards d’Ecossais que vous êtes, chenapans !!

Comme un parfum de carnaval flotte ce soir dans une Ancienne Belgique sold out: POWERWOLF fait des émules à Bruxelles, et c’est loups garous & vampires, maquillage & piercings à tous les étages.
On ne peut pas dire que l’accoutrement des teutons de POWERWOLF soit particulièrement séduisant, mais disons qu’il colle assez bien à une bande son et à un décorum en phase. Le tout tient assez bien la route et est cohérent, du moins pour qui ne trouve pas cela grand-guignolesque.
Les rengaines un peu faciles et simplettes ont néanmoins de quoi charmer un instant. Sur la longueur, le constat est plus mitigé et le style POWERWOLF devient assez vite aussi lourd que monotone. Le répertoire pêche par manque de renouvellement, et là réside toute la différence entre des musiciens éclairés et des compositeurs inspirés, et de bons exécutants et d’excellents entertainers mais sans le génie nécessaire au renouvellement du style…
L’objectif de notre Canon prend dès lors plus de plaisir que nos tympans face à ce carnaval avant l’heure dans une salle au répondant immédiat et impressionnant. Il y aurait de quoi, pour EPICA en coulisses, de redouter d’affronter un public qui semble manifestement tout acquis à POWERWOLF…
1h10′ de POWERWOLF: pas mal pour une soi-disant première partie… Les Allemands font ensuite place nette à EPICA en sa qualité de seconde tête d’affiche d’une rencontre au sommet de power métal et de métal (dit) symphonique. Le sextet hollandais navigue entre black metal, power metal, gothique et classique, toujours emmené par la flamboyante Simone Simons au chant.
Sa voix demeure remarquable même sur la longueur, et scintille gaiement en alternance avec quelques rauques grognements émanant occasionnellement de l’organe de ses mâles comparses. Ce style pompeux a ses adeptes, tout comme le mélange des genres après lequel nous ne courons pas particulièrement. Cependant, force est de reconnaître que les kaas excellent en la matière et sont devenus une sacrée référence à ce titre.
A choisir (mais pourquoi choisir ?!) entre EPICA et BEYOND The BLACK qui officiait en tout début de soirée, nous optons pour les Hollandais comme nous pencherions plus pour la raclette batave que pour la choucroute teutonne – quoique les deux soient indigestes à trop forte ration. S’il faut également trancher entre le lard et la couenne, même s’il n’en est ici nullement question, la plus que charmante Jennifer Haben prend cette fois le dessus sur la Hollandaise.
Le style d’EPICA pourrait tendre vers le gothic métal même si le groupe préfère se décrire plutôt comme un groupe de métal symphonique à voix féminine. Et force est de reconnaître que la formule a l’avantage d’attirer dans le public une proportion inhabituelle de représentantes de la gent féminine – ce qui est tout sauf déplaisant, à l’instar des audiences de Nightwish ou de Within Temptation par exemple.
Nous avions précédemment rencontré EPICA en 2014 et cette première nous avait séduit – on se souvient toujours de la première fois… La redite de ce soir ôte l’effet de surprise et c’est comme si le charme n’agissait plus de la même manière. Il y a des films qu’il ne faut pas revoir car la magie n’opère plus identiquement à la seconde projection; faut-il croire qu’EPICA est de cette veine, ce qui n’enlève strictement rien à la première…
Depuis la disparition de Lemmy il y a un an, à Noël 2015, on ne peut pas dire que la Grande Faucheuse ait beaucoup chômé en 2016. Lemmy a comme qui dirait donné le top départ d’une bien macabre course contre la montre qui a vu quantité de r’n’r stars passer de vie à trépas ces 12 derniers mois. Que ceux qui n’ont pas encore compris réalisent que ce n’est que le début d’une longue liste d’honorables papys, géniteurs du rock’n’roll, qui atteignent aujourd’hui l’âge respectable de tirer leur révérence et de quitter définitivement la scène. Sous le feu des projecteurs durant des décennies, ils passent aujourd’hui de la lumière à l’ombre rayonnante, de l’Histoire qu’ils ont écrite à la postérité qu’on leur réserve, passant du statut de monstres sacrés à celui de légendes, et de celui de légendes à celui de mythes…
From Francis Rossi:
"I was not ready for this. Rick Parfitt had been a part of my story for fifty years. Without doubt the longest relationship of my life: this was also the most satisfying, frustrating, creative and fluid. From those early days, we worked together to create the Quo sound, look and hits. We spent years on the road, on the stage and in the studio, rarely far from each other, honing what we did."
"We were a team, a double act, a partnership and yet also two very different people, handling the pressures of growing older, constant touring, dealing with success and keeping the creative flame burning in different ways. He developed his own sound, his own style, casually inspiring a generation of players".

Rick was the archetypal rock star, one of the originals, he never lost his joy, his mischievous edge and his penchant for living life at high speed, high volume, high risk. His life was never boring, he was louder and faster and more carefree than the rest of us. There were any number of incidents along the way, times when he strayed into areas of true danger and yet still losing him now is still a shock. Even in a year that has claimed so many of our best, including now George Michael, Rick Parfitt stands out. I was not ready for this." Dec. 24, 2016

SAXON qui a franchi les décennies comme autant de Rubicon s’en vient défier sans relâche de son inlassable fierté une époque qui se plait à ignorer ses faits d’armes passés. En ce pré-soir de Noël, le mythique quinteron de métalleux félons investit de sa noble barbarie les terres anversoises et lève une fois encore les légions de ceux qui leur sont restés fidèles.
GIRLSCHOOL et SAXON partageant au propre comme au figuré la scène du Trix à Anvers, c’est terminer l’année 2016 en beauté(s) avec un bouquet final de NWOBHM digne du Père Noël ! Celui-ci envahit d’ailleurs la scène en fin de soirée avec tout le road-crew en habits de circonstances, la joyeuse bande au grand complet déversant dans le public confiseries et chocolats par brassées entières. Totale party ce soir, manière de saluer le dernier show de la tournée européenne avant que la bande à Biff ne continue sur sa lancée outre-Atlantique début 2017.
Si la plastique de nos Ecolières girslchooliennes a subi les affres des décennies avec fortunes diverses, voire revers de fortune, c’est tout à l’inverse de leur rock’n’roll qui n’a pas pris une ride. 40 minutes de GIRSLCHOOL tous les 10 ans, c’est toutefois un peu peu pour notre équilibre psychique, mais quand la qualité compense la quantité…
Lemmy sera le fil rouge de cette soirée, le buste de l’une d’entre elles arborant le célèbre t-shirt de l’époque de leurs amours bestiales d’antan avant qu’elle ne lance un vibrant appel à son souvenir alors que nous sommes quasi un an jour pour jour après sa disparition.

GIRLSCHOOL et MOTORHEAD avaient convolé en justes noces vinyliques à l’orée des années ’80, noces électriques et célébrées à la vitesse de la Rickenbacker. Ce fait d’armes installa GIRLSCHOOL en de mâles repères qui restent d’actualité pour cet historique girls group voué au métal et à la distorsion. SAXON en rajoutera une couche par après avec un puissant Ace of Spade même s’il faut concéder qu’aucune version de quiconque n’arrivera jamais ô grand jamais à la cheville des boots du Gentleman Kilmister.
C’est assurément le meilleur show de SAXON auquel nous ayons assisté, avec une set-list qui nous balance rien de moins qu’un véritable best of apocalyptique de 120 minutes. Et que dire alors lorsque les deux bands prennent un malin plaisir à jammer ensemble par deux fois durant le set de SAXON, alors que Biff faisait déjà préalablement le pitre sur scène pendant la première partie, déambulant balai à la main au milieu des Ecolières qui chauffaient une salle pourtant déjà portée à ébullition.
L’intitulé des morceaux figurant sur la set-list de SAXON scotchée à même la scène pour Biff donne déjà à elle seule le ton joyeux et festif de cette soirée. Et si la déconne totale et la bonne humeur sont effectivement au programme, c’est toutefois sans négliger non plus une redoutable efficacité et une effroyable force de frappe que conservent les Anglais.
Avec déjà le tonitruant "It’s a long way to the top if you wanna rock’n’roll" repris à tue-tête par le public pour annoncer l’arrivée de SAXON sur la scène, il n’en fallait pas plus pour mettre tout le monde à genou dès la première minute de la soirée, et jusqu’à la toute dernière: merci petit Papa Noël…











































































































































































